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La journée du patrimoine fête Taputapuatea dans la tradition



La journée du patrimoine fête Taputapuatea dans la tradition
RAIATEA, le 26 juillet 2017 - Une délégation du gouvernement conduite par le président Edouard Fritch, un ambassadeur de l'Unesco, le haut-commissaire René Bidal, de nombreuses autorités culturelles ou encore le maire de Rapa Nui, invité, ont foulé ce mercredi le sol du marae de Taputapuatea pour célébrer le classement du site au patrimoine mondial de l'Unesco.

La dernière cérémonie d'importance pour la défense des intérêts de ce site sacré remontait à janvier 2017, avec la visite du président de la République François Hollande. Le marae de Taputapuatea, le plus vaste de Polynésie, a depuis été classé au patrimoine mondial du paysage culturel par l'Unesco, le 9 juillet dernier, après un combat de plus de dix ans. Une nouvelle délégation, gouvernementale cette fois, et en présence du haut-commissaire René Bidal, du maire de Rapa Nui, d'un ambassadeur de l'Unesco, des élus locaux et de figures du monde culturel polynésien a investi les lieux ce mercredi.

Dans le respect de la tradition, la délégation, après avoir embarqué en bateau à Areva, est sorti du lagon par la passe Iriiru de Faaora pour rejoindre le marae par la passe sacrée de Te Ava Mo'a, partie intégrante du site. Symboliquement autorisé à pénétrer dans le lagon par les rameurs de deux pirogues, les bateaux ont ensuite rejoint la rive avant de gagner le marae, non sans émotion pour certains.

"Nous faisions partie de cette dernière génération de peuplades qui ont peuplé les continents", rappelle Edouard Fritch. "Et la Polynésie, au fin fond du Pacifique, était un peu oubliée avec toutes les tentacules de cette pieuvre qui s'est étalée sur toute la région. On parle souvent du triangle polynésien, c'est effectivement Rapa Nui, c'est Hawaii, c'est la Nouvelle-Zélande. Aujourd'hui, c'est toute cette peuplade qui se voit reconnue par le classement de Taputapuatea à l'Unesco. Nous sommes heureux. Mais je voudrais inviter les autres communautés à participer à cette fête avec nous. Je pense en particulier à nos frères des Samoa, des Cook islands, à tous ceux qui se revendiquent de la souche polynésienne, du maori, du maohi. C'est avec eux que nous partagerons ces moments-là dans quelques temps".

Les invitations sont lancées et une nouvelle cérémonie avec nos voisins du Pacifique devrait être organisée "en septembre ou octobre", selon Richard Tuheiava, représentant à l'assemblée de la Polynésie française et l'un de ceux qui a activement porté le projet. La pose de la plaque officielle de l'Unesco identifiant le site classé devrait avoir lieu à cette occasion.

Perspectives sociales et économiques

L'avenir du site ? "Nous serons regardés, l'Unesco veillera à ce que nous tenions nos engagements, l'entretien du site, réguler l'arrivée des gens, des touristes", poursuit Edouard Fritch. "La zone va être protégée et nous ne pourrons pas construire des immeubles de quinze étages. Il va falloir s'organiser autour de cela. Le plus important, c'est que nous mettions tous les moyens, du Pays, de l'Etat de la commune pour que l'histoire de ce site se perpétue et que nos enfants en profitent demain".

Pour le maire de Taputapuatea, Thomas Moutame, les perspectives sociales et économiques qu'offrent ce classement au patrimoine mondial de l'humanité sont autant de raisons de se réjouir mais annonciatrices d'un gros travail d'organisation : "Cette inscription, ce n'est pas uniquement pour notre petit noyau, ici, à Taputapuatea. C'est pour toute la Polynésie. Mon objectif en tant que maire, c'est le développement économique. Il y a plus de 146 pays qui se sont présentés le jour de la commission à Cracovie. A l'occasion de l'ouverture de notre festival Raromatai, plus de 29 000 personnes sont venues regarder notre site internet. Le flux était saturé. C'est aussi la conséquence de cette inscription. En 2016 nous avions reçu 9 000 touristes à Raiatea, aujourd'hui nous en sommes à 19 000. Le travail de développement n'en est qu'à ses débuts. Il va falloir préparer, former les gens à la préservation du site, au guide touristique. Quelqu'un est venu me voir cette semaine pour chercher un terrain pour construire un projet hôtelier de 90 clés. L'intérêt est réel et profitera à toute la Polynésie. C'est comme une chaîne. Avant d'arriver jusqu'à nous, il y a Tahiti, les archipels. Avec des emplois à la clé. Il va falloir accueillir ces visiteurs, les nourrir, leur proposer de l'artisanat. Comme je le dis aux jeunes, il n'y a plus d'emplois dans l'administration, que des remplacements. Si on veut créer de l'emploi, c'est par nous-mêmes, créer des entreprises, des micro-projets et les accompagner".

Le triangle polynésien

"Ce site à symboliquement le même niveau de reconnaissance que les pyramides d'Egypte ou la muraille de Chine", revendique pour sa part Richard Tuheiava. "Il y a aujourd'hui moyen d'aller plus loin", ambitionne déjà l'ancien sénateur, et notamment pour la reconnaissance par la communauté internationale du triangle polynésien dans son ensemble. "Il y a eu des moments de doutes, notamment quand il a fallu décider d'inscrire le site uniquement en tant que bien français, sous la partie de l'Etat, au lieu d'un dossier transnational avec trois ou quatre parties prenantes. Il a fallu faire un deuil et expliquer aux autres communautés que cela allait se faire par la suite, qu'il fallait d'abord atteindre ce statut Unesco par le canal normal. Notre association va maintenant s'atteler pour faire reconnaître la trans-nationalité de ce site, que ce soit avec le parc national des volcans de Hawaii, le parc de Rapa Nui, la Nouvelle-Zélande… En fait c'est le triangle polynésien qu'il faut classer ! Quand on entre dans ce triangle, en Polynésie ou à Hawaii, on entre dans une aire, une civilisation, un seul et même peuple. Les Hawaiiens sont reconnus, les Maoris sont reconnus, les Rarotongiens sont aussi reconnus : quand on a réussi à faire admettre à l'humanité que ce peuple-là est une seule civilisation, je ne vois plus beaucoup d'obstacles, si ce n'est la souveraineté des Nations, à ce que cette partie du monde devienne un site au patrimoine mondial comme d'autres qui sont reconnus pour leur trans-nationalité".

La journée du patrimoine fête Taputapuatea dans la tradition

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Rédigé par Raphaël Pierre le Mercredi 26 Juillet 2017 à 18:51 | Lu 1606 fois






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