Tahiti, le 3 mars 2026 - Le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’ICPF a officiellement été inauguré mardi dans le cadre de l’opération de sensibilisation “Mars Bleu”. Cet équipement innovant permet de réduire les délais de diagnostic et de prise en charge des patients atteints de cancer.
Avant même de pénétrer dans les salles blanches du nouveau laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques de l’Institut du cancer de Polynésie française (ICPF) à Pirae, c’est un autre signal fort qui est envoyé : celui d’un outil moderne, pensé pour ses équipes. Parking dédié, espaces de travail lumineux, chaîne technique complète aux standards internationaux, nouvelles machines… L’établissement offre un cadre structuré et confortable à la dizaine de professionnels déjà en poste.
Pour débuter le mois “Mars Bleu”, consacrée à la sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, la présentation du nouveau laboratoire ne pouvait mieux tomber. D’autant qu’il répond à un besoin fort, comme l’a rappelé le ministre de la Santé, Cédric Mercadal : “Chaque année, 953 nouveaux cas de cancers surviennent au Fenua.” En 2024, chez les femmes, 424 cas ont été recensés, dont 408 tumeurs solides et 26 hémopathies malignes. Les cancers les plus fréquents sont : le cancer du sein (163 cas), le cancer du poumon (42 cas), le cancer du corps utérin (42 cas). Chez les hommes, 441 cas ont été enregistrés, dont 408 tumeurs solides et 33 hémopathies malignes : cancer de la prostate (128 cas), cancer du poumon (84 cas), cancer colorectal. “Les chiffres sont en hausses et ça ne va pas baisser”, se désole Astrid Schill, responsable des projets structurants de l’ICPF. Autre réalité préoccupante : les cancers féminins frappent en Polynésie environ dix ans plus tôt qu’en métropole.
“Soigner, c’est une course contre la montre”
“Soigner, c’est une course contre la montre”, ajoute le docteur Teanini Tematahotoa, directrice de l’Institut du cancer de Polynésie française. Et dans le processus de prise en charge d’un patient, l’anatomopathologie constitue une étape indispensable dans le parcours de soins. À partir de biopsies, pièces opératoires ou frottis, le médecin pathologiste détermine s’il s’agit d’une lésion bénigne ou cancéreuse, en précise le type et identifie parfois des marqueurs orientant le traitement.
Depuis janvier 2026, le laboratoire a déjà réceptionné 1 313 frottis et réalisé 34 examens d’histologie localement. “C’est 12 000 à 15 000 frottis par an qui seront traités ici”, souligne Astrid Schill.
Concrètement, lorsqu’un frottis est réalisé chez un gynécologue ou en clinique, les prélèvements sont directement transmis à l’ICPF. À leur arrivée, chaque échantillon est enregistré et identifié par QR code, garantissant une traçabilité totale.
Dans la première salle après l’accueil, celle de l’examen macroscopique, la chaîne s’enclenche. Blouse blanche et gants aux mains, Florian Spinosa, technicien macroscopique déballe et identifie les prélèvements pathologiques sur sa table macroscopique. “Il analyse les organes, mesure, pèse et regarde les couleurs pour prévenir de certaines maladies, voir l’origine de certaines pathologies et donner une évolution de la tumeur”, commente le médecin pathologiste Pierre Melard.
Avant même de pénétrer dans les salles blanches du nouveau laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques de l’Institut du cancer de Polynésie française (ICPF) à Pirae, c’est un autre signal fort qui est envoyé : celui d’un outil moderne, pensé pour ses équipes. Parking dédié, espaces de travail lumineux, chaîne technique complète aux standards internationaux, nouvelles machines… L’établissement offre un cadre structuré et confortable à la dizaine de professionnels déjà en poste.
Pour débuter le mois “Mars Bleu”, consacrée à la sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, la présentation du nouveau laboratoire ne pouvait mieux tomber. D’autant qu’il répond à un besoin fort, comme l’a rappelé le ministre de la Santé, Cédric Mercadal : “Chaque année, 953 nouveaux cas de cancers surviennent au Fenua.” En 2024, chez les femmes, 424 cas ont été recensés, dont 408 tumeurs solides et 26 hémopathies malignes. Les cancers les plus fréquents sont : le cancer du sein (163 cas), le cancer du poumon (42 cas), le cancer du corps utérin (42 cas). Chez les hommes, 441 cas ont été enregistrés, dont 408 tumeurs solides et 33 hémopathies malignes : cancer de la prostate (128 cas), cancer du poumon (84 cas), cancer colorectal. “Les chiffres sont en hausses et ça ne va pas baisser”, se désole Astrid Schill, responsable des projets structurants de l’ICPF. Autre réalité préoccupante : les cancers féminins frappent en Polynésie environ dix ans plus tôt qu’en métropole.
“Soigner, c’est une course contre la montre”
“Soigner, c’est une course contre la montre”, ajoute le docteur Teanini Tematahotoa, directrice de l’Institut du cancer de Polynésie française. Et dans le processus de prise en charge d’un patient, l’anatomopathologie constitue une étape indispensable dans le parcours de soins. À partir de biopsies, pièces opératoires ou frottis, le médecin pathologiste détermine s’il s’agit d’une lésion bénigne ou cancéreuse, en précise le type et identifie parfois des marqueurs orientant le traitement.
Depuis janvier 2026, le laboratoire a déjà réceptionné 1 313 frottis et réalisé 34 examens d’histologie localement. “C’est 12 000 à 15 000 frottis par an qui seront traités ici”, souligne Astrid Schill.
Concrètement, lorsqu’un frottis est réalisé chez un gynécologue ou en clinique, les prélèvements sont directement transmis à l’ICPF. À leur arrivée, chaque échantillon est enregistré et identifié par QR code, garantissant une traçabilité totale.
Dans la première salle après l’accueil, celle de l’examen macroscopique, la chaîne s’enclenche. Blouse blanche et gants aux mains, Florian Spinosa, technicien macroscopique déballe et identifie les prélèvements pathologiques sur sa table macroscopique. “Il analyse les organes, mesure, pèse et regarde les couleurs pour prévenir de certaines maladies, voir l’origine de certaines pathologies et donner une évolution de la tumeur”, commente le médecin pathologiste Pierre Melard.
Les prélèvements sont ensuite fixés, déshydratés, inclus en paraffine, coupés au microtome en fines lamelles de quatre microns, colorés grâce à des automates spécialisés, puis analysés au microscope. Des examens complémentaires peuvent être réalisés : immunohistochimie, colorations spécifiques, tests du Papillomavirus ou examens extemporanés en urgence pendant une intervention chirurgicale – avec un diagnostic rendu en environ 20 minutes pour guider immédiatement le geste du chirurgien.
À l’issue de l’analyse, le pathologiste établit un compte rendu transmis au médecin prescripteur, qui pourra proposer un traitement adapté à chaque patient.
Le patient reçoit désormais ses résultats en quelques jours seulement. Pour un frottis, il faut compter environ deux jours. Avant l’ouverture de ce laboratoire de l’ICPF, les prélèvements étaient envoyés en métropole, impliquant des délais pouvant aller de trois à quatre semaines. Une attente souvent vécue comme interminable par les patients.
“On va essayer de former sur place”
Mais Florian Spinosa n’est pas le seul à travailler au laboratoire de l’ICPF. Ils sont une dizaine à y collaborer. “C’est une reprise progressive avec des postes très convoités. Il faut un DU et la formation n'existe qu’en hexagone. Pour un professionnel, il faut accepter de se déplacer ici”, explique Astrid Schill. Pour pallier le problème ? “On va essayer de former sur place”, indique-t-elle. Plusieurs postes devraient être à pourvoir dans les prochains mois.
L’objectif qui préside à la création de ce nouveau laboratoire est de favoriser l’autonomie diagnostique du territoire en structurant durablement une expertise locale. “C’est un labo tourné vers l’avenir”, souligne Astrid Schill. Dans la continuité de son ouverture, l’Institut déploiera prochainement un scanner de lames et un système de gestion d’images.
À l’issue de l’analyse, le pathologiste établit un compte rendu transmis au médecin prescripteur, qui pourra proposer un traitement adapté à chaque patient.
Le patient reçoit désormais ses résultats en quelques jours seulement. Pour un frottis, il faut compter environ deux jours. Avant l’ouverture de ce laboratoire de l’ICPF, les prélèvements étaient envoyés en métropole, impliquant des délais pouvant aller de trois à quatre semaines. Une attente souvent vécue comme interminable par les patients.
“On va essayer de former sur place”
Mais Florian Spinosa n’est pas le seul à travailler au laboratoire de l’ICPF. Ils sont une dizaine à y collaborer. “C’est une reprise progressive avec des postes très convoités. Il faut un DU et la formation n'existe qu’en hexagone. Pour un professionnel, il faut accepter de se déplacer ici”, explique Astrid Schill. Pour pallier le problème ? “On va essayer de former sur place”, indique-t-elle. Plusieurs postes devraient être à pourvoir dans les prochains mois.
L’objectif qui préside à la création de ce nouveau laboratoire est de favoriser l’autonomie diagnostique du territoire en structurant durablement une expertise locale. “C’est un labo tourné vers l’avenir”, souligne Astrid Schill. Dans la continuité de son ouverture, l’Institut déploiera prochainement un scanner de lames et un système de gestion d’images.
Ce nouveau scanner permettra de numériser les lames histologiques en haute définition. Les images pourront être partagées de manière sécurisée à distance, facilitant les avis d’experts, accélérant les échanges pluridisciplinaires et réduisant encore les délais de diagnostic.
Le projet global représente un investissement de 931 millions de francs depuis 2022 :175 millions pour les études et travaux de traitement du plomb, 392 millions pour les travaux, 364 millions pour les équipements. Le financement est assuré à 100 % par le Pays, avec le soutien de l’État pour les équipements.
Pour concevoir le laboratoire, les équipes ne sont pas parties d’une page blanche. “On a fait des visites au centre Bergonié de Bordeaux. On nous a beaucoup conseillé. C’était le lieu idéal avec la proximité des cliniques et cabinets privés”, détaille la responsable des projets structurants de l’ICPF. Aussi, ce nouveau laboratoire est-il le fruit d’un “juste mix” entre ce qui était faisable en Polynésie et les meilleures pratiques observées dans l’Hexagone.
Le projet global représente un investissement de 931 millions de francs depuis 2022 :175 millions pour les études et travaux de traitement du plomb, 392 millions pour les travaux, 364 millions pour les équipements. Le financement est assuré à 100 % par le Pays, avec le soutien de l’État pour les équipements.
Pour concevoir le laboratoire, les équipes ne sont pas parties d’une page blanche. “On a fait des visites au centre Bergonié de Bordeaux. On nous a beaucoup conseillé. C’était le lieu idéal avec la proximité des cliniques et cabinets privés”, détaille la responsable des projets structurants de l’ICPF. Aussi, ce nouveau laboratoire est-il le fruit d’un “juste mix” entre ce qui était faisable en Polynésie et les meilleures pratiques observées dans l’Hexagone.
































