Tahiti Infos

La santé à bout, le port sous verrous


Tahiti, le 20 octobre 2026 - Forte participation ce mardi pour les débuts des mouvements sociaux au Port autonome et dans la Santé. À Papeete, si les conteneurs sont déchargés, les commandes ne peuvent pas être récupérées. Dans les hôpitaux, c’est un service minimum qui a été mis en place pour une profession à bout de souffle.   
 
La grève des acconiers a débuté ce mardi et les dockers étaient nombreux, non pas sur le quai du terminal du commerce international mais à l’extérieur. “C'est vrai que nous sommes bien représentés là-bas et il y a eu une participation quasiment unanime de l'ensemble des salariés”, a assuré le patron de la CSTP-FO, Patrick Galenon.  
 
Ce dernier rappelle que lorsqu’ils ont entamé les négociations salariales avec les trois acconiers, ne sachant pas “à quelle sauce ils allaient être mangés car ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient répondre à nos prétentions”, le syndicat est allé négocier avec le Pays.  

20 ans au lieu de 15 pour l’autorisation

Lors des négociations avec le Pays, la CSTP-FO a réussi à avoir “quelques petites avancées”, souligne le secrétaire général du syndicat, notamment “la conservation de l’emploi local puisque la durée des autorisations (d’outillage privé (AOP) avec obligation de service public, NDLR) a été ramenée à 20 ans au lieu de 15 et cela nous rassure”, dit-il.  
 
Pour montrer au Pays que les dockers sont de bonne foi, le numéro1 de la CSTP-FO indique que les conteneurs ont été descendus du bateau pour éviter qu’il ne reparte avec ces derniers à son bord et qu’il ne revienne ensuite au Fenua, ce qui entrainerait des surcoûts pour les importateurs. “Nous avons décidé de débarquer les conteneurs mais ils ne sortent pas parce que nous voulons justement avoir des confirmations sur nos autres revendications”. 
 
Rappelons d’ailleurs qu’il y a un “gentleman agreement” qui lie les dockers aux trois acconiers et ce depuis quarante ans. Lorsqu’ils sont en grève, seuls les denrées périssables et les produits pharmaceutiques sont débarqués et sortent de la zone sous douane.  
 
Le secrétaire général de la CSTP-FO est clair : “On souhaite garder nos acconiers, ils n'ont pas fait d'erreur ou n'ont pas contrevenu au code du travail. Donc on préfère rester avec des gens qu'on connaît depuis longtemps et en qui on a confiance même si on n’est pas toujours d’accord”.  
 
Ce dernier craint tout simplement que si des sociétés internationales ont le marché, elles fassent venir des travailleurs étrangers. 
 
Enfin, concernant le service minimum qui, selon le nouveau cahier des charges des acconiers, devait être assuré, mettant alors à mal le droit de grève, le Pays confirme que le principe de la grève reste un droit constitutionnel et va “clairement spécifier cela”.

La santé anesthésiée

Du côté des établissements de santé, la grève a aussi débuté ce mardi à l’hôpital de Taravao (voir par ailleurs), au CHPF, mais aussi dans les îles. Deux grévistes à Hao étaient recensés, alors qu’une mobilisation massive était constatée dans les hôpitaux de Moorea, Raiatea et Nuku Hiva.
Au centre hospitalier du Taaone, dès 6 heures, les premières banderoles ont été déployées. Rapidement, la direction a communiqué sur la mise en place d’un service minimum avec de nombreuses déprogrammations de rendez-vous médicaux.
 
Dans les murs, c’est tout le personnel médical qui est à bout de souffle, anesthésié par la charge de travail qui s’accumule à mesure que la santé des Polynésiens se dégrade, mais aussi par le manque de personnel et de recrutement sur le long terme.
 
Ce mardi matin, près de 300 personnes avaient débrayé ou se disaient solidaires du mouvement. Un mouvement qui touche tous les établissements liés à la Direction de la santé, et qui devrait être complété prochainement par les fonctionnaires de l’Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) où un préavis de grève a été déposé mardi.
 
Ensemble, ils revendiquent une hausse de 15 % de leurs salaires respectifs au 1er janvier de l’année prochaine, ainsi que l’ouverture de discussions pour faire revenir les médecins au Fenua. Des négociations sur le maintien de l’ancienneté pour ceux qui ont été passés en catégorie A récemment sont aussi en cours.

Vaite Urarii Pambrun et Bertrand Prévost

Préavis de grève à Air Tahiti

Social toujours, les organisations syndicales CSIP, O oe to ‘oe rima et Spencat ont également déposé un préavis de grève le 16 octobre dernier à Air Tahiti, comme l’ont annoncé nos confrères de Radio 1. Si aucun accord n’est trouvé, le mouvement social prendra effet le jeudi 22 octobre à 0 heure, au siège à Faa’a, Motu Tahiri, sur la plateforme de l’aéroport de Tahiti-Faa’a et dans les agences des aéroports desservis par la compagnie rouge et blanche.
 
Les revendications des syndicats sont divisées en cinq “corporations” : les pistards internationaux, les pistards domestiques, les chefs d’équipe, les agents de ménage et le personnel navigant commercial (PNC). Les revendications ciblent notamment des attributions de primes, l’absence ou insuffisance de terminaux de paiement électronique (TPE) dans les îles pour les règlements par carte ou encore l’attribution de casques de communication, de talkie-walkie ou d’imperméables plus étanches.
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 20 Octobre 2026 à 21:05 | Lu 518 fois