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La nouvelle qualification pour Los Angeles 2028 fait polémique


Le changement majeur est clair : la part des billets olympiques attribués via le Championship Tour de la World Surf League (WSL) est réduite. Pour 2028, seules dix places – cinq hommes et cinq femmes – seront distribuées à travers le circuit professionnel. Et encore, avec une limite stricte d’un athlète par pays et par genre via cette voie. Un virage notable par rapport au cycle précédent, notamment en vue des Jeux olympiques de Paris 2024, où vingt places (dix hommes et dix femmes) étaient attribuées sans restriction par pays. Cette fois, l’ISA rééquilibre le dispositif en donnant davantage de poids au championnat du monde (World Surfing Games) et aux compétitions continentales.
 
Sur le papier, l’objectif affiché est louable : ouvrir le surf olympique à un plus grand nombre de nations et renforcer sa dimension universelle. Le quota maximal par pays passe d’ailleurs à trois surfeurs par genre, toutes voies confondues. Une opportunité pour les fédérations émergentes et pour des continents historiquement moins représentés.
 
Mais cette logique d’expansion mondiale heurte une partie de l’élite. Car réduire le nombre de tickets issus du CT signifie qu’un surfeur classé parmi les meilleurs mondiaux pourrait manquer les Jeux, au profit d’un athlète moins performant, mais qualifié via une autre compétition.
 
La colère gronde sur le Tour
 
Plusieurs figures du circuit ont exprimé leur frustration, à l’image du Brésilien Yago Dora, qui a publiquement pointé les incohérences du calendrier et le risque de voir un champion du monde écarté pour des raisons administratives plus que sportives. “C’est un manque total de respect pour nous. La façon dont l’ISA a mené tout cela est absolument triste pour notre sport et les générations futures de surfeurs.”
 
Même son de cloche du côté d’Erin Brooks, surfeuse sur le CT : “Le surf de haut niveau est défini par la régularité. Le Championship Tour permet cela et le parcours de qualification olympique devrait le prendre en compte.” Le timing de validation des quotas, prévu mi-2028, pourrait en effet créer des situations paradoxales.
 
Dans les grandes nations du surf comme le Brésil, les États-Unis, l’Australie ou la France, la limitation à un seul représentant par pays via le CT pose également problème car que se passera-t-il si trois des cinq meilleurs mondiaux sont issus de la même nation ? Le règlement tranche : un seul billet direct, les autres devront passer par d’autres épreuves, sans garantie de succès.
 
L’ISA assume ce choix stratégique : consolider la place du surf comme discipline olympique globale, et non comme simple vitrine du circuit pro.
 
À deux ans et demi de l’échéance californienne, une certitude s’impose : la qualification olympique est devenue un enjeu majeur du calendrier international. Et pour les surfeurs du Tour, la route vers Los Angeles s’annonce plus étroite, et plus incertaine, que jamais.

Rédigé par Manu Rodor le Lundi 23 Février 2026 à 13:35 | Lu 595 fois