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L'étude sanitaire à Hao et Makemo va durer jusqu'en avril 2017



Pendant 30 ans, Hao été la base arrière du CEP et l'atoll a été pollué mais les habitants ont continué de consommer sans avoir conscience des éventuels dangers tous les produits locaux : poissons et coco notamment.
Pendant 30 ans, Hao été la base arrière du CEP et l'atoll a été pollué mais les habitants ont continué de consommer sans avoir conscience des éventuels dangers tous les produits locaux : poissons et coco notamment.
PAPEETE, le 26 novembre 2015. Une convention est en cours de signature entre l'Etat et l'Institut Louis Malardé. Elle accorde une subvention de 80% de l'Etat pour le financement de "l'étude transversale comparant l'imprégnation aux polluants industriels des populations de l'atoll de Hao à celles de l'atoll de Makemo".

Trois chercheurs coordonneront cette étude sanitaire, la première du genre en Polynésie française qui devra faire la lumière sur la pollution industrielle subie par la population de l'atoll de Hao durant les 30 ans où il a servi de base arrière du CEP (Centre d'expérimentation du Pacifique). Il s'agit d'abord du docteur Edouard Suhas, chargé de recherche à l'Institut Louis Malardé mais aussi de deux chercheurs canadiens de l'Université Laval de Québec : un épidémiologiste-nutritionniste et un épidémiologiste-toxicologiste.

L'étude qui sera lancée probablement dans le courant du premier trimestre 2016 s'adresse à la population âgée de plus 12 ans vivant depuis au moins cinq ans sur l'atoll de Hao et de Makemo. Pour les mineurs un consentement signé des parents sera nécessaire pour procéder aux prélèvements. En fonction des données statistiques fournies par l'ISPF, sur les 300 personnes testées à la fois à Hao et Makemo on comptera 77 personnes de 12 à 19 ans, 169 personnes de 20 à 49 ans et 54 personnes au-delà de 50 ans. Dans le sous-groupe des 20-39 ans évalué à 120 personnes, la moitié devra être des femmes car elles sont alors en plein âge de procréation.

Deux missions de recueil de données sont envisagées sur chacun des deux atolls avec les trois chercheurs, chefs de mission sur cette étude mais également cinq infirmiers, une technicienne de laboratoire et encore trois personnes pour les questionnaires. Il faudra sept mois pour la réalisation des prélèvements et du questionnaire sur les habitudes de consommation des personnes interrogées, autant de temps pour la transmission des données d'analyses brutes et encore une année pour la rédaction du rapport final.

La durée totale de cette étude sanitaire sur les populations est donc de deux années. Selon un calendrier prévisionnel, les missions de prélèvements à Hao et Makemo devraient démarrer mi janvier 2016, les résultats définitifs devraient être présenter au comité de suivi en avril 2017. "La restitution de l'étude aux populations de Hao et Makemo est prévue et sera assurée" indique la convention. Le coût total de cette opération est de 34,5 millions de Fcfp : l'Etat prend à sa charge 80% du financement, l'Institut Malardé les 20 % restants.

Les questions posées par l'étude

1. La population de l'atoll de Hao est-elle plus imprégnée par des polluants industriels (PCB) que la population d'un atoll en situation similaire mais qui n'a pas connu d'activioté militaire (Makemo)
2. Quels sont les groupes de population les plus imprégnés ?
3. Quelles sont les voies d'exposition majeures (quelles sont les sources alimentaires majeures?)
4. Si l'imprégnation de la population de Hao s'avère plus élevée, quelles seraient les recommandations et les mesures possibles pour réduire cette imprégnation ?

Des métaux entassés issus de la démolition des anciens bâtiments de l'armée attendent d'être évacués de l'atoll (photo effectuée en mai 2015).
Des métaux entassés issus de la démolition des anciens bâtiments de l'armée attendent d'être évacués de l'atoll (photo effectuée en mai 2015).
Du constat de la pollution des sols et des eaux jusqu'à l'étude sanitaire

D'où vient le besoin de procéder à cette vaste étude sanitaire ? Rappelons qu'en 2006, l'Etat décidait de procéder à la réhabilitation des sites utilisés par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CEP. La réhabilitation de l'atoll de Hao débute en 2009 par la déconstruction des anciens sites militaires. En 2011, une étude d'Impact des pollutions des sols et des eaux et une évaluation des risques a été réalisée par les sociétés Artelia (un bureau d'étude métropolitain) et PTPU localement.

Il ressort de cette étude que les eaux de l'atoll présentent une pollution aux polychlorobiphényles (PCB); que le gazon algal est pollué aux PCB et aux métaux lourds ; les sols de surface sont pollués aux PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et aux métaux lourds. Enfin que les denrées alimentaires de l'atoll sont polluées aux PCB et aux métaux lourds.

Dès la fin de l'année 2012, les résultats de cette étude d'impact mènent à une prise de conscience qu'il devient nécessaire d'apprécier l'imprégnation de la population de Hao par cette pollution industrielle. Un comité de suivi est mis en place. A sa demande, la recherche de polluants a été étendue aux dioxines et aux pesticides, qui n'avalent pas été inclus précédemment dans l'étude d'impact et d'évaluation des risques.

Hao est comme tous les atolls polynésiens entouré d'un lagon aux magnifiques eaux turquoises, mais la pollution industrielle est invisible  avec des PCB dans les eaux  lagonnaires, du PCB encore et des métaux lourds dans "le gazon algal".
Hao est comme tous les atolls polynésiens entouré d'un lagon aux magnifiques eaux turquoises, mais la pollution industrielle est invisible avec des PCB dans les eaux lagonnaires, du PCB encore et des métaux lourds dans "le gazon algal".
Qu'est-ce qu'on cherche ?

Chez les 600 personnes concernées dans la double étude de Hao et Makemo seront évalués : le plomb, le mercure, le cadmium, les PCB, le DDT (Dichlorodiphenyltrichloroethane) connu pour être un pesticide très toxique et le DDE un sous-composant du DDT après son "évaporation".
En plus chez 10% des individus dans chaque atoll, 30 personnes tirées au sort on cherchera : les métabolites de l'anthracène, mais aussi divers hydrocarbures aromatiques souvent dérivés du benzène tels que le pyrène, le chrysène, le fluoranthène, fluorène, phénanthrène, naphthalène). De même que sera effectuée une mesure intégrée des dioxines et furanes polychlorés. Ces derniers sont des composés très persistants dans l'environnement après pollution avec un potentiel élevé d'accumulation dans les tissus vivants.

Rédigé par Mireille Loubet le Jeudi 26 Novembre 2015 à 17:54 | Lu 1574 fois







1.Posté par Kaddour le 27/11/2015 09:38 | Alerter
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une étude sérieuse ??? Hum ... Lancée l'année prochaine ... si tout va bien !! Et les résultats ? Peut-être aprés les élections présidentielles !!! LOL
Enfin ! Elle a le mérite d'être en projet , alors ....

2.Posté par Kriss le 27/11/2015 12:03 | Alerter
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Si l'étude révèle une contamination de l'atoll de Hao, ils font quoi les chinois de leur exploitation piscicole ? C'est vrai que la vente des poissons est destinée à la chine où ils sont moins regardant en matière de sécurité alimentaire, alors après tout ...

3.Posté par Jean-Paul Vimare le 13/12/2015 18:07 | Alerter
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Merci pour cet excellent article, de plus il est assez complet sur La population de l'atoll. Un autre problème aussi, c'est l'amiante des anciennes installations du CEP/CEA. D'après la petite association de Hao, tout le monde s'est un peut servit, et c'est normal. Là ce sont des pollutions d'habitation. Le CEP à utilisé tellement de produits chimiques divers et varié, qui sont bien énumérés sur votre article. Il y avait aussi les laboratoires d'analyse des filtres et fusées de prélèvement pendant les essais aériens. Bien évidement ça n'arrange pas les choses. Merci.

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