Tahiti, le 23 octobre 2026 – Au quatrième jour d'une grève illimitée dans la santé publique, l'intersyndicale contre-attaque sur le terrain des chiffres. Dans une série de publications diffusées sur les réseaux sociaux, elle conteste les comparaisons salariales avancées par le gouvernement et dénonce le manque d'attractivité des postes médicaux en Polynésie. Une assemblée générale est prévue ce vendredi midi au CHPF, alors que la démission de la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, annoncée par Polynésie la 1ère, n'était toujours pas confirmée par la présidence dans la matinée.
La bataille des chiffres est engagée. Alors que Moetai Brotherson défend une augmentation de 15 % des rémunérations des praticiens hospitaliers dès 2027, avec une éventuelle nouvelle hausse en 2028, les syndicats entendent démontrer que le problème dépasse largement cette proposition.
Dans des visuels diffusés sur les réseaux sociaux, l'intersyndicale s'appuie notamment sur une étude commandée par le ministère de la Santé pour comparer les rémunérations des praticiens hospitaliers polynésiens à celles des départements et régions d'outre-mer (DROM). Selon ses calculs, à échelon équivalent, la rémunération brute serait de 28 à 44 % supérieure dans les DROM, prime d'engagement incluse.
Autre point de désaccord : le coefficient de 1,34 avancé par le gouvernement pour comparer les rémunérations locales à celles de l'Hexagone. “Le 1,34 avancé par le gouvernement est une moyenne de tous les métiers de santé”, rétorque l'intersyndicale. Pour les seuls praticiens hospitaliers, elle présente un ratio allant de 1,04 au premier échelon à 0,94 au treizième, avec “six échelons sur treize où la Polynésie paie moins que l'Hexagone”.
La question des salaires réels a également alimenté la polémique. Un responsable syndical avait évoqué cette semaine une rémunération moyenne de 1,4 million de francs brut par mois pour les médecins du public. Un chiffre contesté depuis par ses confrères, qui dénoncent une confusion avec les coefficients d'indexation. Les graphiques publiés par l'intersyndicale ne détaillent toutefois pas les rémunérations mensuelles effectives des praticiens, gardes et astreintes comprises.
“5 avantages ailleurs. 0 ici”.
L'intersyndicale pointe également l'absence de plusieurs dispositifs existant dans d'autres territoires : prime d'engagement de service public exclusif, compte épargne-temps ou encore retraite calculée sur l'ensemble du salaire. ”5 avantages ailleurs. 0 ici”, résume-t-elle. Elle cite notamment une prime mensuelle de 120 500 francs dans les DROM et de 208 508 francs en Nouvelle-Calédonie, contre aucune prime équivalente en Polynésie. Des comparaisons syndicales qui ne tiennent toutefois pas compte de toutes les différences fiscales et statutaires entre territoires.
Vendredi matin, les syndicats ont également tiré la sonnette d'alarme sur la situation de la Direction de la santé. « L'El Niño de la santé a déjà sinistré la Direction de la santé », écrivent-ils, avançant que seuls 13 % des postes ont été pourvus au dernier concours, que plus de six postes de médecins sur dix sont occupés par des contractuels et que 42 000 évacuations sanitaires ont été réalisées en un an, soit 3 000 de plus en douze mois. “Sans statut attractif, on ne recrute plus, on ne fidélise plus. Et ce sont les îles qui paient en premier”. L'intersyndicale rappelle ses six priorités : statut unique, recrutement, formation, temps de travail, carrière et rémunération, environnement de travail. “ Nous demandons au Pays d'agir maintenant, avant que la tempête n'emporte ce qui reste de notre santé publique”, prévient-elle.
Et voilà qu'une nouvelle démission pourrait venir bousculer le gouvernement en plein conflit. Polynésie la 1ère a annoncé celle de Vannina Crolas, ministre de la Fonction publique, en première ligne sur les revendications statutaires des grévistes. Contactée vendredi matin, la présidence ne confirmait ni n'infirmait cette information : “Je n'ai pas confirmation non plus. On continue à travailler sur les dossiers avec ses équipes”, nous a-t-on répondu.
Une assemblée générale de l'ensemble de l'intersyndicale est attendue ce vendredi midi au CHPF. Après quatre jours de mobilisation et sans protocole d'accord signé, les grévistes doivent décider de la suite du mouvement.
La bataille des chiffres est engagée. Alors que Moetai Brotherson défend une augmentation de 15 % des rémunérations des praticiens hospitaliers dès 2027, avec une éventuelle nouvelle hausse en 2028, les syndicats entendent démontrer que le problème dépasse largement cette proposition.
Dans des visuels diffusés sur les réseaux sociaux, l'intersyndicale s'appuie notamment sur une étude commandée par le ministère de la Santé pour comparer les rémunérations des praticiens hospitaliers polynésiens à celles des départements et régions d'outre-mer (DROM). Selon ses calculs, à échelon équivalent, la rémunération brute serait de 28 à 44 % supérieure dans les DROM, prime d'engagement incluse.
Autre point de désaccord : le coefficient de 1,34 avancé par le gouvernement pour comparer les rémunérations locales à celles de l'Hexagone. “Le 1,34 avancé par le gouvernement est une moyenne de tous les métiers de santé”, rétorque l'intersyndicale. Pour les seuls praticiens hospitaliers, elle présente un ratio allant de 1,04 au premier échelon à 0,94 au treizième, avec “six échelons sur treize où la Polynésie paie moins que l'Hexagone”.
La question des salaires réels a également alimenté la polémique. Un responsable syndical avait évoqué cette semaine une rémunération moyenne de 1,4 million de francs brut par mois pour les médecins du public. Un chiffre contesté depuis par ses confrères, qui dénoncent une confusion avec les coefficients d'indexation. Les graphiques publiés par l'intersyndicale ne détaillent toutefois pas les rémunérations mensuelles effectives des praticiens, gardes et astreintes comprises.
“5 avantages ailleurs. 0 ici”.
L'intersyndicale pointe également l'absence de plusieurs dispositifs existant dans d'autres territoires : prime d'engagement de service public exclusif, compte épargne-temps ou encore retraite calculée sur l'ensemble du salaire. ”5 avantages ailleurs. 0 ici”, résume-t-elle. Elle cite notamment une prime mensuelle de 120 500 francs dans les DROM et de 208 508 francs en Nouvelle-Calédonie, contre aucune prime équivalente en Polynésie. Des comparaisons syndicales qui ne tiennent toutefois pas compte de toutes les différences fiscales et statutaires entre territoires.
Vendredi matin, les syndicats ont également tiré la sonnette d'alarme sur la situation de la Direction de la santé. « L'El Niño de la santé a déjà sinistré la Direction de la santé », écrivent-ils, avançant que seuls 13 % des postes ont été pourvus au dernier concours, que plus de six postes de médecins sur dix sont occupés par des contractuels et que 42 000 évacuations sanitaires ont été réalisées en un an, soit 3 000 de plus en douze mois. “Sans statut attractif, on ne recrute plus, on ne fidélise plus. Et ce sont les îles qui paient en premier”. L'intersyndicale rappelle ses six priorités : statut unique, recrutement, formation, temps de travail, carrière et rémunération, environnement de travail. “ Nous demandons au Pays d'agir maintenant, avant que la tempête n'emporte ce qui reste de notre santé publique”, prévient-elle.
Et voilà qu'une nouvelle démission pourrait venir bousculer le gouvernement en plein conflit. Polynésie la 1ère a annoncé celle de Vannina Crolas, ministre de la Fonction publique, en première ligne sur les revendications statutaires des grévistes. Contactée vendredi matin, la présidence ne confirmait ni n'infirmait cette information : “Je n'ai pas confirmation non plus. On continue à travailler sur les dossiers avec ses équipes”, nous a-t-on répondu.
Une assemblée générale de l'ensemble de l'intersyndicale est attendue ce vendredi midi au CHPF. Après quatre jours de mobilisation et sans protocole d'accord signé, les grévistes doivent décider de la suite du mouvement.
































