Tahiti, le 3 janvier 2026 – La Polynésie française a mieux résisté que prévu au choc des prix mondiaux au troisième trimestre 2025. Portée par la baisse de la facture pétrolière, la demande intérieure et l’investissement, l’économie locale tient le cap. Mais à l’export, le tableau s’assombrit : la chute des prix des perles et du poisson fait reculer les ventes à l’étranger et met en lumière la fragilité structurelle du commerce extérieur du Pays.
Au troisième trimestre 2025, la balance commerciale polynésienne donne l’illusion d’un certain équilibre selon les derniers chiffres publiés par l’Institut de la statistique (ISPF) sur le commerce extérieur. La valeur totale des importations civiles reste quasiment inchangée par rapport à la même période de 2024 (-0,2 %), tandis que les exportations locales reculent nettement (-15 %). Mais cette photographie globale dissimule des mouvements profonds, révélateurs des tensions et des mutations à l’œuvre dans l’économie locale.
Premier enseignement majeur, la stabilité des importations tient presque exclusivement à l’effondrement de la facture énergétique. Les importations de produits pétroliers chutent de 53 % en valeur et de 40 % en volume sur un an, sous l’effet conjugué de la baisse des cours mondiaux et d’un prix moyen au kilo en recul de 22 %. Sans cette composante, la valeur des importations civiles serait clairement orientée à la hausse. Hors produits énergétiques, toutes les grandes catégories progressent.
Cette dynamique traduit une économie intérieure loin d’être atone. Les importations à destination des entreprises augmentent de 12 %, tirées par un bond de 24 % des biens d’équipement. Un signal fort en faveur de l’investissement productif, même si, hors importations exceptionnelles, la tendance apparaît plus modérée. Les ménages, eux aussi, consomment davantage : leurs importations progressent de 9 %, notamment dans l’agroalimentaire, en hausse de 14 % en valeur. Sur neuf mois, la demande intérieure confirme ainsi une trajectoire ascendante.
Perles et poissons : les piliers de l’export à l’épreuve des prix
À l’inverse, le front des exportations locales se fissure. La baisse de 15 % enregistrée au troisième trimestre est principalement imputable aux perles de culture brutes, dont la valeur recule de 19 % malgré des volumes en hausse. Le problème est clairement celui des prix, en chute de 28 % sur un an. Même constat pour le poisson, dont les exportations plongent de 30 % en valeur, pénalisées par un prix moyen en baisse de 19 %. La forte dépendance au marché américain, qui concentre plus des trois quarts des ventes de poissons, accentue cette vulnérabilité.
Tout n’est pas sombre pour autant. Certaines filières tirent leur épingle du jeu. L’huile de coprah double sa valeur exportée, portée par une envolée des prix, tandis que le noni affiche une progression annuelle en cumul. Mais ces performances restent insuffisantes pour compenser le recul des deux piliers historiques que sont la perle et la pêche.
En cumul depuis janvier, les exportations locales demeurent en hausse de près de 10 %, preuve que le décrochage est récent. Reste que le troisième trimestre agit comme un signal d’alerte. Si la Polynésie française bénéficie actuellement d’un répit sur sa facture énergétique et d’un regain de consommation et d’investissement, sa dépendance à quelques produits d’exportation exposés aux aléas des marchés internationaux demeure entière. Une fragilité structurelle que la conjoncture 2025 remet crûment en lumière.
Au troisième trimestre 2025, la balance commerciale polynésienne donne l’illusion d’un certain équilibre selon les derniers chiffres publiés par l’Institut de la statistique (ISPF) sur le commerce extérieur. La valeur totale des importations civiles reste quasiment inchangée par rapport à la même période de 2024 (-0,2 %), tandis que les exportations locales reculent nettement (-15 %). Mais cette photographie globale dissimule des mouvements profonds, révélateurs des tensions et des mutations à l’œuvre dans l’économie locale.
Premier enseignement majeur, la stabilité des importations tient presque exclusivement à l’effondrement de la facture énergétique. Les importations de produits pétroliers chutent de 53 % en valeur et de 40 % en volume sur un an, sous l’effet conjugué de la baisse des cours mondiaux et d’un prix moyen au kilo en recul de 22 %. Sans cette composante, la valeur des importations civiles serait clairement orientée à la hausse. Hors produits énergétiques, toutes les grandes catégories progressent.
Cette dynamique traduit une économie intérieure loin d’être atone. Les importations à destination des entreprises augmentent de 12 %, tirées par un bond de 24 % des biens d’équipement. Un signal fort en faveur de l’investissement productif, même si, hors importations exceptionnelles, la tendance apparaît plus modérée. Les ménages, eux aussi, consomment davantage : leurs importations progressent de 9 %, notamment dans l’agroalimentaire, en hausse de 14 % en valeur. Sur neuf mois, la demande intérieure confirme ainsi une trajectoire ascendante.
Perles et poissons : les piliers de l’export à l’épreuve des prix
À l’inverse, le front des exportations locales se fissure. La baisse de 15 % enregistrée au troisième trimestre est principalement imputable aux perles de culture brutes, dont la valeur recule de 19 % malgré des volumes en hausse. Le problème est clairement celui des prix, en chute de 28 % sur un an. Même constat pour le poisson, dont les exportations plongent de 30 % en valeur, pénalisées par un prix moyen en baisse de 19 %. La forte dépendance au marché américain, qui concentre plus des trois quarts des ventes de poissons, accentue cette vulnérabilité.
Tout n’est pas sombre pour autant. Certaines filières tirent leur épingle du jeu. L’huile de coprah double sa valeur exportée, portée par une envolée des prix, tandis que le noni affiche une progression annuelle en cumul. Mais ces performances restent insuffisantes pour compenser le recul des deux piliers historiques que sont la perle et la pêche.
En cumul depuis janvier, les exportations locales demeurent en hausse de près de 10 %, preuve que le décrochage est récent. Reste que le troisième trimestre agit comme un signal d’alerte. Si la Polynésie française bénéficie actuellement d’un répit sur sa facture énergétique et d’un regain de consommation et d’investissement, sa dépendance à quelques produits d’exportation exposés aux aléas des marchés internationaux demeure entière. Une fragilité structurelle que la conjoncture 2025 remet crûment en lumière.


























