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Macron très attendu lundi sur la dissuasion nucléaire française et l'Europe


Crédit STEPHANE MAHE / POOL / AFP
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Paris, France | AFP | mercredi 25/02/2026 - Emmanuel Macron prononcera lundi un discours très attendu sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité du continent européen, face aux bouleversements géopolitiques mondiaux, aux doutes sur le parapluie américain en Europe et aux risques de prolifération nucléaire

Le président de la République prendra la parole dans le cadre très solennel de l'Île longue, à Brest (ouest), où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins assurant la composante océanique de la dissuasion nucléaire française, au côté des forces aériennes stratégiques.

"Ce sera un moment important du mandat. Il y aura sans doute des bascules et des évolutions assez significatives", relève-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat, sans plus de précisions. 

Le discours s'inscrira dans le prolongement de celui du 7 février 2020 lors duquel M. Macron avait proposé aux Européens un "dialogue stratégique" sur le "rôle de la dissuasion nucléaire française" dans la sécurité collective de l'Europe et des exercices communs dans ce domaine ultrasensible de la souveraineté nationale. 

La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre de l'Otan.

Ces discours sont un exercice imposé pour chaque président français, chef des armées et décideur final du feu nucléaire, considéré par la France comme la garantie ultime de ses intérêts vitaux. Le président Macron en aura ainsi prononcé un sur chacun de ses deux quinquennats.

- "Ombre nucléaire" -

"Soyons clairs : les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne", avait-il affirmé en 2020, dans la continuité de ses prédécesseurs.

Ce discours avait alors suscité un intérêt relatif de ses partenaires européens, très attachés au parapluie nucléaire américain et plus réservés sur une dissuasion concertée avec la France.

Le ton a depuis changé avec la guerre en Ukraine, la plus meurtrière sur le sol européen depuis 1945, la perception renforcée de la "menace russe" en Europe et les interrogations sur la force de l'engagement du président américain, Donald Trump, pour la sécurité en Europe.

"La guerre en Ukraine a toujours eu une ombre nucléaire qui planait au-dessus d'elle", relève l'Elysée. Vladimir Poutine a notamment menacé d'une riposte atomique si la Russie était frappée par des missiles à longue portée américains.

"La Chine, qui opère un rattrapage accéléré, est en train de multiplier la production de ses têtes nucléaires et de ses vecteurs", ajoute un conseiller présidentiel, en rappelant qu'elle pourrait atteindre "les 1.000 têtes en 2030" selon des projections américaines.

Le traité New Start, qui vient d'arriver à échéance, impose aux Etats-Unis et à la Russie un plafond de 1.550 têtes déployées et 700 vecteurs pour les porter. La France compte un peu moins de 300 têtes. Neuf pays disposent au total de la bombe atomique.

- "Coopérations spéciales" -

Le régime de non-prolifération nucléaire est aussi "sous une pression extrêmement forte", ajoute le conseiller, citant "le sentiment d'insécurité d'un certain nombre de pays" qui "croyaient pouvoir compter sur des garanties et n'en sont plus complètement assurés", de l'Asie à l'Europe, dans une référence directe aux Etats-Unis.

Les attentes sont désormais grandes en Europe concernant le discours de lundi. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a évoqué le 13 février à Munich ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne".

Le président français a alors souligné qu'il envisageait d'"articuler" la "doctrine nationale" française avec des "coopérations spéciales, des exercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés".

La Pologne a aussi manifesté son intérêt pour une discussion avec la France en la matière, de même que la Suède, le Danemark et les Pays-Bas.

En mai 2025, M. Macron s'était déjà déclaré prêt à discuter du déploiement d'avions français équipés de l'arme suprême dans d'autres pays du continent, à l'image de ce que font les Américains.

Lors de la signature du traité pour une coopération renforcée avec la Pologne, le 9 mai 2025, il a aussi souligné que les "intérêts vitaux" de la France, à la base de sa doctrine nucléaire, intégraient ceux de ses "principaux partenaires" en Europe.

Mais il a toujours assorti ces évolutions de plusieurs conditions : "La France ne paiera pas pour la sécurité des autres" et la "décision finale reviendra toujours au chef de l'Etat", a-t-il notamment martelé.

le Jeudi 26 Février 2026 à 05:02 | Lu 74 fois