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Mahina : le ton monte d'un cran au sujet de la galerie drainante à Tuauru



Trois associations montent au créneau : "Te Tu'ana no Mahina", "Fatu fenua no Tuauru" et Haapape a ara.
Trois associations montent au créneau : "Te Tu'ana no Mahina", "Fatu fenua no Tuauru" et Haapape a ara.
MAHINA, le 07/07/2017 - Le projet de galerie drainante fait encore couler beaucoup d'encre. Cette fois-ci, trois associations montent au créneau, dont deux de la vallée de Tuauru et la troisième est celle menée par Denis Helme : Haapape a ara. Les présidents de ces associations dénoncent une convention qui circulerait actuellement pour l'"expropriation" des propriétaires afin que ce projet communal puisse voir le jour.

Le projet de galerie drainante dans la vallée de Tuauru ne date pas d'hier. Il s'agit pour la municipalité de mettre en place un conduit fermé de faible pente pour collecter par gravité les eaux souterraines. Un dispositif qui représente un coût de près de 400 millions de francs, et qui est en partie financé par le contrat de projets.

Oui mais voilà, qui dit galerie drainante au fond de la vallée, dit des canalisations à installer pour l'écoulement de l'eau. Et c'est là que le bât blesse.

En effet, ce vendredi matin, trois associations de Mahina, dont deux de Tuauru dénoncent les pratiques douteuses de la commune en matière d'approche. Ces derniers mettent en avant une convention que la municipalité est en train de faire circuler "pour exproprier un propriétaire, sans lui apporter d'explications", précise Denis Helme, président de l'association Haapape a ara.

"Premièrement, cette convention se fait en cachette et deuxièmement, c'est un faux. C'est comme si je demandais à Damas de signer un chèque et je mettrai le montant après. Voilà ce qu'il demande aux propriétaires de Tuauru. C'est la même chose pour cette convention d'expropriation des parcelles de Tuauru", poursuit le fervent défenseur de l'environnement.

Bien sûr, cette idée n'est pas du goût des propriétaires de la vallée de Tuauru. "Nous ne sommes pas au courant de ce qu'ils veulent vraiment faire. On voit des géomètres arriver ainsi que d'autres personnes. Aucun d'entre eux ne parle de la sécurisation des berges. Nous, nous ne voulons pas que les choses se fassent comme ça dans notre vallée. Il faudrait réunir tous les propriétaires pour leur informer de leurs projets", souligne Jean-Victor Tinorua, président de l'association "Te Tu'ana no Mahina".

Aucune idée également sur les indemnisations prévues par cette convention. Pour Denis Helme, c'est le comble du document.

Pour le maire, il n'est pas question d'exproprier qui que ce soit (lire son interview ci-dessous).

Et l'enjeu est de taille pour la commune, puisqu'il ne lui reste que quelques semaines pour utiliser les fonds qui lui ont été destinés pour la réalisation de ce projet. Sans quoi, les fonds seront perdus.

Aujourd'hui, les frondeurs demandent à ce qu'une réunion publique soit mise en place. "Nous voulons qu'il reçoive les présidents des trois associations pour organiser cette réunion publique dans la vallée de la Tuauru. Nous sommes les représentants de ces propriétaires, c'est logique qu'il y ait un contact avec nous. Le maire ne nous a toujours pas répondu et n'a jamais pris contact avec les trois présidents d'associations. S'il y a un problème au niveau de Haapape a ara, il y a les deux autres associations qui peuvent être reçues", indique Denis Helme.

Si cela ne se fait pas, "on va tenir nous-mêmes cette réunion publique pour demander l'avis des propriétaires si on dépose ou pas une plainte contre le maire", poursuit-il.




INTERVIEW

Damas Teuira
Maire de Mahina


"Je ne réponds pas aux menaces"

La tension semble monter d'un cran dans la vallée de la Tuauru. Y'a-t-il toujours un problème avec le projet de galerie drainante ?
"Je pense que le problème est avec Monsieur Denis Helme. J'ai les courriers qu'il m'a adressés avec des menaces à l'intérieur. Et à l'heure actuelle, il n'était pas question pour moi d'exproprier des gens, ce sont les termes qu'il a utilisé dans son courrier. Il faudrait qu'il relise un peu le bien-fondé de la galerie drainante. Il m'a accusé de beaucoup de choses à tort et à travers. Je lui laisse la paternité des propos qu'il a tenus à mon encontre. Je ne réponds pas aux menaces. J'ai expliqué, lors des réunions que j'ai tenues avec certaines familles de la vallée de la Tuauru, le bien-fondé de ce projet. Et ce ne sont que des conventions de passages, il n'a jamais été question d'expropriation. Donc, il faut qu'il revoie sa copie et je l'invite à faire preuve d'intelligence et de sérénité dans ses propos, et dans la tenue des réunions qu'il tient derrière mon dos, avec les usagers de la vallée de la Tuauru."

Denis Helme dénonce notamment l'indication de deux textes du Code général des collectivités territoriales (CGCT) qui prévoient des indemnisations. Est-ce qu'il est prévu justement des indemnisations pour ce droit de passage ?
"Cela n'engage que les propos de Denis Helme. Il fait ce qu'il veut de l'interprétation des textes du CGCT. Je sais qu'il a menacé de m'attaquer devant le tribunal et je l'invite à le faire. Et on verra bien. Ce projet est viable pour la commune de Mahina. On nous a fait rappeler l'importance à équilibrer les comptes du budget de l'eau. Aujourd'hui, je suis obligé de faire du transfert financier du budget principal pour équilibrer le budget de l'eau et des déchets. Il faut savoir que ce sont les redevances de l'eau qui doivent financer ces opérations."

Il parle d'une obligation que vous avez par rapport au financement de la galerie drainante. Est-ce que du côté de la mairie, engager des travaux devient urgent au risque de perdre cet argent ?
"Il faut que les gens de Mahina comprennent bien, que l'objectif de la galerie drainante est d'apporter une réduction du coût de l'exploitation de nos pompes. Les forages nous coûtent 90 millions de francs par an. La galerie drainante va nous apporter un gain de 25 millions. Actuellement, nous sommes partis dans une logique d'économie en matière énergétique. Vont s'ajouter à cela les projets que nous sommes en train de mettre en place sur les sources alternatives, notamment. Je demande aux gens de prendre conscience de l'importance de ce projet-là."

La commune ne perdra pas ses crédits alors ?
"Nous sommes en train de travailler pour que ce projet aboutisse."

Vous avez quand même jusqu'à fin août tāvana ?
"Oui et nous sommes en train de travailler. Maintenant, si Denis Helme veut faire du forcing et avertir tout le monde pour que les projets de Mahina ne se fassent pas, ça n'appartient qu'à lui. Je demande à ce que la lumière soit faite et que la vérité soit dite à tout le monde."

Ils demandent une réunion, est-ce que vous allez accorder cela à la population ?
"C'est Denis qui demande cette réunion et non la population. Les réunions que je vais faire, se feront directement chez les gens. Parce que quand Denis Helme s'incruste dans les réunions publiques, on sait comment ça se termine. Je l'invite à se mettre dans la peau d'un tāvana le temps d'une journée. Il va savoir ce que c'est que d'être maire."

Pourquoi ne pas réaliser le projet à Ahonu ?
"Il y a à Ahonu un ancien barrage avec un captage qui a été fermé. Et aujourd'hui, je n'occulte pas aussi le principe d'ouvrir Ahonu, c'est logique. Mais laissez-moi le temps de m'organiser. L'objectif de la commune est la galerie drainante. Potentiellement, nous avons plus de résultats topographiques et hydrauliques à ce que la galerie drainante se fasse à Tuauru et non à Ahonu. Il y a eu deux centres d'études : Ahonu et Tuauru. Et le meilleur emplacement est Tuauru, c'est pour cela que nous avons orienté nos crédits là-bas."



Les propriétaires ont d'autres priorités

Avec les intempéries du mois de janvier, les berges des vallées de Tuauru et Ahonu, comme d'autres d'ailleurs, en ont pris un coup avec les crues des rivières.

Six mois plus tard, les habitants du fond de la vallée de Tuauru s'inquiètent de la lenteur des travaux pour la réhabilitation de leur berge.

"Lorsque le ministre est venu avec le maire, il m'a expliquée que le maire lui fournira les devis pour consolider la berge, avant de lancer l'appel d'offres. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas de nouvelles. Je sais qu'ils veulent faire leur galerie drainante et que ça coûte 400 millions de francs. Pourquoi ne mettent-ils pas 7 millions pour faire les travaux de sécurisations des berges ? Après, ils pourront faire leur galerie. Tout ce qui est bon pour la population, il n'y a pas de problèmes. Mais, il faut tenir compte aussi de ce que nous voulons. Et tout ce que nous souhaitons c'est de sécuriser notre terrain, parce que la route est en train de se casser petit à petit. Bientôt, nous ne pourrons plus nous rendre au magasin", raconte Annette Chapman.

Le maire assure qu'il suit le dossier de près. "Je travaille de concert avec le ministre de l'Equipement pour que les berges des vallées de Tuauru et Ahonu puissent se faire correctement. J'ai rencontré Annette Chapman et d'autres personnes de la vallée de Tuauru sur le bien-fondé de ces engagements-là, et j'attends ma réunion avec le ministre de l'Equipement pour asseoir tout ce qu'il y a à faire dans la commune de Mahina".

Mahina : le ton monte d'un cran au sujet de la galerie drainante à Tuauru

"On se demande pourquoi ils ne veulent pas faire ça à Ahonu. On va bloquer ici, comme ça ils vont réfléchir et aller sur Ahonu, parce qu'il y a déjà la route là-bas avec les bassins. Il leur suffira de tout remettre à neuf et tout sera prêt. Je ne vois pas pourquoi, ils veulent venir dans une vallée sauvage. Et lorsque l'on regarde comment la nature réagit, on voit qu'elle n'est pas d'accord avec ce qui est en train d'être fait", indique Jean-Victor Tinorua, président de l'association Te Tu'ana no Mahina
"On se demande pourquoi ils ne veulent pas faire ça à Ahonu. On va bloquer ici, comme ça ils vont réfléchir et aller sur Ahonu, parce qu'il y a déjà la route là-bas avec les bassins. Il leur suffira de tout remettre à neuf et tout sera prêt. Je ne vois pas pourquoi, ils veulent venir dans une vallée sauvage. Et lorsque l'on regarde comment la nature réagit, on voit qu'elle n'est pas d'accord avec ce qui est en train d'être fait", indique Jean-Victor Tinorua, président de l'association Te Tu'ana no Mahina

Pour installer les canalisations, la municipalité a mis en place une convention de passages avec les propriétaires. Le maire assure que des rencontres se tiendront avec les habitants de la vallée.
Pour installer les canalisations, la municipalité a mis en place une convention de passages avec les propriétaires. Le maire assure que des rencontres se tiendront avec les habitants de la vallée.

Rédigé par Corinne Tehetia le Vendredi 7 Juillet 2017 à 17:25 | Lu 2947 fois






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