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Enfants fa'a'amu : après le court métrage, cap sur Cannes


Tahiti, le 21 juillet 2026 – Un an après avoir consacré un court métrage aux enfants fa'a'amu, le réalisateur Franck Doucet est de retour en Polynésie. Actuellement en repérage pour son prochain film, une comédie dramatique tournée entre Tahiti et la métropole, il espère porter cette nouvelle histoire jusqu'au Festival de Cannes en 2028. En attendant, il lance un casting pour trouver une douzaine de comédiens polynésiens, et promet une avant-première “en extérieur” à la mairie de Papeete.

 
Le marché de Papeete mardi matin, plusieurs hôtels, des pensions de famille, bientôt d'autres paysages de Tahiti... Depuis quelques jours, Franck Doucet sillonne le territoire à la recherche des décors qui accueilleront son prochain film. “On avance bien”, sourit le réalisateur, qui prévoit de revenir le 20 février 2027 avec toute son équipe pour près de trois semaines de tournage en Polynésie, avant de poursuivre en région Centre-Val de Loire et à Paris.
 
Ce nouveau projet est né du succès inattendu de son précédent court métrage consacré aux enfants fa'a'amu. Depuis sa sortie, le film a décroché plus de 30 récompenses dans des festivals internationaux, de Rome à Los Angeles, en passant par New York, Hollywood, Paris ou encore l'Inde. "Les gens ont été touchés par le sujet". Mais Franck Doucet est resté sur sa faim. “On était vraiment sur 12 minutes. C'était très peu. Ce court métrage était une amorce”, explique-t-il. Une frustration qui a finalement donné naissance au long métrage.
 
Pour autant, il ne s'agit pas d'en faire la suite. Le film racontera cette fois une tout autre histoire. Cette comédie dramatique de 1 h 40 suivra un couple métropolitain qui ne parvient pas à avoir d'enfant et décide de venir en Polynésie pour changer d'air. Au fil de son voyage, il découvre la culture locale, jusqu'à nouer un lien particulier avec un couple polynésien et son nouveau-né. Une proposition de pacte fa'a'amu va alors bouleverser leur destin. Mais lorsqu'arrive le moment de concrétiser cette adoption, “on se rend compte que ce n'est pas vraiment l'esprit polynésien qui est mis en avant, mais une autre façon de penser”, glisse Franck Doucet, sans en dévoiler davantage. “Les gens vont beaucoup rire, mais ils vont beaucoup pleurer aussi.". 

"Un seul cœur pour une même famille”
 
Fidèle à la démarche qui animait déjà son court métrage, le réalisateur assure ne vouloir ni juger ni opposer deux visions de l'adoption. Son ambition reste d'ouvrir le dialogue autour d'une tradition polynésienne parfois mal comprise, notamment lorsque les liens avec la famille biologique finissent par être rompus. “Rien n'est jamais mauvais d'un côté ni de l'autre. Il faut simplement avoir une ouverture d'esprit”, plaide le réalisateur. Jusqu'à faire de cette phrase la véritable philosophie de cette histoire : “Un seul cœur pour une même famille.”
 
Reste maintenant à transformer l'essai. Le film doit être prêt d'ici mars 2028 pour pouvoir tenter une sélection au Festival de Cannes, dont la programmation est dévoilée en mai. “On va tenter la sélection.” Et si le film n'était finalement pas retenu, il sera tout de même présenté au Marché du film avant une sortie en salles prévue fin octobre 2028.
 
Avant même de rêver de monter les marches de Cannes, Franck Doucet se projette déjà vers la première projection. Une tournée d'avant-premières est prévue dans plus de 200 villes françaises. Et je peux déjà vous annoncer qu'on fera une avant-première à la mairie de Papeete en extérieur”, nous a-t-il confié après une rencontre, mardi matin, avec le maire de la commune, Rémy Brillant.
 
En attendant le clap de début de tournage, la production lance un appel aux talents du Fenua. Une douzaine de rôles sont à pourvoir et les candidats peuvent dès à présent envoyer une vidéo de présentation à [email protected]. Les personnes retenues bénéficieront ensuite d'un accompagnement avec une coach de comédiens avant le tournage. Une occasion rare de faire ses premiers pas devant la caméra... dans un film qui pourrait conduire quelques talents du Fenua jusqu'au tapis rouge cannois.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mardi 21 Juillet 2026 à 15:21 | Lu 277 fois