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"La légende du ‘uru", le nouveau fruit de Nonahere



Matani Kainuku, à la tête de l'association Nonahere, et Martin Coeroli, le directeur par intérim de la Maison de la culture, ont coréalisé le spectacle "Te 'uru" qui faire revivre la légende du fruit de l'arbre à pain.
Matani Kainuku, à la tête de l'association Nonahere, et Martin Coeroli, le directeur par intérim de la Maison de la culture, ont coréalisé le spectacle "Te 'uru" qui faire revivre la légende du fruit de l'arbre à pain.
PAPEETE, le 1er mars 2016 - L’association Nonahere, en coréalisation avec la Maison de la culture, présentera son nouveau spectacle "Te 'uru", demain, au Grand théâtre. Lors de cette représentation unique, Matani Kainuku et ses élèves vous raconteront l'histoire légendaire de la naissance du fruit de l'arbre à pain.


C'est une légende fortement ancrée dans la culture polynésienne qu'a choisie l'association Nonahere pour son prochain spectacle, "Te 'uru". "C'est l'histoire du sacrifice d'un père pour sauver sa famille, en proie à la famine, explique Matani Kainuku. L'objectif est de commémorer cette légende et de s'approprier les gestes culturels de notre patrimoine. Il y a aussi l'omniprésence de l'au-delà, avec cette transformation divine." En effet, le patriarche va prendre l'apparence d'un arbre à pain : le fruit est sa tête, les feuilles sont ses mains, le tronc représente son corps et les racines correspondent à ses pieds. D'ailleurs, l'affiche symbolise parfaitement cette métamorphose ; elle a été réalisée par Sven et Vaite, respectivement tatoueur et infographiste, couple à la ville et danseurs de Hei Tahiti.

Matani Kainuku s'est dit satisfait de l'aide de la Maison de la culture : "Ce projet artistique et culturel obtient un souffle en étant joué dans une vraie salle. Il ne s'agit pas d'un spectacle comme on peut le voir lors du Heiva par exemple, mais d'un gala de danse. Nous suivons une thématique – et non une chronologie – en deux actes, rythmés par différents pas de danse : 'ōte'a, 'aparima (type mehura) et même des pāta'u. Il y en aura en outre un 'orero interprété par les élèves." Chargé de la composition mélodique, Matani Kainuku présentera quatre créations musicales, dont l’adaptation d’un poème de Turo Raapoto, "Te 'uru".

SUR SCÈNE, 140 ARTISTES DE 3 À 65 ANS

L’association Nonahere regroupe 140 artistes, âgés de 3 à 65 ans, et répartis entre l’école de danse (90 élèves) et le groupe de danse (50 personnes). Matani Kainuku, conseiller pédagogique adjoint à l'inspection nationale et médiateur culturel, précise : "Le groupe des Jeunes Manuia devait être présent également, mais pour des raisons de transport, ses membres n'ont pas pu assister aux répétitions. Notre association aide en effet une quarantaine de décrocheurs scolaires issus de milieux défavorisés. Mais ils s'accrochent à leur culture ! Ils ont un talent musical remarquable et font preuve d'une belle expression corporelle. Ils monteront sur scène avec nous lors du Heiva des écoles."

Martin Coeroli, le directeur par intérim de Te Fare Tauhiti Nui, s'est réjoui de cette collaboration : "Nous sommes ravis de coréaliser ce projet, notre rôle est de défendre le patrimoine polynésien, et c'est l'une des plus belles légendes, qui exprime amour, générosité et compassion." Et d'ajouter : "C'est le fruit de l'abondance et nous sommes en pleine saison de fructification. Les Polynésiens ont su croiser plusieurs variétés et développer des espèces différentes qui ont des fonctions précises pour le tapa, le bois, la médecine… C'est aussi un aliment hautement nutritif et diététique." Rendez-vous donc demain au Grand théâtre pour vibrer aux côtés de Nonahere. Une bonne entrée en matière, puisque le festival consacré au 'uru et aux cultures vivrières est programmé juste quelques jours après, du 17 au 19 mars.

L'affiche, réalisée par Sven et Vaite, symbolise parfaitement la transformation divine du patriarche qui se sacrifie pour sauver sa famille.
L'affiche, réalisée par Sven et Vaite, symbolise parfaitement la transformation divine du patriarche qui se sacrifie pour sauver sa famille.
L'histoire


Il y a fort longtemps, la famille de Rua-ta’ata et Rumau-ari’i habitait dans la plus grande vallée de Mahina. Ils se nourrissaient des produits de leur chasse et de l’agriculture. Un jour, la famine s’installa, les animaux se faisaient rares, les fruits et légumes ne poussaient plus. Ils se lamentaient sur le sort de leurs quatre enfants affamés qui étaient contraints de manger de la terre rouge et les conduisirent à une caverne dans la montagne pour y manger des fougères. Un soir, Rua-ta’ata dit à son épouse : "O Rumau-ari’i, lorsque tu t’éveilleras et que tu sortiras de la caverne, tu trouveras un grand arbre ; le tronc et ses branches seront mon corps et mes jambes, les feuilles sont devenues mes mains, le fruit rond que sera mon crâne et le cœur du fruit sera ma langue. Fais cuire le fruit, laisse-le tremper dans l’eau, puis enlève la peau en le battant et manges-en, puis donnes-en à nos enfants ; ainsi vous n’aurez plus faim." Puis Rua-ta’ata partit laissant sa femme dans la grotte avec les enfants. Le lendemain, Rumau-ari’i se leva de bonne heure et constata que l’entrée de la caverne était ombragée par un arbre splendide, et que des fruits mûrs étaient tombés sur le sol. Elle comprit que la prédiction de son mari était vraie et elle nomma cette petite vallée Tua-uru (Place de l’Arbre à pain). C’est alors qu’elle saisit le sens des paroles de son mari, elle ramassa les fruits tout en pleurant et les fit cuire pour nourrit ses enfants afin de les sauver de la faim.

Infos pratiques

Mercredi 2 mars, à 17h30
Grand théâtre
Billets en vente à la Maison de la culture
Tarifs : 1 500 Fcfp (adultes) ; 1 000 Fcfp (enfants moins de 12 ans)
Contact : 40 54 45 44

Rédigé par Dominique Schmitt le Mardi 1 Mars 2016 à 09:19 | Lu 1882 fois





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