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"Je ne suis pas un député parmi 577, fondu dans la masse"



Moetai Brotherson été élu sur la 3ème circonscription aux dernières législatives.
Moetai Brotherson été élu sur la 3ème circonscription aux dernières législatives.
PAPEETE, le 19 juillet 2017 - Désormais député, l'élu indépendantiste compte faire entendre haut et fort la voix des Polynésiens. Après son entrée remarquée au Palais Bourbon, il ne sera pas perçu comme un inconnu dans l'hémicycle lors de son intervention le 2 août prochain.

Comment se sont passés vos premiers jours à l'Assemblée nationale ?

Les premiers jours se sont très bien déroulés. Le "buzz" vestimentaire a eu des effets positifs en termes de notoriété. Mis à part cela, nous avons essayé de mener une réflexion sur la constitution d'un groupe outre-mer qu'on a voulu appeler : territoires et diversité. Cela ne s'est pas fait car je pense que ce n'était pas encore mûr. Cependant, nous continuons les discussions avec les Corses, avec d'autres ultra-marins et des personnes des territoires assez reculés de l'Hexagone qui se sentent un peu oubliés. Rien ne dit que d'ici un an ou six mois, ce groupe ne se constituera pas. Il faut se laisser un peu de temps pour rencontrer l'ensemble des députés d'outre-mer, l'ensemble des députés des territoires qui se sentent un peu victimes du jacobinisme (rires) et peut-être que l'on arrivera à constituer ce groupe.

Est-ce par défaut que vous avez rejoint le groupe Gauche Démocrate et Républicaine?

J'ai indiqué durant ma campagne que ma première option était de constituer un groupe avec des élus d'outre-mer, des élus qui partagent, si possible, nos idées d'émancipation et que si cela ne se faisait pas, j'étudierais d'autres options. En parallèle des discussions, j'ai eu la chance de rencontrer André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. La discussion a été très fructueuse. C'est quelqu'un d'éminemment sympathique. Ce qui m'a convaincu d'intégrer le GDR, ce sont les arguments avancés par André Chassaigne. Je ne l’ai pas fait par dépit. Le GDR est un groupe technique et non politique. Je peux ainsi conserver une totale liberté politique.

Pour revenir sur le "buzz vestimentaire", les médias ont beaucoup parlé de vous. Vous avez réussi votre opération de communication. Quel était le message derrière tout ça ?

Pour moi, l'objectif était de dire : je ne suis pas un député parmi 577, fondu dans la masse. J'ai ma propre identité, je ne représente pas une population mais un peuple. La République aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, c'est la diversité. Je suis un des représentants de cette diversité. Je m'assume complètement et je ne cherche pas à me transformer en ce que je ne suis pas.

Est-ce aussi un moyen de faire entendre votre voix et de porter les dossiers polynésiens plus facilement?

Il est clair qu'aujourd'hui, du fait de cette petite opération de communication, tout le monde me connaît. J'ai accès plus facilement à mes collègues députés, aux services de l'Assemblée. Donc je pense que c'est positif.

Est-ce que c'était calculé depuis longtemps?

Ce n'était pas vraiment calculé. C'est aussi ma manière d'être. Je suis habillé comme ça à l'ONU, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas être habillé ainsi à l'Assemblée nationale. La cravate, c'est parce que je suis quelqu'un de respectueux. J'ai fait une demande officielle aux chefs des huissiers pour savoir comment s'habiller à l'intérieur de l'hémicycle. Ils m'ont dit que la cravate était obligatoire. Je n'allais pas porter de cravate sans veste, donc j'ai fait l'investissement. Quand j'irai en séance : ce sera la veste, la cravate et le lavalava.

Est-ce que c'est une entrée en matière pour votre intervention du 2 août?

C'est la logique d'appartenir à un groupe qui me permet d'intervenir le 2 août, lavalava ou pas lavalava. Mais je pense que les gens prêteront plus l'oreille ou se diront que c'est le Polynésien qui parle, donc tant mieux.

Comment préparez-vous cette intervention?

Fin juin, j’ai organisé une rencontre avec les étudiants. Au départ il s’agissait d’écouter leurs soucis, leurs demandes, identifier les besoins sur lesquels je pouvais les aider. Lors de cette rencontre, à l'AEPF de Paris, il y avait également des fonctionnaires polynésiens. J'ai pris connaissance ce jour-là de l'ampleur du problème pour ces fonctionnaires d'Etat polynésiens qui sont actuellement en métropole et qui ont toutes les difficultés du monde à revenir ici. Ils sont quand même 250 et certains sont en métropole depuis neuf ans avec des situations compliquée. Contrairement à tous les autres français des outre-mer, les fonctionnaires polynésiens sont les seuls à être désindexés. Ils se retrouvent avec un salaire qui est quasiment divisé par deux. C'est une double peine avec en plus l'incertitude du retour.

Allez-vous bientôt intervenir sur la question du nucléaire?


Je découvre l'Assemblée et je n'ai pas envie de précipiter les choses. Il faut intervenir au bon moment. Il faut avoir un dossier qui soit prêt et il ne faut pas se tromper de vecteurs. Mon équipe est en cours de constitution donc pour l'instant, je travaille un peu seul. On est là pour cinq ans, c'est une course de fond, pas un sprint. Ce que je veux, c'est obtenir des résultats et ne pas me précipiter à défendre des dossiers mal ficelés.


Classe économique et bureau symbolique

• Les députés ont un forfait voyage pour le déplacement vers la métropole, payé par l'Assemblée nationale. Leurs trajets sont réservés en classe business. Le député Moetai Brotherson a décidé de ne pas voyager en business mais de préférer la classe économique.

• Un élu indépendantiste peut en cacher un autre. Moetai Brotherson a hérité du bureau d'Alfred Marie-Jeanne, leader indépendantiste martiniquais. " C'est très symbolique. Je suis très content. C'est son ancienne collaboratrice qui a insisté pour qu'un autre élu indépendantiste l'occupe. Cela me fait très plaisir, surtout que c'est un bureau très fonctionnel qui m'évitera de louer un appartement."


Rédigé par Amelie David le Mercredi 19 Juillet 2017 à 15:00 | Lu 5086 fois

Tags : POLITIQUE





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