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Les coups de griffe du CESC au sujet de la stratégie de développement touristique



La stratégie de développement touristique de la Polynésie française a été passée à la moulinette par les représentants du CESC.
La stratégie de développement touristique de la Polynésie française a été passée à la moulinette par les représentants du CESC.
PAPEETE, le 25 février 2016. Les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) ont été réunis en séance plénière ce jeudi pour rendre leur avis sur la question de la stratégie de développement touristique de la Polynésie française pour la période 2015-2020. L'avis formulé par le CESC est favorable par 24 voix pour, 14 abstentions, 0 contre.

Avant de se lancer sur le fonds de la stratégie de développement touristique pour les cinq prochaines années, le CESC souligne que la méthodologie retenue par le gouvernement ne s'appuie pas sur "un bilan des actions antérieures qui aurait permis d’éviter les erreurs du passé". Pourtant au cours des dix dernières années de nombreuses réflexions ont été menées permettant de dégager des axes de dynamisation du secteur du tourisme mais aucune n'a pu être rendue opérationnelle. Un constat d'échec "relevé par la Chambre territoriale des comptes (CTC). Dans ses observations définitives portant sur la politique du tourisme de la Polynésie française effectuées en 2013, la CTC fait état de trois documents susceptibles de définir la politique touristique du Pays depuis 2005, à savoir :
- Le programme de développement du tourisme 2007-2017, élaboré en 2005
- Le schéma directeur du développement touristique de Tahiti et de ses îles, établi en 2007
- Le rapport final du Conseil d’Orientations Stratégiques du Tourisme (COST) traduit en "stratégie de développement touristique" élaboré avec l’aide d’Atout France, publié à la fin de l’année 2010
".

Or, souligne le CESC, si toutes ces orientations déclinées n'ont pas abouti en actes opérationnels, en revanche, "des moyens financiers considérables ont été alloués à ce secteur (en termes de promotion, de structures, en matière fiscale …)". Au total, selon un rapport de la Cour des Comptes de février 2014 sur tourisme en outre-mer, en Polynésie française, 13,5 Milliards de Fcfp de dépenses de fonctionnement ont été engagés entre 2005 et 2011, auxquels il faut ajouter 220 millions de Fcfp au titre des dépenses d’investissement. Au titre de la défiscalisation locale, 19,3 milliards de Fcfp de crédits d’impôts ont été accordés à l’industrie touristique entre 2005 et 2011 : 18 milliards au titre de la défiscalisation locale sur les résidences hôtelières et 1,3 milliard pour les projets relatifs à l’activité de charter nautique. Dans le même temps et "paradoxalement, on a assisté à la fermeture de 11 hôtels de luxe".


Autre écueil et non des moindres relevé par le CESC avec cette nouvelle stratégie de développement du tourisme, il note "une absence d’évaluation préalable de la demande touristique". Seule une étude conduite par l'univeristé Hawaii Pacific University, auprès d’un panel de 360 personnes originaires de 27 pays a montré que la Polynésie française a un marqueur d’image fort auprès des touristes. "Le CESC considère que cette étude n’apporte pas tout l’éclairage nécessaire à la bonne compréhension de la demande touristique et de son évolution".


Sur les axes retenus par la stratégie de développement touristique, le CESC s’est penché sur deux orientations qui lui paraissent essentielles : un positionnement principalement basé sur la culture et l’environnement et une approche intégrée du développement de ces segments. Le CESC relève en premier lieu que le développement des niches du tourisme culturel et de l’environnement "a déjà été mis en exergue dans de précédentes études (notamment dans le cadre des états généraux de 2009 et le COST) et qu’il n’a donc pas de caractère innovant". Il insiste sur le fait "que les ministères et administrations concernées doivent travailler en inter-ministérialité sur une feuille de route commune". De plus, cette approche intégrée du développement touristique doit se traduire par une mutualisation des moyens.

Dans le cadre de ce document stratégique, l’objectif posé par le gouvernement est d’atteindre 300 000 touristes par an à l’horizon 2020. Or, remarque le CESC, "avec un positionnement axé essentiellement sur le tourisme de luxe, la Polynésie française enregistre un taux de fréquentation peu significatif mais une dépense par client relativement importante par rapport aux destinations concurrentes". Aussi, le CESC estime que cet objectif de fréquentation touristique ne doit pas demeurer le seul indicateur de performance du Pays à être mis en avant dans le cadre de cette stratégie.
Compte tenu du positionnement basé sur la culture et l’environnement, le CESC estime que le tourisme dit "authentique" devrait être mieux valorisé. "Il n’y a pas de petits ou de grands projets, tous ont leur importance. Il s’agit de s’inspirer des meilleurs exemples de développement touristique et non d’imposer une solution parfaite et unique qui n’existe pas".

Sur le plan de l’hébergement touristique, le plan stratégique rappelle que le nombre de lits actuel n’est pas suffisant pour accueillir 300 000 visiteurs, la capacité maximum actuelle étant de 200 000 à l’année. Le document stratégique fait référence à la rénovation du parc d’hébergement et à l’adaptation des aides publiques (défiscalisation locale, subventions,…). Il fait également état de la possibilité de dépassement des 200 000 touristes avec l’atténuation des effets de saison et une meilleure répartition des nuitées entres les différentes îles et types d’hébergement. Il est à cet effet prévu de développer la labellisation des pensions de famille.

En termes de transports aériens, le Pays envisage notamment l’ouverture de notre destination à une compagnie aérienne étrangère et la mise en place de vols directs vers la Chine et le Brésil. Le CESC s’interroge sur les options qui seront prises localement pour faire face à ce défi. "Le document stratégique fait certes état des mesures à prendre pour augmenter la capacité hôtelière et l’offre de sièges sur les compagnies aériennes mais ces mesures manquent de précisions et d’actions concrètes. La réouverture d’hôtels (ayant fermé ces dernières années) n’est pas envisagée. De même, n’est pas abordé le calendrier de la construction future de nouveaux hôtels d’ici 2020".
De la même manière, souligne le CESC, le document ne met pas l’accent sur la mise en place d’activités dans les îles et sur Tahiti (aménagements de sentiers pédestres, etc) en faveur des touristes mais également de la population locale.

Au final, le CESC affirme que "le tourisme constitue un immense enjeu pour la Polynésie française. Il doit susciter une prise de conscience collective, que notre Pays ne se limite plus aux plages qui bordent nos îles et à quelques marae ou autres monuments. Il s’agit de développer des formes de tourisme plus proches du Polynésien, de sa culture et de son environnement naturel".



Rédigé par Mireille Loubet le Jeudi 25 Février 2016 à 14:45 | Lu 1176 fois







1.Posté par Pito le 25/02/2016 17:10 | Alerter
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Mon dieux que de savantes dans tous ces organismes pour dire que le tourisme va mal au Fenua. Mais il n'y suis à pas besoin de commissions, de forums, de réunion, de congrès, d'experts internationaux, pour comprendre que notre tourisme va mal.
Quand une personne suffisamment intelligente, mettra en œuvre quelques éléments qui permettront d'amener plus de 200 000 touriste dans notre beau pays. Le premier élément le prix du billet d'avion totalement rédhibitoire pour un touriste moyen qui rêve de venir à Tahiti, le prix des hôtels qui est très élevé avec une qualité de prestations qui n'est pas du tout à la hauteur, une offre hôtelière qui est contraire à la demande du marché (on ne propose pas de all inclusive), des aménagements qui ne sont pas fait pour développer un tourisme de nature (sentier de randonnée, aménagement de point touristique, etc...), propreté de notre capitale Papeete. Il faut arrêter de croire à un tourisme de luxe, nous n'en avons pas les capacités.
En fait, quand une personne du métier se penchera sur tout cela peut être que notre Fenua saura concurrencer d'autres destinations. Mais laisserons nous une personne sensée faire tout cela ?

2.Posté par pif paf le 25/02/2016 22:34 | Alerter
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" travailler en inter-ministérialité ": ça va être difficile puisque c'est déjà compliqué entre différents services du même ministère et même au sein d'un même service.

Pour la ligne aérienne sur le Brésil, on ne voit pas l'intérêt puisque l'économie brésilienne est moribonde.

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