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La presse en ligne à l'épreuve des commentaires violents



Internet devait faciliter les échanges entre le lecteur et les médias. Mais avec l'explosion des commentaires violents et haineux, la presse en ligne a de plus en plus tendance à mettre un voile sur ces discussions, en attendant de trouver une meilleure solution.

Le mois dernier, le site internet de Vice a cessé de publier les commentaires de ses internautes, estimant que "la nature incendiaire des commentaires ne fait qu'asphyxier les vraies conversations".

De son côté, le site d'informations The Verge a expliqué en juillet "arrêter les commentaires pour un petit moment", en raison de leur tonalité qui "devient un peu trop agressive et négative".

Ce ne sont pas des cas isolés: le Chicago Sun-Times, The Daily Beast, le site Re/Code ou encore Popular Science, entre autres médias américains, ont décidé de se passer de commentaires.

Et le problème ne concerne pas que les Etats-Unis. La question brûlante, qualifiée par Vox.com de "guerre des flammes", a par exemple forcé le plus grand média en ligne sud-africain, 24.com, à fermer sa section de commentaires, suivi par l'Independent Online.

"Les rédactions souffrent vraiment de ça", analyse pour l'AFP Jennifer Stromer-Galley, professeure d'études de l'information à l'université de Syracuse.

Même si les médias "aiment l'idée du commentaire", "le mauvais côté est que quand les internautes voient beaucoup d'attaques au vitriol, même s'ils n'utilisent pas un mauvais langage, cela les éteint".

"L'inquiétude, résume-t-elle, est qu'au lieu de renforcer la communication, vous perdez des lecteurs".

Pour Arthur Santana, professeur à l'université de Houston (Texas) qui a conduit une étude sur ces commentaires, les rédactions tentent de réagir "face à la recrudescence des incivilités et des attaques ad hominem" et s'inquiètent de leur réputation, effrayés de devenir un lieu de dénigrement public.

- Facebook ou des logiciels comme solution? -

Certaines tentent de s'inspirer d'autres modèles sur internet pour tenter de réguler les "trolls".

L'outil de Facebook, qui vérifie l'identité de l'utilisateur qui commente sur son réseau et requiert l'utilisation de vrais noms, est vu comme une solution par les groupes de médias.

Une étude de l'université américaine de Kent, réalisée en 2013, a mis en évidence qu'en rendant ses utilisateurs "responsables", Facebook rend "moins probable qu'ils s'engagent dans une discussion incivile".

Toutefois, lorsque le Huffington Post a mis fin aux commentaires anonymes sur sa plateforme et a commencé à utiliser le module de Facebook, il a fait face à la colère des internautes.

En créant des obstacles à la libre publication, "vous perdez de nombreux commentateurs", explique David Wolfgang, chercheur en journalisme à l'université du Missouri.

"Si votre média local ne procure pas d'espace pour cette conversation, qui le fera? Cela ne fonctionne pas toujours comme on le souhaite, mais cela ne signifie qu'on doit le jeter", estime-t-il.

Les plus grands médias emploient bien souvent des équipes de modérateurs, chargées d'éviter tout dérapage dans les commentaires. Mais cela ne suffit pas toujours et, faute de budget, tous les médias en ligne ne peuvent se le permettre.

Ils se tournent alors vers la technologie, notamment des logiciels qui promettent de faire le tri automatiquement pour assurer un débat sans violence ni commentaires haineux.

Le Washington Post et le New York Times participent par exemple à un projet lancé par la fondation Knight, qui cherche à créer un logiciel adapté pour les sites d'informations.

Le directeur des projets d'informations digitales pour le Washington Post, Greg Barber, considère que la "civilité est un enjeu pour tous", précisant que son journal reçoit quelque 8 millions de commentaires par an et a du mal à préserver un ton cordial simplement grâce à ses modérateurs.

"Si (des internautes) lisent une discussion raisonnée, ils voudront contribuer d'une manière raisonnée", estime-t-il.

Les responsables du projet sont en contact avec des publications intéressées par le logiciel dans 25 pays. Il devrait être disponible pour des tests en janvier 2016, selon M. Barber.

"Il ne s'agit pas juste d'enlever la boue de nos bottes", insiste-t-il, "mais de trouver et de souligner les contributions qui ont de la valeur.

Rédigé par () le Lundi 9 Novembre 2015 à 09:20 | Lu 270 fois




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