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La lettre d'un fils pendant le siège de Paris en 1870 redécouverte en Australie



Près d'un siècle et demi après s'être envolée dans le ciel de Paris encerclé par les armées prussiennes, la lettre d'un fils à sa mère vient d'être redécouverte par les Archives australiennes, qui s'interrogent sur son étrange destinée.

"Ma bonne mère. Tous les jours j'espère recevoir de tes nouvelles et de celles de la famille mais jusqu'à présent, je n'ai rien vu venir", commence l'auteur de ce témoignage sur le quotidien de la capitale assiegée.

La lettre est écrite à la main par un certain "A" (ou "Ch") Mesnier (Ou "Mesmier") et datée de Paris, le 6 décembre 1870. Son enveloppe mentionne l'adresse de Mme Mesnier (ou "Mesmier") "chez Monsieur Grussin; 8, Place de la Ville, Pont-Audemer", dans l'Eure.

"C'est un élément humain intrigant qui émane d'un grand moment de l'Histoire", a expliqué à l'AFP Louise Doyle, directrice générale adjointe des Archives nationales australiennes.

Transférée en 2001 du Musée de la Poste et du Télégraphe du Queensland (nord-est) aux Archives d'Australie, la lettre a récemment été exhumée dans le cadre d'un projet avec les Archives nationales de France.

"Nous ne savons pas comment elle s'est retrouvée en Australie, et il serait passionnant d'en savoir davantage. Si certaines personnes la voient, il serait intéressant d'avoir des éléments de contexte sur ce courrier" arrivé selon elle à Pont-Audemer le 16 décembre 1870.

Cela fait alors deux mois que Paris est encerclé par les armées prussiennes et leurs alliés, qui ont déferlé sur le nord de la France après la capitulation de Sedan qui a provoqué la chute de Napoléon III et la proclamation de la IIIe République.

Les "ballons montés", gonflés au gaz, sont avec les pigeons voyageurs le seul moyen pour les Parisiens de donner des nouvelles à l'extérieur.

 

- enthousiasme -

 

Mesnier, lui, tient à rassurer sa mère. Sa missive tient sur un seul feuillet jauni de 20 cm sur 13, rayé d'une cinquantaine de lignes aussi serrées que régulières et plusieurs fois plié pour entrer dans une petite enveloppe qui présente un timbre, un cachet de la Poste et la mention "par ballon monté".

"Jusqu'à présent, le siège n'a en aucune façon influé sur l'état de notre santé", assure-t-il. "Nous n'avons pas de viande tous les jours et quand on nous en délivre ce n'est pas en grande quantité mais on se fait facilement à un pareil état de choses."

Un témoignage qui contraste avec la réalité historique d'un hiver particulièrement rude, d'une famine qui poussa les plus pauvres à manger du chat, du chien et des rats, et les plus riches à acheter la viande des animaux sacrifiés du Jardin des Plantes.

"Le désir de repousser les Prussiens est aujourd'hui l'unique pensée de Paris. On souffrira tout plutôt que de leur ouvrir les portes de la capitale."

L'enthousiasme de Mesnier est total quand il évoque 100.000 hommes de 21 à 31 ans "prêts à faire le coup de feu" au sein de la garde nationale.

Il explique que sa mauvaise vue l'a empêché de rejoindre un de ces bataillons, mais raconte ses factions au rempart, un service qui "n'est pas des plus difficiles" car il se borne à "deux ou trois heures (...) tous les huit ou dix jours".

Il cite toutefois "de véritables batailles autour de Paris" entre le 29 novembre et le 1er décembre. "Croirais-tu que depuis le siège je n'ai pas encore vu le bout du nez d'un Prussien?"

Mesnier célèbre une capitale "unie" où, "chaque jour, la politique exagérée de certains agitateurs perd du terrain". Il affirme que le "club fameux de Belleville", bastion du socialisme ouvrier, a renoncé à "attaquer les actes du gouvernement".

Il évoque la "désillusion" qui gagne les Prussiens, les canons saisis et le millier de prisonniers faits chez l'ennemi: "Nous pourrons ne pas réussir toutes nos attaques mais j'ai la ferme conviction, ma bonne mère, que le succès définitif sera pour notre cause de justice".

Son enthousiasme sera cependant douché: après une intense campagne de bombardement, le gouvernement de défense nationale signera en janvier l'armistice et la Commune de Paris prospérera sur un contexte social beaucoup plus tendu que ne le décrit Mesnier.

Avec AFP


Rédigé par RB le Mardi 16 Février 2016 à 05:50 | Lu 2786 fois






1.Posté par Lecaillon, Jean-François le 22/02/2016 06:45 | Alerter
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bonjour,

je découvre votre article et la curiosité que vous manifestez à propos de cette lettre. Son odyssée jusqu'en Australie est assez étonnante, en effet ; pour le reste, sur la foi des passages que vous citez, cette lettre est assez "classique". L'optimisme et le souci de ne pas inquiéter les proches étaient fréquents. Si vous souhaitez plus d'informations, vous pouvez me contacter. En tant que spécialiste de la guerre de 1870 et des récits de témoins, je peux éventuellement vous aider.
Pour plus d'informations sur mes publications : http://mapage.noos.fr/jflecaillon/Pages/publications.htm
Cordialement
J-F Lecaillon

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