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La voix du Pacifique portée au Kenya


Tahiti, le 1er juillet 2026 - Devant les délégations internationales réunies à Mombasa (Kenya) pour la 11e édition de la conférence Our Ocean, rendez-vous de référence sur les enjeux océaniques, le ministre des Ressources marines, Taivini Teai, a mis en avant le modèle polynésien de protection de l'océan et porté un message clair : les peuples qui protègent l’océan doivent aussi être entendus dans les décisions internationales qui le concernent.
 
Taivini Teai est intervenu lors de la première séance plénière de la conférence Our Ocean, organisée au Kenya, consacrée à l’objectif international de protection de 30 % de l’océan d’ici 2030 (objectif 30x30) et à la protection de la haute mer. À cette occasion, il a présenté les avancées de la Polynésie française dans la mise en œuvre de Tainui Atea, vaste aire marine protégée (AMP) couvrant l’ensemble de l’espace maritime polynésien.
 
Devant plus de 5 000 délégués issus du monde entier, le ministre a rappelé l’adoption de nouvelles mesures de protection aux Marquises et aux Australes, avec plus de 27 000 km² de zones protégées supplémentaires, la protection de dizaines de monts sous-marins et l’engagement de créer près de 520 000 km² d’espaces supplémentaires sous protection stricte.
 
À terme, ces mesures permettront de porter à environ 1,4 million de km² la superficie placée sous protection stricte, soit près de 30 % de l’espace maritime polynésien, conformément à l'objectif fixé par le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
 
La Polynésie française a aussi présenté la singularité de son modèle de protection de l’océan, construit avec les populations, les communes, les pêcheurs – même si une partie de ces derniers conteste, avec le Tavini, la mise en place de cette AMP –, les associations, les scientifiques et les détenteurs des savoirs traditionnels. Une méthode également visible dans la composition même de la délégation polynésienne. Aux côtés du ministre, étaient en effet présents les maires de Ua Pou et Tubuai, et des représentants des comités locaux de gestion, des associations et de la société civile.
 
Au-delà de ses propres engagements, la Polynésie française a appelé à renforcer la protection de la haute mer, à mieux préserver les corridors écologiques reliant les grandes aires marines protégées du Pacifique et à rendre plus effective l’application du principe pollueur-payeur. Le ministre a également rappelé que les territoires insulaires qui consacrent une part importante de leurs espaces marins à la conservation doivent être davantage associés et soutenus dans la gouvernance internationale de l’océan.
 
Aux côtés des ministres et représentants de la Jamaïque, du Mozambique, de la Namibie, de Palau, de l’Afrique du Sud, de la France, de l’Allemagne et de l’Irlande, ainsi que de nombreuses organisations engagées dans la conservation marine, la Polynésie a plaidé pour que la gouvernance de l’océan accorde une place centrale aux peuples autochtones et aux communautés locales, à la qualité de la gestion des espaces protégés, au financement durable de la conservation et à la protection de la haute mer.
 
En marge des séances officielles, le ministre a multiplié les rencontres bilatérales avec l'ancien Secrétaire d'État américain John Kerry, la délégation chilienne, dont le réseau d'aires marines protégées ouvre des perspectives pour une future Ceinture Bleue du Pacifique, les Seychelles, confrontées comme la Polynésie aux dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants, et les Comores, engagées dans le même objectif de protection de 30 % de leur espace maritime. Il a également engagé un dialogue avec des représentants māori, hawaiiens et rapanui pour explorer la constitution d'un réseau des grandes aires marines protégées portées par les peuples polynésiens.
 
Ces échanges s'inscrivent dans la promotion de la Déclaration de Matavai, adoptée le 8 juin 2026 à Tahiti, qui porte notamment l'interdiction des DCP dérivants et le financement durable des services environnementaux rendus par les territoires qui protègent l'océan pour l'ensemble de l'humanité.

Rédigé par D'après communiqué le Mercredi 1 Juillet 2026 à 19:13 | Lu 178 fois