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Les 10 000 logements vacants à l'épreuve du terrain


Tahiti, le 6 juillet 2026 – Un an après l'annonce d'une étude sur les quelque 10 000 logements vacants recensés en Polynésie, le ministre Oraihoomana Teururai en a présenté les premiers enseignements ce lundi à l'assemblée. Si l'étude est désormais achevée, elle dresse surtout un inventaire des obstacles qui empêchent ces logements de revenir sur le marché. Avant d'envisager des aides aux propriétaires, un complément d'étude devra encore être lancé pour chiffrer le coût réel des réhabilitations.
 

Avec plus de 7 000 demandes de logements sociaux toujours en attente, le gouvernement avait présenté, il y a un an, la remise sur le marché des logements vacants comme une “solution complémentaire particulièrement pertinente” à la construction de logements neufs. C'est sur l'avancement de cette stratégie que la représentante Tavini Jeanne Vaianui, également présidente de la commission du logement, a interrogé lundi le ministre du Logement, Oraihoomana Teururai.

L'élue souhaitait notamment savoir si les estimations initiales étaient confirmées, quelle part de ces logements pouvait réellement être réhabilitée et quelles mesures le gouvernement envisageait pour convaincre les propriétaires privés de les remettre sur le marché.
Le ministre a d'abord rappelé que l'objectif n'était pas de recompter les logements vacants, les données étant déjà connues grâce à l'ISPF, mais d'en comprendre les causes et d'identifier les leviers permettant de les remettre sur le marché. Menée “pendant plusieurs mois avec des professionnels de l'immobilier, des services du Pays et des élus, l'étude est désormais terminée”, a indiqué le ministre.  
 
Des freins bien identifiés
 
Ses conclusions mettent en évidence une accumulation de freins. L'indivision complique les décisions des propriétaires, certaines règles d'urbanisme limitent les possibilités de rénovation – le ministre citant notamment les obligations de stationnement imposées à Papeete – mais le principal obstacle reste le coût des travaux. “Être propriétaire d'un bâtiment ne veut pas forcément dire qu'on a les moyens de l'exploiter”, a résumé Oraihoomana Teururai, évoquant des immeubles parfois très dégradés, nécessitant de lourdes opérations de rénovation, voire de désamiantage, autant d'opérations particulièrement coûteuses.

L'un des objectifs était d'estimer le coût moyen de réhabilitation des logements afin de calibrer un futur dispositif d'aide. “Nous n'avons pas pu élaborer de budget moyen dédié à la reconquête des logements vacants”, a reconnu le ministre. Les immeubles concernés étant essentiellement privés, il aurait fallu obtenir l'accord des propriétaires puis réaliser des diagnostics techniques poussés, impossibles à mener dans le cadre de cette première étude.

Le gouvernement estime d'ores et déjà que les leviers fiscaux auraient un effet limité et privilégie plutôt des aides financières destinées aux propriétaires ou aux opérateurs prêts à réhabiliter ces logements. Mais avant de pouvoir les mettre en place, un complément d'étude devra encore permettre d'en mesurer le coût réel. Autant dire que les premiers logements remis sur le marché grâce à ce futur dispositif ne sont pas pour demain.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 6 Juillet 2026 à 11:48 | Lu 615 fois