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Le numérique, réducteur ou accélérateur des inégalités scolaires ?



Paris, France | AFP | dimanche 17/09/2016 - Comment faire pour que le numérique contribue à réduire et non à accroître les inégalités scolaires? L'association Afev organise mardi sur ce thème sa 9ème "journée de refus de l'échec scolaire".

Tous les ans, l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), qui regroupe des milliers d'étudiants apportant du soutien scolaire à des enfants ou jeunes dans les quartiers populaires, braque les projecteurs sur le phénomène du décrochage.

Le nombre de jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans qualification, que François Hollande s'était engagé à diviser par deux pendant son quinquennat, est passé de 140.000 à 110.000, selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l'Education fin 2015.

Le thème de l'édition 2016, "le numérique contre les inégalités éducatives", part du constat que les étudiants bénévoles utilisent de leur propre initiative le numérique lors du soutien apporté aux enfants, explique Eunice Mangado, directrice déléguée de l'Afev.

Les étudiants "n'ont pas apporté la lumière numérique aux enfants, les enfants ont déjà des pratiques numériques qu'ils partagent", tandis que les étudiants "montrent des choses qui peuvent être utiles directement pour la dimension scolaire, comme Wikipedia ou Google Earth", précise-t-elle.

"Aujourd'hui, la fracture n'est plus sur l'équipement", indique Mme Mangado. "Par contre, il y a des pratiques qui sont pauvres". "Quand il s'agit d'aller chercher un stage" en filière professionnelle, "ce n'est pas en tapant sur la barre Google +stage coiffure+ ou +chaudronnerie+ qu'ils vont y arriver".

L'association publiera mardi une enquête sur les pratiques numériques de collégiens scolarisés en éducation prioritaire.

- Théories du complot -
Le numérique peut être un accélérateur d'inégalités "surtout en termes d'usages, entre ceux qui ont les codes, une utilisation pour des recherches documentaires, un outil de plus dans leur bagage culturel, et ceux qui n'ont pas les codes", souligne Christophe Paris, directeur général de l'Afev.

"Celui qui le maîtrise pleinement en fait un outil efficace pour son insertion, mais celui qui ne le maîtrise pas est encore plus éloigné qu'il y cinq ou dix ans", fait-il valoir.

Des pédagogies numériques, comme la classe inversée, où les élèves découvrent d'abord le cours dans une vidéo à la maison, "vont beaucoup bénéficier à ceux qui ont déjà le plus de capital scolaire", mais il ne faut pas oublier "ce qui se passe à la maison. Est-ce que les enfants et leurs parents sont tous à l'aise de la même façon pour l'appréhender?", relève Mme Mangado.

Le logiciel Pronote, utilisé par beaucoup de collèges pour communiquer avec les familles, "est formidable. Mais qui a accès, qui sait vraiment l'utiliser?" Si un établissement ne cherche pas à savoir pourquoi une partie des parents ne se connecte pas, "sans se poser la question de l'équipement et des inégalités d'usage, on accroît les inégalités", prévient-elle.

Le rapport "Grande pauvreté et réussite scolaire" remis en 2015 par l'inspecteur général de l'Education nationale Jean-Paul Delahaye, estime qu'"entre 5 et 10% des parents n'ont pas, pour diverses raisons, accès à l'internet".

Si le numérique "rend à portée de main tout un pan du savoir auparavant inaccessible", il "hausse parallèlement les compétences requises" en termes de "jugement critique, de capacité à décrypter et hiérarchiser les informations", insiste Mme Mangado.

Internet a "sur certains enfants une légitimité très forte, en concurrence directe avec ce que disent d'autres adultes", ajoute-t-elle, évoquant "un tournant à partir de 2015": dans un contexte marqué notamment par les attentats jihadistes, les étudiants ont "vraiment constaté la portée des questions de théorie du complot", phénomène qui rend d'autant plus nécessaire de "renforcer l'accompagnement humain".

Pour l'édition 2016 de la journée du refus de l'échec scolaire, un débat sera organisé mardi à Paris, avec la participation de la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. Les différentes initiatives sont recensées sur le site www.refusechecscolaire.org

Rédigé par () le Lundi 19 Septembre 2016 à 06:05 | Lu 166 fois





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