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Le Dr Henschel, témoin de l'extinction des lions de régions entières d'Afrique



LIBREVILLE, 15 mars 2014 (AFP) - Spécialiste des grands fauves, le zoologiste allemand Philipp Henschel, 38 ans, suit les lions à la trace à travers tout le grand Ouest africain, où leur survie est aujourd'hui en péril.

Installé au Gabon depuis 15 ans, ce chercheur de l'ONG américaine Panthera passe le plus clair de son temps à barouder entre savane et forêt pour compter les lions dans des zones "pratiquement abandonnées" des autres spécialistes.

Sa dernière enquête, sur six ans, l'a mené du Sénégal au Nigeria. Les résultats, publiés en janvier dans la revue scientifique Plos One, ont été "un vrai choc", confie ce passionné, qui rêvait d'avoir un puma à la maison dès l'âge de 11 ans.

Contre toute attente, à peine 400 lions, dont 250 adultes en âge de se reproduire, vivent encore en Afrique de l'Ouest, où on les comptait par milliers il y a 20 ou 30 ans.

Le Dr Henschel et son équipe ont parcouru des milliers de kilomètres en brousse, le plus souvent à pied, confrontés en chemin aux mêmes menaces que les lions.

En 2010 dans le nord de la Côte d'Ivoire, le chercheur a dû négocier avec les rebelles hostiles au pouvoir du président Laurent Gbagbo pour entrer dans le parc national de la Comoé, le plus grand d'Afrique de l'Ouest. "Aucun garde forestier n'avait pu y pénétrer depuis le début de la crise. C'était trop dangereux. Les rebelles ont fini par nous escorter", raconte le chercheur amusé.

Mais le "gros problème", assure-t-il, "c'est surtout les braconniers. Ils nous ont menacé avec leurs fusils à plusieurs reprises, en nous visant".

L'équipe piste les proies dont les lions se nourrissent habituellement et à l'aide de cartes satellitaires, repère les points d'eau susceptibles de les abreuver.

Au bout du compte, la déception est cruelle. Dans cet immense parc de 10.000 kilomètres carrés, pas une seule trace de lion n'est finalement détectée.

Quelque 90% des bêtes comptabilisées par Henschel et ses collègues vivent dans la réserve de W-Arly-Pendjari, à la frontière du Bénin, du Burkina Faso et du Niger.

Sur les 35.000 lions d'Afrique, très peu, 1%, vivent dans l'ouest du continent.

"Les lions d'Afrique de l'Ouest ont des séquences génétiques uniques qu'on ne trouve nulle part ailleurs, y compris dans les zoos ou en captivité", explique Christine Breitenmoser, de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), estimant qu'il y a "urgence".

- 'Ils valent plus morts que vivants' -

L'obstiné Henschel prépare déjà ses prochaines tribulations en Afrique centrale où subsistent des fauves, notamment en Centrafrique.

La cause semble perdue au Gabon et au Congo Brazzaville, après deux missions dans les grandes savanes des plateaux Batéké, à cheval sur les deux pays, où l'un des derniers lions a été abattu en 1995.

"Les habitants affirmaient en avoir aperçu depuis, j'ai voulu vérifier la légende", explique M. Henschel. Sur les images des "caméras piège" posées par le chercheur, "il y avait quelques panthères, des chimpanzés... Mais on a capturé plus de chasseurs que d'animaux!", dit-il, un brin ironique.

"Pendant la guerre civile au Congo (1997-2002), les gens n'avaient rien à manger, donc ils traversaient la frontière pour chasser et ils ont tout rasé au Gabon", explique-t-il.

Le braconnage du gibier (antilopes, buffles...) explique en grande partie la disparition des lions, qui se retrouvent privés de nourriture, quand ils ne sont pas eux-même tués par les fermiers protégeant leur bétail.

A cela s'ajoute la concurrence que leur livrent les humains pour la terre dans l'Ouest: la savane, terre de chasse privilégiée des carnivores, ne cesse de reculer au profit des cultures vivrières ou industrielles comme le coton.

"Contrairement à des pays comme le Kenya ou la Tanzanie, les lions ne génèrent pas vraiment de revenus touristiques en Afrique de l'Ouest. Ils valent plus morts que vivants", regrette M. Henschel.

Sur les marchés d'Abidjan, la peau du lion se vend autour de 500.000 francs CFA (760 euros), assure-t-il.

Le scientifique espère désormais convaincre l'UICN de classer le lion d'Afrique de l'Ouest sur sa liste rouge, ce qui signifie "en danger critique d'extinction". Avant qu'il ne soit trop tard.

cl/mba/sba

Rédigé par () le Vendredi 14 Mars 2014 à 21:52 | Lu 386 fois





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