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Les plantes de Nouvelle-Calédonie, émeraude planétaire




Les plantes de Nouvelle-Calédonie, émeraude planétaire
NOUMEA, 10 décembre 2010 (AFP) - Haut lieu de la biodiversité, la Nouvelle-Calédonie abrite des milliers de plantes uniques au monde, dont l'amborella, la doyenne de la planète âgée de 125 millions d'année. Mais ce patrimoine vert est exposé à de nombreux périls.

Auteur de la plus grande base de données sur la répartition des espèces végétales et animales sur la planète, une équipe de chercheurs de l'Université de Bonn et de Californie à San Diego a conclu en 2009 que la Nouvelle-Calédonie était numéro un de la biodiversité mondiale pour les plantes.

Cet archipel du Pacifique sud, grand comme quatre départements français, héberge 3.350 espèces végétales, endémiques à 74% !

La Nouvelle-Calédonie s'est désolidarisée du super continent Gondwana, qui agglomérait l'Amérique du Sud, l'Australie, l'Afrique, l'Inde, l'Antarctique et la Nouvelle-Zélande, il y a près de 100 millions d'années, embarquant comme sur un radeau animaux et végétaux.

L'ancienneté de cet isolement, et la stabilité du climat, exempt de glaciation, explique la richesse et l'archaïsme de la flore calédonienne.

"La plus emblématique est l'amborella trichopoda, contemporaine des dinosaures, qui poussait déjà il y a 125 millions d'années", souligne Bernard Suprin, connaisseur passionné de la flore du Caillou, qu'il scrute depuis quarante ans.

Arbuste pouvant atteindre six à sept mètres, l'amborella, qui produit des petites baies rouges, et dont le grand âge a été mis en évidence il y a douzaine d'années par des chercheurs américains et européens, est considérée comme l'espèce le plus proche de la première plante à fleurs de la planète.

Les palmiers sont aussi un des joyaux de la nature calédonienne. En dehors du cocotier, les 38 espèces présentes sont toutes endémiques. A l'image de ce palmier à échasses, dont le cône de racines évoque une araignée en balade dans la forêt.

Considéré comme disparu pendant près d'un siècle, le palmier pritchardiopsis, aux longues tiges surmontées de feuilles en éventail, n'a plus qu'un seul pied sur terre.

"Il n'existe plus qu'un pied adulte, âgé et sur le déclin. Il se trouve à quelques centaines de mètres de l'usine métallurgique de nickel du Sud de la Calédonie, et est virtuellement condamné à cause des effluents gazeux", se désole Bernard Suprin.

L'industrie minière, qui connaît une croissance florissante, constitue en effet une sérieuse menace à la conservation de la flore.

"Il ne reste plus que 10% de la surface originelle de forêt humide sur sols ultramafiques (miniers)", a indiqué Hubert Géraux, responsable du Fonds mondial pour la nature de Nouvelle-Calédonie.

Les incendies, qui ravagent chaque année plusieurs milliers d'hectares de forêt, sont également un drame pour la nature, à l'instar des espèces envahissantes végétales et animales.

Appelé "cancer vert" à Tahiti, le Miconia calvescens, arbre d'ornement originaire du Mexique, est la cause d'une invasion biologique en Nouvelle-Calédonie. Côté animal, les cerfs sauvages, qui ont longtemps proliféré en dehors de tout contrôle, dévorent lentement la forêt.

cw/rh/jpa

Sur les terres riches en métaux, un jardin extraordinaire

le népenthès
le népenthès

Sur les terres riches en métaux - nickel, cobalt, cuivre, chrome - prospère une végétation remarquablement adaptée à ce milieu, et qu'affectionnent les plantes carnivore.

Le Caillou, surnommé ainsi en raison des ressources minérales de son sous-sol, est recouvert sur près d'un quart de sa surface de maquis minier, qui se développe sur des terres rouges dépourvues de matières organiques et contenant des métaux, toxiques pour les autres végétaux.

Ce milieu, à l'endémisme particulièrement élevé, est un des écosystèmes les plus originaux de la planète.

De nombreuses espèces insolites ainsi que d’étonnantes plantes carnivores ont élu domicile dans ce biotope.

Ainsi, le népenthès, surnommé "gourde du mineur", attire les insectes dans son urne qui distille une odeur proche de celles des phéromones des animaux.

Leurrés, les insectes tombent alors dans un liquide contenant des enzymes, qui permet à la plante de les digérer.

"Il arrive qu'une mante religieuse se pose sur le népenthès comme au restaurant, attendant que les insectes viennent tourbillonner", s'amuse Bernard Suprin.

Sur les sols miniers, la végétation est à la diète et pousse lentement, atteignant de fait parfois des âges canoniques.

Du fond d'un lac du sud de la Nouvelle-Calédonie, Bernard Suprin a un jour remonté un petit arbre mort, en parfait été de conservation.

"Je l'ai fait dater en Australie. Il avait 13.000 ans ! Presque autant que les peintures de Lascaux", a-t-il indiqué.

Fort d'un stock de 60.000 photos, Bernard Suprin consacre sa retraite à la réalisation d'un gros ouvrage répertoriant "les plantes indigènes de Nouvelle-Calédonie", dont la publication est prévue fin 2011.


Rédigé par Par Claudine WERY le Vendredi 10 Décembre 2010 à 04:55 | Lu 1191 fois


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