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Grève des médecins hospitaliers : les négociations patinent



PAPEETE, le 08 novembre 2017 - Les discussions qui se sont tenues au ministère de la Santé entre le syndicat des praticiens hospitaliers de Polynésie française, le ministre de la Santé, Jacques Raynal et la ministre de la Fonction publique Tea Frogier se sont achevées aux alentours de 20 h dans un climat tendu, sans trouver de terrain d'entente.

Après plus de 4 heures de négociation, aucun accord n'a été trouvé mercredi soir entre le ministre de la Santé, la ministre de la Fonction publique et les représentants syndicaux des praticiens hospitaliers. Les discussions ont commencé à 16 h, mercredi dans un climat tendu, elles se sont achevées peu avant 20 h dans la même ambiance. C’est une ministre excédée qui s’est refusée à tout commentaire et des médecins déçus et désabusés qui sont sortis de la salle de négociations.

16h00

Grève des médecins hospitaliers : les négociations patinent
Avant d’entamer les négociations, Marc Levy, représentant des praticiens hospitaliers partageait son état d’esprit avec médias. « Il faut en être au troisième jour de grève pour arriver à voir la ministre de la Fonction publique qui est la seule habilitée à résoudre le problème sur l’ancienneté des praticiens hospitaliers que nous attendons depuis 2009, après cinq protocoles d’accord. Nous n’avons aucune certitude sur l’application du protocole de 2016, le ministre de la Santé n’étant pas habilité, La Réunion d’hier n’a servi à rien. Nous n’avons aucune réponse. Pour l’instant le problème c’est l’application du protocole d’accord de 2016. Seule la ministre de la Fonction publique peut le décider. Si toutes nos revendications sont satisfaites, nous signerons un protocole d’accord. Les médecins sont fatigués d’attendre. Certains médecins renoncent à des postes parce que leur ancienneté n’est pas prise en compte. Ils attendent cette fois que le protocole d’accord soit respecté. C’est pour cela que nous demandons la signature du président du Pays. »


Grève des médecins hospitaliers : les négociations patinent
La ministre de la Fonction publique quant à elle s’est montrée agacée par le conflit avant même d’entamer les négociations avec les médecins, refusant dans un premier temps de répondre à la presse. « Je suis ici aujourd’hui à la demande de mon collègue ministre de la santé » . Selon les médecins, l’absence de la ministre a bloqué les négociations. Face à cette remarque, la ministre a répondu ironiquement, « je suis une femme de beaucoup de pouvoir apparemment. » « en matière de négociations, vous avez dans le cadre d’un préavis de grève une discussion entre les salariés et la direction d’un établissement . C’est comme cela que ça se passe. Ensuite s’il y a une difficulté avec le ministre de l’établissement, on passe au ministre de tutelle. Ici le ministre de la Santé. Indiquez-moi quelles sont les revendications qui concernent mon ministère. Le changement de statut? Quel changement de statut? Il faut m’expliquer quels sont les éléments. L’ancienneté c’est un point qui a déjà fait l’objet de discussion lors d’un préavis de grève. On veut toujours plus. Je dis qu’il faut revenir aux règles en matière de discussion. Il faut revenir sur les éléments qui sont présentés en termes de discussions et de points de discussions et de négociations. En l’occurrence, lors de la discussion, on ne peut pas dire oui à tout. Pour l’instant ce que je peux dire sur les 8 points de l’actuel préavis de grève. Le premier point, la reprise d’ancienneté, peut effectivement me concerner. »

Grève des médecins hospitaliers : les négociations patinent
Les négociations ont donc commencé dans une ambiance tendue avec des joutes verbales entre le ministre de la Santé et les médecins. Les praticiens hospitaliers étaient venus en force ce mercredi après-midi pour montrer au gouvernement que le mouvement social était fortement suivi. Par ailleurs, le syndicat a demandé aux médecins qui le souhaitaient d’assister aux négociations. La salle étant trop petite, tous n’ont pas pu participer aux échanges. Cette forte présence à passablement agacé les deux ministres qui n’ont pas manqué de le faire savoir

20h00

Grève des médecins hospitaliers : les négociations patinent
Les différentes parties ont quitté la salle des négociations peu avant 20 h. Après plusieurs heures de dialogue, ce sont des visages fatigués et tendus qui sont sortis de la salle. La ministre de la Fonction publique a d’ailleurs refusé de s’exprimer. Les négociations ont pu aboutir sur certains points, d’autres points bloquent comme la question de l’ancienneté. Néanmoins, les médecins ont demandé à avoir l’accord de leur base pour toute prise de décision. Par ailleurs, ils demandent la signature du président.
Le ministre de la Santé quant à lui s’est exprimé de manière plus apaisée: « Une rencontre très conviviale. Nous avons passé quelques heures à parler de différents problèmes qui sont à la fois statutaires, budgétaires, sur le statut de l’hôpital lui-même, des établissements de la santé publique, sur le statut des praticiens hospitaliers. Les praticiens hospitaliers doivent se réunir demain matin, et c’est demain qu’ils nous diront si nous avons abouti à un accord ou non. »

Marc Levy s’est dit déçu, il dresse un bilan plus que mitigé, « nous sortons de plusieurs heures de négociations. Le protocole d’accord signé en 2016 est remis en cause. Il a fallu inciter pour comprendre qu’il était remis en cause. La reprise d’ancienneté est amputée d’un certain nombre de conditions qui avaient été acceptées en connaissance de cause puisqu'il y avait la signature du ministre de la Fonction publique de l’époque avec les vérifications des services juridiques. Le changement de personne change les interprétations. Pour les autres points, il y a des blocages. Il y a véritablement un esprit de main mise sur les revendications des praticiens hospitaliers. Ils ont transformé cela en directives ministérielles alors que nous sommes en négociations, il y a eu un déni d’un certain nombre de points. Il y a des considérations professionnelles sur lesquelles le ministre de la Santé et les praticiens hospitaliers étaient en phase. Sur la réalisation pratique et sur la mise en place de la réalisation du fonctionnement à la fois pour le statut des praticiens hospitaliers et le fonctionnement de l’hôpital, il y a un décalage considérable entre la modernité mise en place depuis des années d’un point de vue médical et des structures administratives qui restent tout à fait rétrogrades. On nous refuse une caution du président du Pays. Nous ne voulons pas signer un énième protocole d’accord, en l'occurrence un sixième qui n’aurait pas plus de valeur que les autres. Les praticiens hospitaliers pensent que ce n’est pas un gros effort que de mettre une signature sur un document pour engager son gouvernement à l’application de textes. Là on ne peut même pas avoir cela. Finalement, on n’a rien de plus qu’avant. »

JEUDI 08H00 : LA GREVE SE POURSUIT

Marc Lévy et les médecins ayant participé aux négociations ont présenté le compte rendu des négociations jeudi matin à 8 h en assemblée générale aux médecins hospitaliers. La reconduction de la grève et la poursuite de la négociation ont été voté à l'unanimité. "Aucun de protocole de fin de conflit n'a été signé, nous avons eu des propositions? Nous les avons étudiées. Nous devons avoir encore des échanges avec le ministre de la fonction publique et le ministre de la santé pour pouvoir trouver une rédaction satisfaisante pour les deux parties. Il nous est proposé un texte sur l'ancienneté qui n'est pas celui qui avait été signé lors du protocole d'accord de 2016. Si nous acceptions une perte des acquis de 2016, en échange le gouvernement s'engage sur un calendrier plus rapide. Ce n'est pas satisfaisant pour les praticiens. Nous sommes en réflexion. Les médecins hospitaliers ont l'impression qu'ils ne sont pas compris. Les pouvoir publics pensent que nous avons lancé la grève pour des avantages individuels. Nous essayons de montrer que si les statuts des médecins hospitaliers n'évoluent pas, comme cela se fait ailleurs, nous n'arriverons pas à recruter. Il y a des patients qui ne pourront pas être soignés par les médecins. Les autorités n'ont pas conscience de ça."
La fin du conflit n'est donc pas pour demain. La ministre de la fonction publique Tea Frogier persiste à déclarer qu'elle n'a rien à faire dans ces négociations. Selon elle, c'est au ministre de la santé de gérer les négociations. Les médecins ont l'impression de recevoir des directives du ministère de la santé et non pas d'être dans des négociations. Aujourd'hui le syndicat est dans l'attente d'une nouvelle date pour la poursuite des négociations.


Rédigé par Marie Caroline Carrère le Mercredi 8 Novembre 2017 à 22:01 | Lu 1610 fois





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