Hiva Oa, le 17 juillet 2025 - Deuxième jour, deuxième île pour le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, qui découvrait ce jeudi Hiva Oa aux Marquises. L'occasion pour lui de se rendre sur les tombes de Jacques Brel et de Paul Gauguin, de visiter le centre culturel de Atuona ou encore de se rendre au marae Upeke. L'occasion aussi pour la maire de Hiva Oa, Joëlle Frébault, d'interpeller l'État et le Pays sur la stagnation du projet de musée des objets d'art marquisien.
Au pas de course, comme la veille à Tahiti, le ministre d'État, Manuel Valls, a sillonné Atuona et Taaoa à Hiva Oa, ce jeudi, pour finir par une rencontre avec la population. À l'occasion de cette visite, Joëlle Frébault, maire de Hiva Oa, est revenue à la charge concernant l'avenir du dossier du musée des arts marquisiens que les Hakaiki souhaitent voir implanté sur le site de l'actuel centre culturel de Atuona. “C'est dommage que ce projet de musée n'avance pas parce qu'il est attendu par les maires et la population depuis deux ans maintenant”, explique l'élue.
Sans la certification “musée”, Hiva Oa ne peut pas prétendre à se faire prêter des œuvres d'autres musées en Europe et l’actuel centre culturel est cantonné à ne proposer que des copies d'œuvres, même marquisiennes, et quelques objets ayant appartenu à Paul Gauguin retrouvés dans son puits au pied de sa maison du Jouir. “Depuis deux ans, je discute avec les musées de Bâle (Suisse) et de Cambridge (Royaume-Uni) pour une restitution de longue durée de nos objets marquisiens qui ont été pris dans les années 1800.”
Problème, la compétence “culture” reste dans l'escarcelle du Pays qui, pour sa part, préfèrerait voir une annexe du Musée de Tahiti et des îles se monter sur place. “Cette histoire de compétence est dommageable pour notre projet”, poursuit-elle. “On a monté un dossier tripartite, commune-Pays-État, et la commune et l'État ont déjà versé les 63 millions de francs, chacun, pour lancer le projet. Ne manque que la signature et les fonds du Pays.”
Mais l'élue ne désarme pas pour autant, prenant le ministre des Outre-mer à témoin lors de la visite du centre culturel. Manuel Valls a d'ailleurs semblé assez surpris du blocage sur ce dossier. “Mais pourquoi cela n'avance pas si l'État a déjà versé sa quote-part ?”, s'est-il interrogé aux côtés du haut-commissaire, Éric Spitz, et du président Brotherson.
Et c'est là que revient le désaccord entre les maires et le président du Pays sur l'attribution de nouvelles compétences aux communes. Un texte sur le sujet est en cours d'étude à Paris, porté par les sénateurs Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch, malgré un avis contraire rendu par la majorité Tavini à l'assemblée de la Polynésie française, pourtant composée de nombreux maires, dont Antony Géros, demandeurs de cet élargissement de compétences, mais qui s'étaient finalement inclinés devant la volonté de Moetai Brotherson de ne pas le mettre en œuvre. C'est le fameux article 43.2 du statut d'autonomie.
Si le projet devait se concrétiser, les reproductions des tableaux de Gauguin iraient dans la reproduction de la maison du Jouir, et les œuvres d'art prêtées par Bâle et Cambridge rejoindraient la grande salle d'exposition. 200 objets de ces musées européens pourraient rejoindre le Henua Enana ; des objets déjà sélectionnés par les Hakaiki. Des prêts à long terme dans un premier temps en espérant un jour une cession définitive via une demande officielle de l'État.
Au pas de course, comme la veille à Tahiti, le ministre d'État, Manuel Valls, a sillonné Atuona et Taaoa à Hiva Oa, ce jeudi, pour finir par une rencontre avec la population. À l'occasion de cette visite, Joëlle Frébault, maire de Hiva Oa, est revenue à la charge concernant l'avenir du dossier du musée des arts marquisiens que les Hakaiki souhaitent voir implanté sur le site de l'actuel centre culturel de Atuona. “C'est dommage que ce projet de musée n'avance pas parce qu'il est attendu par les maires et la population depuis deux ans maintenant”, explique l'élue.
Sans la certification “musée”, Hiva Oa ne peut pas prétendre à se faire prêter des œuvres d'autres musées en Europe et l’actuel centre culturel est cantonné à ne proposer que des copies d'œuvres, même marquisiennes, et quelques objets ayant appartenu à Paul Gauguin retrouvés dans son puits au pied de sa maison du Jouir. “Depuis deux ans, je discute avec les musées de Bâle (Suisse) et de Cambridge (Royaume-Uni) pour une restitution de longue durée de nos objets marquisiens qui ont été pris dans les années 1800.”
Problème, la compétence “culture” reste dans l'escarcelle du Pays qui, pour sa part, préfèrerait voir une annexe du Musée de Tahiti et des îles se monter sur place. “Cette histoire de compétence est dommageable pour notre projet”, poursuit-elle. “On a monté un dossier tripartite, commune-Pays-État, et la commune et l'État ont déjà versé les 63 millions de francs, chacun, pour lancer le projet. Ne manque que la signature et les fonds du Pays.”
Mais l'élue ne désarme pas pour autant, prenant le ministre des Outre-mer à témoin lors de la visite du centre culturel. Manuel Valls a d'ailleurs semblé assez surpris du blocage sur ce dossier. “Mais pourquoi cela n'avance pas si l'État a déjà versé sa quote-part ?”, s'est-il interrogé aux côtés du haut-commissaire, Éric Spitz, et du président Brotherson.
Et c'est là que revient le désaccord entre les maires et le président du Pays sur l'attribution de nouvelles compétences aux communes. Un texte sur le sujet est en cours d'étude à Paris, porté par les sénateurs Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch, malgré un avis contraire rendu par la majorité Tavini à l'assemblée de la Polynésie française, pourtant composée de nombreux maires, dont Antony Géros, demandeurs de cet élargissement de compétences, mais qui s'étaient finalement inclinés devant la volonté de Moetai Brotherson de ne pas le mettre en œuvre. C'est le fameux article 43.2 du statut d'autonomie.
Si le projet devait se concrétiser, les reproductions des tableaux de Gauguin iraient dans la reproduction de la maison du Jouir, et les œuvres d'art prêtées par Bâle et Cambridge rejoindraient la grande salle d'exposition. 200 objets de ces musées européens pourraient rejoindre le Henua Enana ; des objets déjà sélectionnés par les Hakaiki. Des prêts à long terme dans un premier temps en espérant un jour une cession définitive via une demande officielle de l'État.
Volonté commune, textes différents
Pour sa part, Moetai Brotherson assure ne pas être le bloqueur de ce dossier. C'est le levier législatif qui serait en cause. “Statutairement, il y a une répartition des compétences qui est bien claire. La culture, elle est au Pays. S'agissant d'un musée, il y a aussi des contraintes administratives, notamment au niveau du contenu muséographique. Il faut un conservateur et, aujourd'hui, le seul conservateur présent au Fenua, c'est celui qui est au Musée de Tahiti et des îles (...) On ne peut pas avoir un musée ex nihilo et complètement détaché de toute la galaxie des musées de la République française.”
Conscient de la demande des Marquisiens, le président du Pays ne tire pas un trait sur les velléités des Hakaiki, mais pondère le dossier. “Si on écoute les élus des Marquises, ils veulent tous avoir leur musée. Maintenant, il faut distinguer ce qui est un centre culturel d'exposition de ce qui est un musée. Un musée, cela a une définition juridique et administrative spécifique et il faut faire les choses dans les formes.”
Le dossier est porté par la commune de Hiva Oa, mais si ce dernier devait être porté par la Communauté de communes des îles Marquises, qui a des compétences en matière culturelle, il n'en serait pas facilité pour autant. “C'est justement la question que nous nous sommes posée au début”, a retorqué le président du Pays. “Est-ce que ce musée serait géré par la Codim, par une association ? À ce jour, ce n'est toujours pas très clair.”
Cependant, Moetai Brotherson affirmait ce jeudi, le ministre Manuel Valls dans son dos, “la volonté du Pays, et des Hakaiki, c'est que ce musée, ou peu importe comment on l'appelle, puisse voir le jour”.
Conscient de la demande des Marquisiens, le président du Pays ne tire pas un trait sur les velléités des Hakaiki, mais pondère le dossier. “Si on écoute les élus des Marquises, ils veulent tous avoir leur musée. Maintenant, il faut distinguer ce qui est un centre culturel d'exposition de ce qui est un musée. Un musée, cela a une définition juridique et administrative spécifique et il faut faire les choses dans les formes.”
Le dossier est porté par la commune de Hiva Oa, mais si ce dernier devait être porté par la Communauté de communes des îles Marquises, qui a des compétences en matière culturelle, il n'en serait pas facilité pour autant. “C'est justement la question que nous nous sommes posée au début”, a retorqué le président du Pays. “Est-ce que ce musée serait géré par la Codim, par une association ? À ce jour, ce n'est toujours pas très clair.”
Cependant, Moetai Brotherson affirmait ce jeudi, le ministre Manuel Valls dans son dos, “la volonté du Pays, et des Hakaiki, c'est que ce musée, ou peu importe comment on l'appelle, puisse voir le jour”.




























