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Etude sanitaire à Hao et Makemo : l'exposé rassurant du Pays



(Photo d'archives).
(Photo d'archives).
PAPEETE, le 25 juillet 2017 - En 2016, des prélèvements ont été réalisés sur une partie de la population de ces atolls des Tuamotu. Objectif : déterminer l'imprégnation de la population aux polluants industriels. Les résultats définitifs sont connus et n'ont rien d'inquiétant, rassure la direction du centre d'hygiène et de salubrité publique.


"Il est vrai que c'est une bonne nouvelle. Nous aurions pu penser le contraire", lâche Glenda Melix, directrice du Centre d'hygiène et de salubrité publique (CHSP), le rapport définitif de l'enquête sanitaire menée sur les populations de Hao et Makemo dans les mains. Cette étude est une grande première en Polynésie.

L'enquête avait pour objectif de faire la lumière sur la pollution subie par la population de l'atoll de Hao, dans les Tuamotu. L'île a servi de base arrière au Centre d'expérimentation du Pacifique pendant plus de 30 ans. L'atoll de Makemo, qui n'a pas connu d'activité militaire mais qui a les mêmes caractéristiques, servait de point de comparaison.

La convention entre l'Etat et le Pays a été signée en 2015. L'enquête a commencé en 2016. En tout, ce sont 275 personnes à Hao, soit 25 % de la population et 268 personnes à Makemo, soit 32 % des habitants, qui ont participé à cette étude. Seules les personnes de plus de 12 ans et installées sur la zone depuis plus de cinq ans ont été ciblées. Les femmes enceintes ont aussi été exclues.

Trois chercheurs ont mené à bien cette étude : le docteur Edouard Suhas, chargé de recherche à l'Institut Louis Malardé et deux chercheurs canadiens de l'Université Laval de Québec, un épidémiologiste-nutritionniste et un épidémiologiste-toxicologiste. Après plusieurs mois d'analyses et de discussions, les résultats viennent d'être dévoilés.

PLUS DE PCB À HAO QU'À MAKEMO

Glenda Melix.
Glenda Melix.
"Les prises de sang effectuées ont été accompagnées d'une enquête menée sur le mode de vie des personnes. Dans cette étude, à la demande des communes, des anciens travailleurs du CEP ont aussi fait partie des personnes prélevées", indique Glenda Melix, directrice du centre d'hygiène et de salubrité publique (CHSP).

Résultat, parmi les polluants étudiés : le mercure, le plomb, le cadmium, les composés organochlorés et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), peu de différence ont été relevées entre les deux atolls selon la directrice.

Les analyses ont démontré que l'atoll de Hao possédait un taux plus significatif de PCB (polychlorobiphényle), qui fait partie des composés organochlorés, que Makemo. "Les teneurs sont tout de même 20 fois inférieurs au seuil d'alerte, rassure Glenda Melix. Cela prouve en tout cas que ce taux de PCB, retrouvé en plus grande quantité à Hao qu'à Makemo, pourrait avoir un lien avec l'activité du CEP sur l'atoll. Cependant, ce ne sont pas du tout des valeurs inquiétantes."

En ce qui concerne le mercure, aucune différence significative n'a été constatée entre les deux atolls. Dans les prélèvements réalisés, la substance est bien retrouvée mais pour la directrice du CHSP, elle est liée à la consommation de poissons pélagiques. "Nous avons déjà remarqué cette présence de mercure lors d'analyses à Tahiti et aux Australes. Il n'y a aucun constat d'impact du mercure sur la santé de la population."

PLUS DE PLOMB À MAKEMO QU'À HAO

Le rapport définitif met en exergue la présence de plomb chez les habitants de Makemo. Celle-ci est plus importante qu'à Hao. "Il s'agit d'une légère différence. Cela prouve que ce n'est pas lié au CEP", tempère Glenda Melix.

Des études complémentaires seront menées dans les mois qui viennent pour faire toute la lumière sur l'origine de ce plomb. Plusieurs pistes seront étudiées. "Cela peut venir des batteries de voitures qui sont laissées à l'abandon. Bien sûr, nous recommandons de ne pas le faire. Cette présence peut aussi s'expliquer par les eaux pluviales collectées sous les tôles et qui circulent par des gouttières. Nous devons faire des études plus fines pour comprendre."

Ces différents résultats doivent être communiqués au chef de la subdivision santé des Tuamotu. Ainsi, l'attention des professionnels de santé pourra être portée sur les personnes qui présentent de plus fort taux de plomb et de PCB. "En revanche, cela n'a pas forcément d'impact sur la santé. Comme le plomb n'est pas un composant naturel, l'objectif est d'avoir un taux le plus bas possible. Nous n'avons pas constaté d'effets sur la santé des habitants", rappelle la directrice du CHSP, avant de conclure : "Il n'y a pas de valeur alarmante. Il n'y a pas d'imprégnation inquiétante. "

Le contexte

Tout a démarré en 2006. Cette année-là, l'Etat décide d'entamer la réhabilitation des sites utilités par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CEP. En 2009, c'est au tour de l'atoll de Hao : les anciens sites militaires sont déconstruits. Deux ans plus tard, les sociétés Artelia (bureau d'étude métropolitain) et Pae Tai Pae Uta réalisent une étude d'impact des pollutions des sols et des eaux et une évaluation des risques.

Les résultats sont sans appel : les eaux de l'atoll présentent une pollution aux polychlorobiphényles (PCB); le gazon algal est pollué aux PCB et aux métaux lourds ; les sols de surface sont pollués aux PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et aux métaux lourds. Les denrées alimentaires de l'atoll sont elles aussi polluées aux PCB et aux métaux lourds. Une étude remise en juin 2012 au ministère de la Défense, et présentée aux élus polynésiens de l'époque, a révélé l'ampleur des risques sanitaires auxquels est exposée la population : un complexe aquacole dans un lagon pollué ?. On a retrouvé de telles concentrations de métaux lourds que cette étude recommandait aux habitants de limiter la consommation de poisson : pas plus de 15 kg par an et par adulte. Or, à Hao, le poisson du lagon est la base de l'alimentation quotidienne du petit déjeuner au dîner.

Suite à cette étude, à la fin de l'année 2012, il apparaît nécessaire d'enquêter sur l'imprégnation de la population de Hao par cette pollution industrielle. C'est alors qu'un comité de suivi est mis en place. Il demande que la recherche de polluants soit étendue aux dioxines et aux pesticides, exclus dans l'étude d'impact et d'évaluation des risques.

Rédigé par Amelie David le Mercredi 26 Juillet 2017 à 03:00 | Lu 2158 fois





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