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“On tourne déjà en service minimum”


L’épuisement professionnel et le manque de moyens y sont régulièrement dénoncés (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
L’épuisement professionnel et le manque de moyens y sont régulièrement dénoncés (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 20 octobre 2026 - À Tahiti comme dans les îles, les structures de santé périphériques sont solidaires du mouvement de grève. À l’hôpital de Taravao, déjà sous le coup d’un préavis au mois d’avril, la quasi-totalité des personnels médicaux et paramédicaux étaient mobilisés ce mardi, tout en assurant la continuité des soins. 

 
“On veut des renforts, pas des discours.” C’est l’un des messages d’exaspération que l’on pouvait lire ce mardi sur le piquet de grève installé à l’entrée de l’hôpital de Taravao. Sur place, la quasi-totalité des personnels médicaux et paramédicaux se sont mobilisés, solidaires du mouvement social au CHPF et dans l’ensemble des structures de la Direction de la santé. La continuité des soins est assurée, mais la grève s’affiche sur toutes les blouses blanches.
 
“Les dernières réformes actées par le gouvernement ne nous satisfont pas, aussi bien pour les infirmiers que pour les cadres de santé. Et nous soutenons aussi le corps médical, dont nous avons tous besoin ! On dénonce encore et toujours les sous-effectifs et les délais de paiement des heures supplémentaires, qui ne sont pas respectés. La fatigue finit par avoir une incidence sur la relation soignant-soigné : le personnel est à bout de souffle !”, explique une représentante de la CSTP-FO, infirmière de longue date à l’hôpital de Taravao, où les alertes s’enchaînent depuis plusieurs années.
 

​“Qu’est-ce qu’on attend ?”


Stéthoscope autour du cou entre deux patients, l’un des 13 médecins en grève confirme : “Ce qui nous pèse, c’est le manque global de moyens. Il faut faire toujours plus avec toujours moins. On n’est pas assez attractifs pour les médecins et les modifications qui sont en train d’être faites risquent d’aggraver ce manque d’attractivité. Je suis là depuis 2021 et je constate que le personnel change souvent. Pour faire fonctionner l’hôpital en temps de grève, un service minimum a été décrété, mais on tourne déjà en service minimum”.
 
Personnel paramédical au service des urgences, un agent ne cache pas son inquiétude sur un point en particulier dans les négociations. “Dans les réponses qui nous ont été transmises concernant l’obtention de l’autorisation d’activité d’urgence médicale préhospitalière à l’hôpital de Taravao, on nous dit ‘qu’actuellement, aucun cadre réglementaire ne permet de délivrer une telle autorisation’. Or, ce sont des actions vitales pour venir en aide à des personnes en arrêt cardio-respiratoire ou qui ont eu un accident. Qu’est-ce qu’on attend pour créer un vrai Smur du sud ?”, s’interroge-t-il.
 


Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mardi 20 Octobre 2026 à 17:13 | Lu 629 fois