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Macron présente aux chefs de partis les garanties de sécurité à l'Ukraine


Ludovic MARIN / POOL / AFP
Ludovic MARIN / POOL / AFP
Paris, France | AFP | jeudi 08/01/2026 - Emmanuel Macron a réuni jeudi les principaux responsables politiques français pour leur présenter les "garanties de sécurité" promises par les Européens à Kiev, et notamment par la France, qui pourrait déployer "plusieurs milliers" de soldats en Ukraine en cas de cessez-le-feu avec la Russie.

Les présidents du Sénat Gérard Larcher et de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ainsi que les responsables des partis représentés dans les deux chambres et les chefs des groupes parlementaires sont présents à la réunion qui a débuté vers 17H30. Les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères des deux chambres ont aussi été conviés

Tous les partis conviés étaient au rendez-vous, y compris ceux qui ont exprimé par le passé des réserves voire une franche hostilité sur l'envoi de troupes françaises, comme La France insoumise et le Rassemblement national.

La plupart, dont les deux dirigeants du RN Jordan Bardella et Marine Le Pen, ainsi que Bruno Retailleau pour Les Républicains ou Gabriel Attal pour Renaissance, sont entrés à l'Elysée sans faire de déclarations. Edouard Philippe (Horizons), bloqué au Havre par l'alerte rouge Tempête, était représenté par Claude Malhuret et Sylvain Berrios, selon son entourage.

Outre l'Ukraine, la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et son transfert aux Etats-Unis samedi sur ordre de Donald Trump, promet aussi d'occuper une partie des échanges. 

La cheffe des Verts, Marine Tondelier, a appelé à son arrivée à des "réponses fortes de l'Europe qu'on a trouvée beaucoup trop silencieuse sur le Venezuela".

- "Cible légitime" -

Elle a aussi "regretté" de se retrouver assise à "côté du Rassemblement national et de forces qui en fait constituent une cinquième colonne au sein de la France, de l'Europe et qui sont (...) les porte-parole directs de forces que l'on est censé ici combattre".

La cheffe des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, avait confirmé qu'elle s'y rendrait "notamment pour rappeler l'importance du droit international et la honte que nous a fait Emmanuel Macron en ne faisant pas respecter le multilatéralisme de l'ONU".

La gauche reproche au chef de l'Etat de n'avoir pas condamné ni critiqué, dans sa première réaction, la capture par Washington du président vénézuélien.

Cette réunion à huis clos a lieu deux jours après le sommet de la "coalition des volontaires" organisé mardi à Paris, où ces pays alliés de Kiev, essentiellement européens, se sont engagés à déployer une force multinationale en Ukraine après un éventuel accord avec Moscou.

Des émissaires de Donald Trump ont, eux, promis un "soutien" des Etats-Unis à cette force, tandis que Washington serait à la tête d'un mécanisme de surveillance d'un cessez-le-feu - encore très hypothétique.

La Russie a dénoncé de son côté ce projet de force multinationale, avertissant que toute présence militaire occidentale dans ce pays serait considérée par Moscou comme une "cible légitime".

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a admis que la mise en oeuvre des garanties de sécurité étaient "impossible sans le consentement de la Russie, dont nous sommes probablement encore assez loin".

- "Le jour d'après" -

Emmanuel Macron a d'ores et déjà annoncé mardi que Paris pourrait déployer en Ukraine "plusieurs milliers d'hommes" pour la force multinationale, le jour "d'après la paix".

Selon son entourage, le président devrait fournir des précisions sur la contribution envisagée.

La question d'un vote du Parlement, le moment venu, pourrait se poser. Au Royaume-Uni et en Allemagne, le principe d'un feu vert parlementaire à toute contribution militaire a déjà été acté par l'exécutif.

"Ce ne sont pas des forces qu'on engage au combat", mais "une force de réassurance", une fois un accord de paix conclu, a souligné mardi Emmanuel Macron.

En effet, le cessez-le-feu sur la ligne de front ne serait pas surveillé par ces hommes, mais par des drones et satellites. La force européenne serait dépêchée dans le pays en guise de dissuasion, même si sa réaction face à une éventuelle nouvelle attaque russe reste à déterminer.

Les Insoumis entendent aussi évoquer la position de la France sur l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, à la veille d'un vote crucial à Bruxelles. Les agriculteurs et la quasi-totalité de la classe politique française s'y opposent.

le Jeudi 8 Janvier 2026 à 06:47 | Lu 172 fois