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Meurtre de Solange : 20 ans de réclusion pour Jacques Krauser aux assises



Pour l'avocat général, Jacques savait ce qu'il faisait quand il a précisément choisi ce couteau dans le tiroir de la cuisine le soir du crime.
Pour l'avocat général, Jacques savait ce qu'il faisait quand il a précisément choisi ce couteau dans le tiroir de la cuisine le soir du crime.
PAPEETE, le 18 septembre 2015 - Le procès de Jacques Krauser, accusé d'avoir tué au couteau sa compagne Solange Cumming en juin 2013 à Toahotu, s'est achevé ce vendredi après-midi par la condamnation de ce marginal de 61 ans à 20 ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions du parquet. Mais il a regagné Nuutania sans jamais avoir donné le mobile de son crime.


Les jurés se sont retirés pour délibérer peu après midi, ce vendredi, dans l'affaire Krauser. Le verdict est tombé à 15 h : 20 ans de réclusion criminelle. Ils ont tenu compte du lourd passé psychiatrique de cet homme de 61 ans, inscrit depuis longtemps dans la marginalité et atteint de troubles bipolaires graves depuis de longues années.

C'est d'ailleurs la seule explication que l'accusé aura donné à son geste pendant les deux jours de son procès : il était comme possédé, il n'était plus lui-même au moment des faits, il ne comprend pas ce qui l'a poussé à poignarder mortellement par deux fois –quatre fois selon le légiste- cette femme de 48 ans avec qui il avait entamé une relation six mois avant le drame, et sans problèmes relationnels notoires.

Pour mémoire, il était aux alentours de 2 h du matin, dans la nuit du 22 au 23 juin 2013, quand Solange et Jacques se sont réveillés et se sont retrouvés dans la cuisine du fare d'un ami qui les hébergeait à Toahotu. Jacques s'était soudainement emparé d'un couteau de cuisine de belle taille, avait couru l'arme à la main derrière sa victime terrorisée avant de la poignarder à mort une centaine de mètres plus loin, sans raisons apparentes, devant plusieurs voisins que les cris de cette mère de famille avaient tirés de leur sommeil.

L'accusé silencieux jusqu'au bout

"Névrose bipolaire ou drame passionnel ? Après deux jours de débats, nous n'avons toujours aucune explication sur le pourquoi du comment et je crains que l'on en ait jamais", n'avait pu que regretter l'avocat général, Bernard Simier. "La vérité, seule l'accusé la connait". Mais la réalité, c'est bien que "Krauser a donné des coups de couteau et que Solange en est morte. Le médecin légiste a conclu à des coups répétés qui correspondent à une volonté de tuer".

Toujours aussi peu bavard, Jacques Krauser est resté accroché à sa version première : comme possédé ce soir-là, il n'était pas lui-même. "Je crois en mon for intérieur qu'il en sait plus qu'il ne veut bien le dire, il aurait été au moins nécessaire pour les parties civiles qu'elles sachent pourquoi Solange Cumming est morte", regrette encore le représentant du ministère public. Quatre de ses fils étaient présents dans la salle. "Car nous ne sommes pas dans ces crimes passionnels sur fond d'alcool et de jalousie. Là, il n'y avait ni alcool, ni produits stupéfiants, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Il n'y a eu aucun signe avant-coureur dans les six mois précédents le drame. Qu'est-ce qui l'a conduit à commettre ces faits ? Le sentiment, comme il l'a dit à un moment au début de l'enquête, que Solange voulait le quitter ? Lui seul le sait".

Invité à s'exprimer en dernier avant que les jurés se retirent pour délibérer, Jacques Krauser a simplement dit qu'il n'avait rien à ajouter. Si l'avocat général estime le sexagénaire pleinement coupable des faits dont il est accusé, le magistrat n'avait pas fermé la porte à ce que les jurés considèrent que son discernement a pu être altéré au moment des faits. Mais en aucun cas aboli.

Une enfance brutalisée par un père tortionnaire

L'avocat de Jacques Krauser, Me Mickaël Fidèle, s'est d'ailleurs attelé à rappeler la réalité des troubles psychiques dont souffrait son client depuis l'adolescence : "Les faits sont avérés, il n'y a pas de débats là-dessus, mais la question du degré de responsabilité se pose nécessairement (…) Il a fait l'objet de 12 hospitalisations psychiatriques entre 1997 et 2010. Il est diagnostiqué bipolaire grave, souffre de troubles psychotiques, d'agressivité verbale qui ont nécessité sa mise sous traitement sédatif majeur. Ses idées suicidaires et son état mélancolique ne sont pas des nouveautés et préexistaient bien avant le drame. Son état a été reconnu par la société puisqu'il lui a valu un placement sous tutelle de l'Etat, il avait été interné très jeune dans une maison d'aliénés".

Et l'avocat de conclure en rappelant également le récit poignant des frères de l'accusé au sujet de ce beau-père ultra-violent, tortionnaire même, qui lui faisait endurer les pires sévices à l'adolescence comme lui frapper la tête contre les murs ou l'attacher à un cocotier en guise de punitions.

Me Mickaël Fidèle qui a enfin tenté de faire requalifier l'accusation en meurtre "simple", arguant que la relation entre la victime et son meurtrier, récente et quelque peu dissolue, ne faisait pas de Solange sa concubine au sens juridique du terme, la circonstance aggravante dans ce dossier. Si la cour a bien retenu l'altération du discernement de Jacques Krauser, elle ne l'a pas suivi sur ce point.

Solange avait 48 ans. Mère de 5 enfants, veuve, elle pensait avoir trouvé en Jacques l'homme avec qui refaire un bout de chemin. Femme de ménage, de condition modeste, elle faisait l'unanimité chez ses employeurs qui l'a considérait comme une amie.

Rédigé par Raphaël Pierre le Vendredi 18 Septembre 2015 à 15:30 | Lu 1065 fois






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