Tahiti, le 2 mars 2026 - Le Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) a lancé un appel aux dons de lait maternel. Un lait nécessaire aux nourrissons prématurés qui séjournent dans son service de néonatalogie.
“Ça va maman ?” lance Anaïs Oggero, puéricultrice, consultante en lactation et coresponsable du lactarium au Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) à Pirae. Si cette jeune mère se trouve dans le lactarium du service de néonatologie, c’est qu’elle vient d’accoucher d’un prématuré. Ici, le lait maternel devient un relais vital lorsque la montée de lait – qui survient généralement entre deux et quatre jours après l’accouchement – tarde ou s’avère insuffisante chez les nouvelles mamans.
Le lactarium est l’ange gardien de ces bébés nés trop tôt. Grâce aux dons de lait maternel, ils peuvent se nourrir malgré la fragilité de leurs premiers jours. “Le lait maternel est la meilleure source d’alimentation pour nos enfants nés prématurément grâce à toutes ses vertus”, indique la docteure Marianne Besnard. Selon le CHPF, environ 70 donneuses se mobilisent chaque année.
En 2025, plus de 10 % des nouveau-nés étaient prématurés. Sur 1 856 enfants nés cette année-là, selon l’ISPF, entre 160 et 200 petits bouts. Les plus fragiles, les grands prématurés, sont nourris par sonde nasogastrique. Le lait pasteurisé est décongelé en fonction des prescriptions médicales, conditionné, puis acheminé vers le service de néonatologie. Il est administré sous surveillance médicale et paramédicale. D’autres enfants sont nourris par biberons.
Un projet pour simplifier le don
Au sein des équipes soignantes, le lait maternel est considéré comme un médicament. Riche en anticorps, il renforce le système immunitaire et protège le nouveau-né contre les infections gastro-intestinales, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Il contribue aussi à réduire la mortalité des enfants prématurés ou dénutris.
Sa composition s’adapte en permanence aux besoins du bébé. “La micro-composition de la salive du bébé modifie la composition du lait chez la mère. Quand il fait chaud, le lait est plus riche en eau. Lors d’une poussée de croissance, il devient plus nourrissant. Il prépare aussi à la diversification alimentaire”, développe Laure Tome, sage-femme.
Les laits infantiles peuvent notamment augmenter le risque d’entérocolite, une inflammation grave de l’intestin chez le prématuré. Mais les professionnelles de santé nuancent. “Il ne faut pas condamner le lait infantile. Il est parfois utile et essentiel quand l’allaitement maternel ne peut pas être conduit exclusivement.”
Au CHPF, les appels aux dons sont réguliers car les stocks restent fragiles.
“Donner son lait sauve des vies, mais parfois cela vient à manquer. Alors on est prévoyants, on est sur une île et on sait bien qu’on est éloigné. Pour être ravitaillé, il faut compter une semaine à dix jours”, souligne le personnel.
Lorsque les réserves locales sont insuffisantes, du lait venu de métropole peut être utilisé. “C’est 30 000 francs le litre”, indique cependant Anaïs Ogerro. L’acheminement qui a un coût et représente une option de dernier recours.
Et au lactarium du centre hospitalier, la difficulté ne vient pas seulement du nombre de volontaires. Elle est souvent liée à la géographie et aux moyens de transport. “La volonté y est, mais certaines mamans n’ont pas de moyens de transport”, raconte Vanessa Yau, sage-femme et vice-présidente de l’association de promotion et de soutien à l'allaitement Te u o te ora. Un projet visant à faciliter l’acheminement du lait des futures donneuses est d’ailleurs actuellement à l’étude indique Anaïs Ogerro qui le porte depuis trois ans et espère que “2026 sera la bonne année pour qu’il voit le jour”.
Mais, comment se fait un don de lait ?
Tout commence par un premier appel. Un entretien téléphonique permet de vérifier que la maman a suffisamment de lait pour plusieurs bébés, qu’elle dispose d’un tire-lait et qu’elle ne fume pas, ne consomme pas d’alcool, n’a pas été transfusée récemment et ne suit pas de traitement incompatible.
Ensuite, elle constitue un dossier médical lors d’une visite au CHPF avec un professionnel de santé. Une prise de sang est réalisée pour dépister le VIH, les hépatites et le HTLV. Ces analyses sont valables trois mois.
Dernière étape : le dépôt. Le lait destiné au petit ‘aito doit être congelé immédiatement à -18 °C. La maman ou un tiers appelle, et un agent vient récupérer les pots au dépose-minute. Un “drive” du don pour ainsi dire. Le lait est ensuite acheminé au lactarium dans le respect strict de la chaîne du froid. Là, le lait est pasteurisé : il est chauffé à 62,5 °C pendant 30 minutes afin d’éliminer les éléments pathogènes. Il subit ensuite des prélèvements bactériologiques pour vérifier l’absence de tout germes nocifs pour le nouveau-né. Ces analyses sont réalisées à l’Institut Louis Malardé, de Papeete. Une fois les résultats validés, le lait est de nouveau congelé. Il peut se conserver jusqu’à six mois. Le don de lait reste anonyme, à l’instar le don de sang ou encore du don d'organes.
“Ça va maman ?” lance Anaïs Oggero, puéricultrice, consultante en lactation et coresponsable du lactarium au Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) à Pirae. Si cette jeune mère se trouve dans le lactarium du service de néonatologie, c’est qu’elle vient d’accoucher d’un prématuré. Ici, le lait maternel devient un relais vital lorsque la montée de lait – qui survient généralement entre deux et quatre jours après l’accouchement – tarde ou s’avère insuffisante chez les nouvelles mamans.
Le lactarium est l’ange gardien de ces bébés nés trop tôt. Grâce aux dons de lait maternel, ils peuvent se nourrir malgré la fragilité de leurs premiers jours. “Le lait maternel est la meilleure source d’alimentation pour nos enfants nés prématurément grâce à toutes ses vertus”, indique la docteure Marianne Besnard. Selon le CHPF, environ 70 donneuses se mobilisent chaque année.
En 2025, plus de 10 % des nouveau-nés étaient prématurés. Sur 1 856 enfants nés cette année-là, selon l’ISPF, entre 160 et 200 petits bouts. Les plus fragiles, les grands prématurés, sont nourris par sonde nasogastrique. Le lait pasteurisé est décongelé en fonction des prescriptions médicales, conditionné, puis acheminé vers le service de néonatologie. Il est administré sous surveillance médicale et paramédicale. D’autres enfants sont nourris par biberons.
Un projet pour simplifier le don
Au sein des équipes soignantes, le lait maternel est considéré comme un médicament. Riche en anticorps, il renforce le système immunitaire et protège le nouveau-né contre les infections gastro-intestinales, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Il contribue aussi à réduire la mortalité des enfants prématurés ou dénutris.
Sa composition s’adapte en permanence aux besoins du bébé. “La micro-composition de la salive du bébé modifie la composition du lait chez la mère. Quand il fait chaud, le lait est plus riche en eau. Lors d’une poussée de croissance, il devient plus nourrissant. Il prépare aussi à la diversification alimentaire”, développe Laure Tome, sage-femme.
Les laits infantiles peuvent notamment augmenter le risque d’entérocolite, une inflammation grave de l’intestin chez le prématuré. Mais les professionnelles de santé nuancent. “Il ne faut pas condamner le lait infantile. Il est parfois utile et essentiel quand l’allaitement maternel ne peut pas être conduit exclusivement.”
Au CHPF, les appels aux dons sont réguliers car les stocks restent fragiles.
“Donner son lait sauve des vies, mais parfois cela vient à manquer. Alors on est prévoyants, on est sur une île et on sait bien qu’on est éloigné. Pour être ravitaillé, il faut compter une semaine à dix jours”, souligne le personnel.
Lorsque les réserves locales sont insuffisantes, du lait venu de métropole peut être utilisé. “C’est 30 000 francs le litre”, indique cependant Anaïs Ogerro. L’acheminement qui a un coût et représente une option de dernier recours.
Et au lactarium du centre hospitalier, la difficulté ne vient pas seulement du nombre de volontaires. Elle est souvent liée à la géographie et aux moyens de transport. “La volonté y est, mais certaines mamans n’ont pas de moyens de transport”, raconte Vanessa Yau, sage-femme et vice-présidente de l’association de promotion et de soutien à l'allaitement Te u o te ora. Un projet visant à faciliter l’acheminement du lait des futures donneuses est d’ailleurs actuellement à l’étude indique Anaïs Ogerro qui le porte depuis trois ans et espère que “2026 sera la bonne année pour qu’il voit le jour”.
Mais, comment se fait un don de lait ?
Tout commence par un premier appel. Un entretien téléphonique permet de vérifier que la maman a suffisamment de lait pour plusieurs bébés, qu’elle dispose d’un tire-lait et qu’elle ne fume pas, ne consomme pas d’alcool, n’a pas été transfusée récemment et ne suit pas de traitement incompatible.
Ensuite, elle constitue un dossier médical lors d’une visite au CHPF avec un professionnel de santé. Une prise de sang est réalisée pour dépister le VIH, les hépatites et le HTLV. Ces analyses sont valables trois mois.
Dernière étape : le dépôt. Le lait destiné au petit ‘aito doit être congelé immédiatement à -18 °C. La maman ou un tiers appelle, et un agent vient récupérer les pots au dépose-minute. Un “drive” du don pour ainsi dire. Le lait est ensuite acheminé au lactarium dans le respect strict de la chaîne du froid. Là, le lait est pasteurisé : il est chauffé à 62,5 °C pendant 30 minutes afin d’éliminer les éléments pathogènes. Il subit ensuite des prélèvements bactériologiques pour vérifier l’absence de tout germes nocifs pour le nouveau-né. Ces analyses sont réalisées à l’Institut Louis Malardé, de Papeete. Une fois les résultats validés, le lait est de nouveau congelé. Il peut se conserver jusqu’à six mois. Le don de lait reste anonyme, à l’instar le don de sang ou encore du don d'organes.
Pratique :
Le lactarium du CHPF reçoit le lait maternel sept jours sur sept, de 6 heures à 18 heures. Contact : 40 48 58 19 (aux horaires d’ouverture).
L’association Te u o te ora propose une ligne directe (Allo Tītī māmā : 89 600 800) et un accompagnement personnalisé pour les mères et les professionnels de santé souhaitant être conseillés sur l’allaitement. Il est important de souligner que les demande de dons se font auprès du CHPF et non de l’association
Le lactarium du CHPF reçoit le lait maternel sept jours sur sept, de 6 heures à 18 heures. Contact : 40 48 58 19 (aux horaires d’ouverture).
L’association Te u o te ora propose une ligne directe (Allo Tītī māmā : 89 600 800) et un accompagnement personnalisé pour les mères et les professionnels de santé souhaitant être conseillés sur l’allaitement. Il est important de souligner que les demande de dons se font auprès du CHPF et non de l’association






























