Tahiti, le 27 mars 2026 - Lors de l’examen du collectif budgétaire mercredi, le ministre des Sports a assuré que les deux bassins des Jeux du Pacifique 2027, installés à Mama’o pendant la compétition, seront ensuite réimplantés durablement, l’un restant à Papeete, et l’autre à Taravao. “On a beaucoup entendu parler de bassins éphémères, ce n’est pas le cas”, a insisté Kainuu Temauri. Un projet estimé à 2,6 milliards de francs, construit sur un cofinancement à 50 % avec l’État, dont la participation reste cependant toujours suspendue à un comité de pilotage.
C’est un dossier qui continue de faire des vagues à l’assemblée. À l’occasion de l’examen du collectif budgétaire, marqué par l’inscription de 400 millions de francs supplémentaires, la question des bassins destinés aux Jeux du Pacifique 2027 s’est invitée au cœur des échanges. L’élue Tapura Tepuaraurii Teriitahi a souhaité avoir “un point de situation” sur un projet devenu emblématique des tensions entre ambition sportive et contraintes financières. “Où cela se fait exactement, finalement le coût final et surtout l’avenir de ces piscines ?”, a-t-elle questionné.
Face à elle, le ministre des Sports, Kainuu Temauri, a tenté de clarifier une opération désormais chiffrée à 2,6 milliards de francs. L’inscription de 400 millions dans le collectif découle de l’appel d’offres, notamment du coût du transport, porté “sur une fourchette haute” par une entreprise extérieure au territoire. “On n’a pas l’expertise en local pour faire ce type de piscine-là”, a précisé le ministre, rappelant que ces bassins sont conçus sur le modèle de ceux des Jeux olympiques de Paris 2024. Mais surtout, il insiste sur un point qu’il juge essentiel : “On a beaucoup entendu parler de bassins éphémères, ce n’est pas le cas, je vais vraiment appuyer là-dessus. Ils seront redéployés de manière définitive après les Jeux.”
Concrètement, les deux équipements – un bassin de 50 mètres pour la compétition et un bassin de 25 mètres pour l’échauffement – seront installés à Mama’o pendant les Jeux, avant d’être relocalisés. Le premier devrait rester dans l’agglomération de Papeete, tandis que le second serait implanté à la Presqu’île, du côté de Taravao. “Cet investissement-là (…) se fait non pas seulement pour les Jeux, mais aussi pour nos enfants à la suite des Jeux”, a insisté le ministre, évoquant notamment le développement du savoir-nager.
Une participation de l’État toujours attendue
Un argument qui n’a toutefois pas suffi à apaiser les inquiétudes sur la dérive des coûts. “On parle de 400 millions dans ce collectif budgétaire, mais en commission de contrôle budgétaire (…) on avait voté une autorisation pour 2 milliards pour ces piscines (…) Est-ce que vous pouvez nous donner le total alors de la dépense pour ces piscines ?”, s’est inquiétée l’élue non inscrite Hinamoeura Morgant-Cross, tandis que Lana Tetuanui relayait de son côté le montant de 5 milliards évoqué dans la presse.
Le ministre a d’abord tenu à balayer les chiffres les plus alarmistes : “Un coût de 5 milliards, c’est énorme ! On veut pouvoir faire un aménagement a minima, mais là, on est encore en train d'étudier la question pour essayer de faire réduire ce coût, mais on n’est pas à 5 milliards”, a-t-il affirmé, avant de recadrer le montant de l’opération : “Effectivement, il était question de 2,6 milliards sur l'opération globale. Il nous manque la part de l'État (…) À la base, on était sur un cofinancement à 50-50 sur cette opération-là”, tout en reconnaissant attendre encore un comité de pilotage pour en préciser les contours.
Dans un registre plus politique, Hinamoeura Morgant-Cross n’a d’ailleurs pas hésité à inviter le ministre à aller chercher des réponses au plus haut niveau de l’État, suggérant d’interpeller directement Emmanuel Macron pour qu’il sorte son carnet de chèques. “Un milliard six, c’est rien du tout pour lui par rapport à l’argent qu’on met dans l’armée”, a-t-elle glissé.
À deux ans de l’échéance, le gouvernement joue désormais une partition délicate : défendre un investissement présenté comme durable et structurant, tout en sécurisant un financement encore incomplet. À un peu plus d’un an de l’échéance, le dossier, lui, reste loin d’être bouclé.




























