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Les deux inspecteurs resteront jusqu'au terme de leur mission, mais leurs postes pourraient ne pas être reconduits


A la droite de Tauhiti Nena, un des deux inspecteurs concernés, Éric Lavis
A la droite de Tauhiti Nena, un des deux inspecteurs concernés, Éric Lavis
L’information nous est parvenue dans la nuit, par un mail du comité de soutien à l’Education en Polynésie française. Enseignante et professeur ressource en anglais, Moeava Grand y laisse éclater sa joie : les deux inspecteurs de l’éducation nationale mis à disposition de la Polynésie française resteront jusqu’au terme de leur mission, en juillet 2012. Le Haut-commissariat est finalement intervenu en leur faveur, contre l’avis du ministère de l'éducation nationale.

Co-responsables de la mission de coordination pédagogique chargés, entre autres, du plan de formation des professeurs titulaires, néotitulaires, contractuels et stagiaires, ces deux inspecteurs avaient appris en début de semaine que le ministère de l’éducation nationale mettait fin à leur mission avec à peine 15 petits jours de préavis.

Le Haut-commissaire a annoncé hier que les inspecteurs restaient jusqu'en juillet 2012. Quelle est votre réaction ?

Nous sommes très contents puisque c’est ce que nous demandions dans notre pétition. Cette décision de renvoi était vraiment trop injuste. Mais la mobilisation continue car nous n’avons aucune garantie concernant les postes. Ces deux inspecteurs restent jusqu’en juillet 2012 mais ces deux postes clés sont normalement supprimés à la rentrée, et sur ce point là nous n’avons aucune information.

Vous pensez que cette suppression de postes est une réprimande de l’Etat ?

Oui, enfin nous l’analysons comme ça, car l’argument des restrictions budgétaires ne tient pas la route. En effet cette suppresion est soudaine, or habituellement lorsqu’un poste est supprimé on le prévoit à l’avance, pour la rentrée d’après. De plus, le vice-rectorat a eu droit à un poste supplémentaire à la dernière rentrée, alors pourquoi la DES devrait-elle encore supprimer des postes alors qu’elle a déjà fait beaucoup d’effort ?

Comptez-vous continuer votre action ?

Nous laissons la pétition (disponible ici puisque nous demandions à l’Etat trois choses (le maintien des inspecteurs jusqu’au terme normal de leur mise à disposition, le retour sur la décision de suppression des postes des responsables de la mission de coordination pédagogique de la DES, et le respect de l’autonomie de la Polynésie française dans le domaine de l’éducation), et pour l’heure, nous considérons que seul l’un d’entre eux a été réglé. La mission de coordination pédagogique est toujours menacée. Avec toutes les conséquences qu’on imagine : ne plus avoir de poste pédagogique signifie la fin des formations des stagiaires et des enseignants. Le problème reste entier.

Pourquoi considérez-vous qu’il y a régression de l’autonomie ?

S’il n’y a plus de pédagogie à la DES, le seul pôle qui s’en occupera de la formation sera celui du vice-rectorat, qui dépend directement de l’Etat. Ça veut dire que le vice-recteur sera le seul décideur au niveau pédagogique, ce qui est contraire à notre Convention de 2007.

Réactulisation: Petites précisions apportées par Moeava Grand:

Après avoir entendu certaines informations erronées je voudrais apporter les précisions suivantes:

- la pétition en ligne n'émane pas du ministère de l'éducation mais de notre "Comité de soutien à l'Education en Polynésie française" (qui s'est formé indépendamment du ministère ou de tout autre organisme politique mais soutiendra toute action menée en faveur de l'autonomie du Pays dans le domaine de l'éducation).

- la mobilisation continue et nous continuons à récolter des signatures, l'état a finalement décidé de maintenir les deux inspecteurs de la mission de coordination pédagogique à leurs postes jusqu'au terme normal de leur mise à disposition, mais il est prévu que ces postes soient supprimés à la rentrée prochaine, donc le problème est loin d'être réglé.


NB: La presse française s'empare du sujet, lire l'article de MEDIAPART

le Jeudi 22 Décembre 2011 à 09:12 | Lu 3662 fois
           



Commentaires

1.Posté par azerty le 22/12/2011 15:27 | Alerter
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Il y a au moins une chose dans laquelle il est fort not' ministre : poser devant l'objectif.

2.Posté par wakrap le 22/12/2011 17:02 | Alerter
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Si je comprends bien le texte au dessus, leur départ signifie seulement que le vice rectorat restera seul responsable de la formation des enseignants, en aucun cas que ce sera la fin de leur formation.
Donc en gros ils ne veulent pas de monopole de leur formation. Dommage qu'ils ne proposent pas la fin de la carte scolaire qui fait subir, à chaque citoyen parent, le monopole de l'école de son quartier.

Et je crois avoir lu ailleurs que l'on voulait supprimer le travail de notation des enseignants par ces inspecteurs(pour le transférer au chef d'établissement), ce qui avait justifié une grève. Logique dans ces conditions que leur nombre diminue si une grosse partie de leur travail est supprimé.

3.Posté par emere cunning le 22/12/2011 23:20 | Alerter
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Pas au bout de ses peines, Tauhiti Nena, avec un Sarkoluc de la Chatellerie qui nous débarque direct de... L'OREAL. Nothing surprising, isn't it ?
Chargé de faire ci, et ça, puis ça... sans grand succès, on se souviendra surtout que ce fin stratège en manips de tout genre a dû se faire sa propre pub en supermarché avec ces dames de l'UMP (if you remember). Mais pas de chance... chopé, loupé. Alors, il faut bien qu'il se défoule quelque part, n'est-ce-pas.
Pauvres de nos stagiaires, étudiants, jusqu'à... nos inspecteurs d'académie ! ! ! Qui l'aurait cru?

4.Posté par Moeava Grand le 25/12/2011 12:43 | Alerter
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Merci Tahiti-Infos d'avoir relayé nos informations et d'avoir publié mes précisions.

Pour répondre à "wakrap", les inspecteurs de la mission de coordination pédagogique n'inspectent pas, ils s'occupent, entre autres, du dispositif de formation. Pour mieux comprendre le rôle de la MCP je t'invite à consulter cette page: http://www.des.pf/index.php?option=com_content&view=article&id=662:mission-de-coordination-pedagogique&catid=107:missions&Itemid=115

Le vice-recteur veut affecter nos professeurs stagiaires en métropole alors que le dispositif de formation existe ici. Le tribunal administratif a conclu que ces professeurs étaient en droit d'être formés en Polynésie française (c'est ce qui se fait dans toutes les académies, les professeurs stagiaires sont formés sur place, sauf s'il n'y a pas de poste vacant dans la discipline enseignée). Démanteler la MCP est un moyen détourné de ne pas accepter la décision du tribunal, il suffira au vice-recteur de dire que le dispositif de formation n'existe plus pour renvoyer nos professeurs stagiaires en métropole.

Cela n'a donc absolument rien à voir avec la question de la notation des enseignants.

Nous sommes conscients que certaines restrictions budgétaires sont inévitables, mais les éventuelles suppressions de postes devraient se faire en concertation avec le Pays, pas ainsi de manière arbitraire en portant atteinte à une structure essentielle de notre système éducatif.

Moeava