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Faire durer les centrales nucléaires: la piste du gouvernement en débat



PARIS, 5 mars 2014 (AFP) - Prolonger la durée de vie de certaines centrales nucléaires, et en fermer d'autres: ce scénario est actuellement privilégié par le gouvernement français car il permettrait de contenir le coût du nucléaire, mais cette hypothèse ne fait pas l'unanimité.

EDF pousse depuis plusieurs années pour une prolongation de la durée de vie de ses réacteurs au-delà de 40 ans, arguant qu'un meilleur amortissement de ses centrales permettrait de maintenir l'électricité à un coût raisonnable.

L'unique opérateur des 19 centrales françaises prévoit de consacrer 55 milliards d'euros à des travaux de maintenance d'ici à 2025, dont 10 milliards pour des améliorations de sûreté consécutifs à la catastrophe de Fukushima.

Soit environ un milliard d'euros par réacteur, et moins que le coût du remplacement du parc existant par des réacteurs EPR de troisième génération, qui pourrait culminer jusqu'à 260 milliards d'euros sur la base d'un prix unitaire de 6 à 6,5 milliards d'euros estimé par EDF.

"Le chiffre de 55 milliards du grand carénage, qui paraît considérable, (prouve) l'intérêt de la prolongation de la durée de vie des centrales, pour reporter à plus tard" l'investissement colossal de leur renouvellement, a déclaré Hervé Machenaud, le directeur d'EDF en charge de la production et de l'ingénierie, devant la commission d'enquête parlementaire consacrée au nucléaire.

"Cela permet de continuer à fournir à la France une électricité pas chère", abonde Colette Lewiner, experte de l'énergie chez Capgemini. "Certes, cela correspond à des coûts, mais c'est quand même une opération économiquement et financièrement rentable pour EDF".

- Etaler la montagne d'investissement -

Etaler l'effort financier: c'est précisément la piste vers laquelle s'orienterait le gouvernement, qui doit présenter au printemps son projet de loi sur la transition énergétique, censée esquisser une France moins nucléaire.

Selon une source proche du dossier, plusieurs fermetures de réacteurs pourraient être décidées, tandis que d'autres verraient leur durée de vie prolongée jusqu'à 50, voire 60 ans, sous réserve du feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit rendre un premier avis en 2015. A charge pour EDF, toutefois, de désigner les installations concernées.

Ce scénario permettrait à l'opérateur historique d'amortir comptablement ses centrales sur 50 ans en moyenne, et donc de réduire les sommes dévolues chaque année aux amortissements, augmentant mécaniquement sa rentabilité et les dividendes versés à l'Etat, actionnaire à 84,4%.

Seule la fermeture de la doyenne des centrales, à Fessenheim (Haut-Rhin), est pour l'heure décidée pour 2016.

- Des coûts en hausse -

La Cour des comptes estimait à 49,5 euros par mégawattheure (MWh) le coût de production de l'électricité nucléaire en 2010, et à 54,2 euros en intégrant les investissements du grand carénage, dans un rapport publié en 2012.

Mais les nouvelles centrales devraient être nettement plus chères: l'électricité qui sera produite par l'EPR en construction à Flamanville devrait coûter entre 70 et 90 euros/MWh, voire plus de 100 euros selon l'ONG Greenpeace, et 92,50 livres (environ 112 euros) pour les futurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre. Des montants en ligne voire supérieurs à ceux de l'éolien terrestre, mais moindres que le photovoltaïque et l'éolien en mer.

"Je suis convaincu, en ayant une production stable sur la durée et parfaitement appelable au moment où on en a besoin, que l'EPR se situe, de très loin, le mieux dans la compétition", affirme M. Machenaud, assurant que son coût diminuera avec sa production en série.

Aucune construction de nouveaux réacteurs n'est encore évoquée, d'après la même source, pour ne pas froisser l'allié écologiste, qui en ferait un casus belli. Mais une sortie du nucléaire n'étant pas non plus à l'ordre du jour, la construction de nouveaux réacteurs sera inévitable, d'après le patron d'EDF, Henri Proglio.

D'autres voix remettent en question l'idée d'un atome "bon marché", comme le vice-président EELV de l'Assemblée nationale, Denis Baupin. "L'idée qu'on essaie de faire passer, c'est que si c'est amorti, cela ne coûte rien. Or, de fait, ce n'est pas du tout le cas".

Sur base d'un document interne d'EDF, qu'il a présenté devant la commission d'enquête, le député écologiste estime à une centaine de milliards d'euros les investissements qu'EDF devra consentir d'ici à 2047. Soit autant que la construction des 58 réacteurs actuels, estimée à 96 milliards d'euros par la Cour des comptes.

Une étude réalisée par le cabinet WISE-Paris pour Greenpeace prévoit même un coût moyen de 4,35 milliards d'euros par réacteur si des critères de sûreté similaires à ceux de l'EPR étaient appliqués.

Mais "quel que soit le choix du mix énergétique, le prix de l'énergie va augmenter, du fait des investissements nécessaires", prévient Arnaud Leroi, du cabinet de conseil Bain & Company.

Rédigé par () le Mercredi 5 Mars 2014 à 07:33 | Lu 268 fois




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