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Les Tamari'i Ha'uti se mobilisent pour les sourds et malentendants



Rendez-vous le 24 septembre place To'ata pour le second concert caritatif des "Tamari'i Ha'uti" (Crédit photo : Oti'Areva)
Rendez-vous le 24 septembre place To'ata pour le second concert caritatif des "Tamari'i Ha'uti" (Crédit photo : Oti'Areva)
PAPEETE, le 13/09/2016 - Pour cette année, le collectif - regroupant une quarantaine d'artistes – vous donne rendez-vous le 24 septembre à To'ata pour un concert caritatif en faveur de l'association "Apa e reo nui", une association de sourds et malentendants. L'an dernier, les "Tamari'i Ha'uti" ont récolté 2 millions de francs pour le village SOS Enfants de Papara.

Créé par l'association "To Tiare", le collectif "Tamari'i Ha'uti" réunit une quarantaine d'artistes locaux qui chantent, jouent ou dansent en faveur des associations d'aides aux personnes en difficulté. L'idée est de lever des fonds pour améliorer le quotidien de ces personnes.

L'an dernier, un premier concert caritatif a été organisé pour le village SOS Enfants de Papara. Le public polynésien s'est déplacé en masse pour l'occasion, ce qui a permis de récolter 2 millions de francs pour les pensionnaires de cette association.

Cette année, le collectif se mobilise pour l'association "Apa e reo nui", qui œuvre en faveur des sourds et malentendants polynésiens. "Une association dynamique mais qui souffre de difficultés à communiquer avec autrui et de ce fait, de difficultés à réaliser les démarches administratives", souligne le communiqué de l'association To Tiare, présidée par Taimana Ellacott.

D'ailleurs, l'association "Apa e reo nui" a pour projet de financer les permis de conduire des malentendants. Un challenge qui sera difficile à réaliser, "c'est extrêmement lourd à supporter pour l'association", confie un membre de l'association. Pour une personne, "Apa e reo nui" devra dépenser 170 000 francs, et elle compte 20 membres en son sein. Grâce à ce concert caritatif, l'espoir renaît. "Ça nous a fait chaud au cœur d'apprendre que les "Tamari'i Ha'uti" nous ont choisi. On se sent, pour une fois, comme des personnes normales".

Pour ce nouveau concert caritatif, le collectif "Tamari'i Ha'uti'" espère récolter autant que l'an dernier, voire plus. Le concert se tiendra le 24 septembre place To'ata de 19 heures à 22 heures. Trois heures de live avec plusieurs artistes, dont Teiva LC, Verua, Pepena, Eto, Sylvio Cicero, Tensia ou encore Vevo.

Les organisateurs comptent sur la générosité des polynésiens. L'occasion aussi de découvrir les talents cachés de nos artistes locaux.

Les billets sont en vente à Radio 1, Carrefour Arue et Punaauia, à 2 000 francs.

Taimana Ellacott, 28 ans
Président de l'association To Tiare créée en juillet 2014


Comment avez-vous réussi à mobiliser les personnes autour de votre projet ?

"On a demandé à des gens de moins de 30 ans, de venir nous aider. Ce n'était pas forcément des gens que je connaissais, mais c'était chacun dans une compétence particulière qui pouvait créer un concert artistique et un clip vidéo. Des personnes qui peuvent aussi écrire une musique, la composer et l'enregistrer dans un studio professionnel. Donc, il fallait vraiment des gens qui ont des compétences et qui travaillent bénévolement."

Comment les avez-vous trouvées ?

"Tout s'est fait à travers les connaissances que j'avais déjà. D'autres que je connaissais un peu moins étaient aussi intéressés par ce projet. Donc on a travaillé ensemble. La plupart ne se connaissait pas entre eux, et du coup, ça a créé des synergies et maintenant c'est devenu une famille."

Comment ce projet solidaire a vu le jour ?

"Il y a eu plusieurs raisons. La première est que je trouve que les artistes locaux ne sont pas assez valorisés. J'en connais pas mal et j'apprécie vraiment ce qu'ils font. Et je trouve qu'en Polynésie, on va toujours préférer un artiste international à nos capacités locales, alors qu'on a des vrais artistes qui sont faits pour la scène. Ce ne sont pas juste des personnes qui sont là pour animer des soirées. Ils ont vraiment une capacité artistique de création. Et de deux, je trouve qu'il n'y a pas eu de regroupement artistique important en faveur d'une cause. Donc, je voulais faire une chanson qui aurait plu à tout le monde. Il ne fallait pas que cette chanson soit juste belle. Donc, j'ai voulu créer quelque chose, un peu comme les enfoirés en France. La grosse différence qu'on a par rapport aux Enfoirés, est qu'ils appartiennent aux restos du cœur. À chaque fois, qu'ils chantent, ils sont obligés de donner aux restos du cœur. Alors que nous, on peut changer de cause et chanter pour qui on veut, on peut faire des concours. On peut vraiment aller voir où on veut, on est libre sur la direction des fonds récoltés."

Travailler pour aider les autres, c'est quelque chose qui vous intéressait déjà ?


"Surtout quand il y a rien, il faut le faire. Si ce n'était pas moi, ça aurait été quelqu'un d'autre. Je pense qu'il y a toujours eu des volontés de le faire, mais on ne peut pas tout faire, tout seul. J'ai de la chance d'avoir une équipe super forte et compétente."

L'association To Tiare a créé le collectif "Tamari'i Ha'uti". D'où vient ce nom ?

"C'est un nom que l'on a réfléchi en commun. On a eu pleins de propositions et cette idée vient de Teiva LC et Teha de Verua, il me semble. Et du coup, on l'a adopté. Parce que c'était un peu l'esprit Enfoiré qu'on voulait, avec un mot en tahitien, un peu péjoratif, et qui finalement montre un peu l'état d'esprit de ces artistes. On le voit, ils sont durs à gérer (rires). Ils vont à la télé ou à la radio, ce sont vraiment des "Tamari'i Ha'uti"."

Comment choisissez-vous les chansons ?

"C'est voté par les artistes. L'année dernière, on avait proposé une reprise d'un artiste local. Une chanson internationale traduite en tahitien, comme "We are the world". Et une composition originale de "Taura" qui a été écrite et composée par le vice-président de l'association, Tamatoa Kautai. Cette année, ils se sont dits, on est sur la même mouvance, autant qu'on suive Tamatoa, puisqu'on a bien aimé la musique. Donc, il faut qu'il en créé une nouvelle et voilà."

Au début du clip officiel de ce nouveau clip, on voit Léticia Sclabas qui fait un langage des signes. C'est vraiment pour montrer que c'est l'association "Apa e reo nui" que vous mettez en valeur cette année ?

"Le clip a entièrement été traduit en signe. On n'a pas gardé tous les signes, on a gardé les plus forts. Par exemple, l'amour, l'unité… il y a pleins de choses qu'on a gardé et qui sont puissants."

L'an dernier, vous avez récolté 2 millions de francs. Quel est votre objectif, cette année ?

"C'est autant et si on peut plus, pourquoi pas. Ça dépendra des gens, il faut venir au concert."

Quel serait votre message ?

"Venez au concert pour passer un bon moment, parce que c'est un vrai spectacle qui a été travaillé avec les artistes, ce n'est pas juste de la musique. L'idée est de faire sortir ces artistes, en plus de leur nom. Ce sont, par exemple, des artistes qui sont habitués à faire du reggae et qui vont faire carrément autre chose. On essaye vraiment de montrer leur talent artistique, qu'ils ne restent pas cloitrés dans un style. Et c'est ça qui est bien, ils jouent le jeu. Ça les embête parce qu'ils ne sont pas habitués, et des fois, on a des demandes surprenantes. Il y a des artistes qui ont dit "moi je veux faire ça", et ça ne va pas du tout avec l'image que l'on a de cet artiste. Et pourtant quand on a testé, c'était super bien. Ils sont vraiment motivés et en plus tous les bénéfices seront reversés à "Apa e reo nui" qui a un beau projet pour les sourds et les malentendants. Il n'y a vraiment aucune raison pour ne pas venir."

L'an dernier, le collectif a récolté 2 millions de francs en faveur du Village SOS Enfants de Papara (Crédit photo : Manu'a Vecker-Sue Photography)
L'an dernier, le collectif a récolté 2 millions de francs en faveur du Village SOS Enfants de Papara (Crédit photo : Manu'a Vecker-Sue Photography)


Rédigé par Corinne Tehetia le Mardi 13 Septembre 2016 à 11:58 | Lu 3938 fois






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