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La Polynésie passionne au salon de la plongée de Paris


Paris, le 11 janvier 2026 - Le vingt-septième salon de la plongée sous-marine vient de fermer ses portes et vu l’affluence importante du public, Hélène de Tayrac, la patronne emblématique de la manifestation, n’a pu que se réjouir du grand succès de cet événement international. Pour sa part, et selon l’habitude, la Polynésie française a été très présente et pas seulement sur son superbe stand. 

 

Tahiti Tourisme était en force avec une quinzaine de clubs de plongée, ainsi que des prestataires pour la partie aérienne ou du voyage des adeptes du grand bleu. Fidèles historiques ou récents au salon, les clubs ont bien vécu 2025 et ils s’attendent majoritairement pour une bonne 2026. À noter : l’attrait de certains visiteurs pour Maupiti ! Cette île “comme autrefois” séduit de plus en plus. Les autorités polynésiennes doivent donc en tenir compte, afin d’éviter la surpopulation touristique sur terre comme sur mer et préserver le côté paisible de ce bijou. Pour Teddy Gabryelczyk et Jérôme Esselin (responsables du club Maupiti diving, le seul de l’île) l’afflux des visiteurs à leur comptoir a été significatif. 

Elles ont fait salle pleine lors de leur conférence. “La petite histoire des grands dauphins de Rangiroa” qu’ont animée Pamela Carzon et Marie Cholley-Gomez, deux chercheuses qui ont observé dans la passe de Tiputa le comportement des cétacés face aux palanquées de ces plongeurs, curieux de leurs ébats sous-marins. La diminution du nombre d’individus (plus que 25) est un signe important qui montre en partie la gêne ainsi causée pas seulement par les plongeurs (dauphins blessés par les hélices des bateaux, bruit, pollution, etc.). 

Plus loin, dans l’immense hall, Laurent Ballesta (célèbre pour son documentaire sur les requins de Fakarava) exposait ses photos sous-marines réalisées depuis une quinzaine d’années. Il les a réunies dans un livre qui vient de sortir : “Loin du ciel”. Il les présentait également en vidéo.  

Et puis, au détour d’une allée, c’est François Sarano, lui aussi célèbre océanographe (il fit partie de l’équipe Cousteau) qui confirme, parmi les centaines de “spots” qu’il a fréquentés, que la Polynésie lui est toujours très chère. “Je crois que j’ai fait tous les archipels et j’ai même plongé au-dessus du ‘point chaud’ du Mac Donald ! Cela a été magnifique !” se réjouit-il avant de s’installer pour une séance de dédicace de son dernier livre : “Justice pour l’étoile de mer”.  

Ce salon de la plongée est avant tout un salon de passionnés et pour en augmenter le nombre, il y a le grand bassin où petits et grands peuvent être initiés gratuitement à cette activité sous-marine (apnée, bouteilles, tuba et même tir sur cible entre deux démonstrations de déminage par les plongeurs de la Marine nationale : un vrai plaisir, sans compter les stands de nombreux pays étrangers et ultramarins. On comprend alors le succès. 

 


Pamela Carzon, docteure en biologie  

“Cela fait dix-huit ans que je travaille sur les mammifères marins en Polynésie française, notamment sur les grands dauphins à Rangiroa à la passe de Tiputa. J’ai fait ma thèse en éthologie sur le comportement animal, notamment de ces dauphins et leur réponse comportementale face au tourisme de plongée sous-marine. Je me suis consacrée au comportement des dauphins, tandis que Marie travaillait sur le comportement humain.” 


Marie Cholley-Gomez, chercheuse en psychologie  

Au sein de l’association Dauphins de Rangiroa, la chercheuse s’est consacrée à l’étude de l’humain face au dauphin. On aime cet animal, on le prend parfois pour un nounours tout en ne comprenant pas ses attitudes d’affection ou de rejet. “À la base, je ne suis pas du milieu marin. J’ai fait une thèse en psychologie sociale et je travaille dans le domaine de la santé publique. J’aimerais aussi y intégrer les questions animales et environnementales. Par ailleurs, étant plongeuse scientifique, j’ai pu aller en mission en Polynésie française et travailler avec Pamela et l’association. À la suite de ce séjour, j’ai voulu compléter avec le point de vue d’éthologue et le point de vue du plongeur : quels sont les motifs, les imaginaires, les pratiques, etc.” 


Laurent Ballesta, biologiste et photographe sous-marin :  

Tout en confirmant qu’il n’oublie pas Fakarava (son équipe serait toujours sur place) ce célèbre photographe plongeur annonce que “fin 2026, sortira un nouveau documentaire de l’équipe de Gombessa qui s’appellera vraisemblablement : “Le grand requin marteau ou le fantôme des atolls”. Il sera le fruit du projet Tamataroa, une étude menée depuis cinq années par Andromède Pacifique entre Rangiroa et Tikehau. On a réussi à marquer 30 requins marteaux et à suivre leurs déplacements durant plusieurs années. On a donc plein de choses incroyables à raconter sur leurs migrations, leurs déplacements dans les atolls et hors des atolls, avec des images de comportements inédits.” 


Teddy Gabryelczyk, gérant de Maupiti Diving 

“Nous avons la chance de pouvoir plonger en lagon ou à la barrière et d’assurer les diverses formations-plongée. Là où le lagon n’est pas profond, on peut se poser et observer les poissons… qui nous observent ! Côté barrière, bien sûr les bancs de poissons, les murènes ou raies mantas. Quant à l’île : c’est l’authenticité de l’accueil.” 


Rédigé par Philippe Binet le Dimanche 11 Janvier 2026 à 13:40 | Lu 217 fois