Jessica Tran (@jss_tran) et la mascotte M. Poly’pe de Science4Reef (@science4reefs) : deux façons de vulgariser la biologie marine sur Instagram.©DR
Tahiti, le 27 octobre 2026 - Entre BD et vidéos TikTok, la fondation Science4Reef et la biologiste Jessica Tran racontent la biologie marine sans jargon. Leur pari : aller là où est le public pour faire le pont entre science et société.
Un polype corallien en BD, une biologiste sur TikTok : en Polynésie, deux démarches prouvent que la biologie marine peut se raconter simplement. Avec une condition sine qua non : laisser de côté les mots savants et toucher directement le public… sur les réseaux sociaux.
Pour Science4Reef, fondation active pour la protection du corail en Polynésie, tout part d’un problème : “La biologie marine est invisible”. Les gens “voient juste le corail sans savoir ce qu’il se passe” et pensent souvent que s’il est blanc, il est mort, mais “un corail blanchi reste vivant”, informent les scientifiques. C’est pour y répondre qu’est né Monsieur Pol’ype, une bande dessinée imaginée et dessinée par Alexia Arents, stagiaire en communication.
“On fait de la science pure et dure, mais aujourd’hui, on a besoin de communiquer différemment”, explique Laetitia Hédouin, responsable de l’antenne de Polynésie et directrice de recherche au CNRS.
D’où cette BD publiée sur Instagram un lundi sur deux sous forme de slides (planches), pour parler “d’une manière plus fun, plus drôle” de réchauffement, d’acidification, de microbiome ou de reproduction du corail.
La fondation compte déjà au moins huit sujets, avec l’espoir d’en atteindre une dizaine. Ça tombe bien, le “blanchissement est un sujet qu’on peut décliner à toutes les sauces”, s’enthousiasme Alexia Arents.
Mais la BD a un coût que le trait de crayon ne règle pas. Chez Science4Reef, on cherche du mécénat. Car, les “financements locaux, il n’y en a pas beaucoup”, se désole la responsable. Comme la fondation est française, ses donateurs de Polynésie “ne peuvent pas être défiscalisés”. Garder un poste dédié à la communication est donc difficile.
Un polype corallien en BD, une biologiste sur TikTok : en Polynésie, deux démarches prouvent que la biologie marine peut se raconter simplement. Avec une condition sine qua non : laisser de côté les mots savants et toucher directement le public… sur les réseaux sociaux.
Pour Science4Reef, fondation active pour la protection du corail en Polynésie, tout part d’un problème : “La biologie marine est invisible”. Les gens “voient juste le corail sans savoir ce qu’il se passe” et pensent souvent que s’il est blanc, il est mort, mais “un corail blanchi reste vivant”, informent les scientifiques. C’est pour y répondre qu’est né Monsieur Pol’ype, une bande dessinée imaginée et dessinée par Alexia Arents, stagiaire en communication.
“On fait de la science pure et dure, mais aujourd’hui, on a besoin de communiquer différemment”, explique Laetitia Hédouin, responsable de l’antenne de Polynésie et directrice de recherche au CNRS.
D’où cette BD publiée sur Instagram un lundi sur deux sous forme de slides (planches), pour parler “d’une manière plus fun, plus drôle” de réchauffement, d’acidification, de microbiome ou de reproduction du corail.
La fondation compte déjà au moins huit sujets, avec l’espoir d’en atteindre une dizaine. Ça tombe bien, le “blanchissement est un sujet qu’on peut décliner à toutes les sauces”, s’enthousiasme Alexia Arents.
Mais la BD a un coût que le trait de crayon ne règle pas. Chez Science4Reef, on cherche du mécénat. Car, les “financements locaux, il n’y en a pas beaucoup”, se désole la responsable. Comme la fondation est française, ses donateurs de Polynésie “ne peuvent pas être défiscalisés”. Garder un poste dédié à la communication est donc difficile.
“Plus tu connais un sujet, plus tu as envie de te sentir concerné”
De l’autre côté, Jessica Tran, la “biologiste qui zozote” sur internet, fait de la vulgarisation en solo, face caméra. Cheffe de projet en environnement marin dans un bureau d’études, elle jongle entre études d’impact, suivis de chantier et diagnostics environnementaux. Un métier “technique, réglementaire” auquel il manquait “cette petite part de créativité”, admet-elle. C’est là qu’elle a décidé, début 2025, de se lancer sur les réseaux sociaux pour faire découvrir aux internautes les trésors sous-marins du Fenua et la culture polynésienne.
Avec près de 30 000 abonnés sur Instagram et 40 000 sur TikTok, elle touche un public majoritairement âgé de 18 à 34 ans, et sur TikTok son public est à 60 % français et à 20 % polynésien.
Les institutions l’ont déjà repérée : elle a mené pour la Direction de l’environnement une campagne de sensibilisation sur les rivières, une première en direct avec la Diren.
Mais Jessica Tran parle d’une “certaine frustration”, car quand on vulgarise, il faut faire des choix, quitte à “parfois ne pas approfondir assez”. C’est pour cela qu’elle a entrepris de faire des vidéos plus longues sur YouTube.
Pour elle, l’enjeu dépasse la curiosité. “Plus tu connais un sujet, plus tu as envie de te sentir concerné, de vouloir le protéger”, dit-elle, à un moment où l’environnement “passe à la trappe dans toutes les politiques publiques”.
Tels sont les enjeux pour faire bouger les choses. Elle parle d’“une volonté dans le monde scientifique de vouloir recréer ce pont entre sciences et sociétés”, et “passer par les réseaux sociaux, c’est une des solutions”.
Avec près de 30 000 abonnés sur Instagram et 40 000 sur TikTok, elle touche un public majoritairement âgé de 18 à 34 ans, et sur TikTok son public est à 60 % français et à 20 % polynésien.
Les institutions l’ont déjà repérée : elle a mené pour la Direction de l’environnement une campagne de sensibilisation sur les rivières, une première en direct avec la Diren.
Mais Jessica Tran parle d’une “certaine frustration”, car quand on vulgarise, il faut faire des choix, quitte à “parfois ne pas approfondir assez”. C’est pour cela qu’elle a entrepris de faire des vidéos plus longues sur YouTube.
Pour elle, l’enjeu dépasse la curiosité. “Plus tu connais un sujet, plus tu as envie de te sentir concerné, de vouloir le protéger”, dit-elle, à un moment où l’environnement “passe à la trappe dans toutes les politiques publiques”.
Tels sont les enjeux pour faire bouger les choses. Elle parle d’“une volonté dans le monde scientifique de vouloir recréer ce pont entre sciences et sociétés”, et “passer par les réseaux sociaux, c’est une des solutions”.
Pour les suivre :
“La biologiste qui zozote” (Jessica Tran) : @jss_tran sur Instagram et @labiologistequizozote sur TikTok et YouTube La BD de Monsieur Pol’ype : Instagram @science4reefs (la fondation) et @oceantalesbyalexia (le compte de la dessinatrice, Alexia Arents)
Les recommandations de “la biologiste qui zozote” (Jessica Tran) :
- Camille Sousleau (@camillesousleau sur TikTok, plus de 54 000 abonnés), qui “fait très bien de l’immersion dans le métier”.
- Luciole (Instagram @the_luciole), une créatrice qui a travaillé avec Science4Reef sur le territoire. “Elle n’est pas du milieu, mais c’est une passionnée”, et avec “un peu plus de facilité, elle transmet au grand public ce qu’elle apprend. Je trouve ça vraiment bien ce qu’elle fait.” Légende : Jessica Tran (@jss_tran) et la mascotte M. Poly’pe de Science4Reef (@science4reefs) : deux façons de vulgariser la biologie marine sur Instagram
- Luciole (Instagram @the_luciole), une créatrice qui a travaillé avec Science4Reef sur le territoire. “Elle n’est pas du milieu, mais c’est une passionnée”, et avec “un peu plus de facilité, elle transmet au grand public ce qu’elle apprend. Je trouve ça vraiment bien ce qu’elle fait.” Légende : Jessica Tran (@jss_tran) et la mascotte M. Poly’pe de Science4Reef (@science4reefs) : deux façons de vulgariser la biologie marine sur Instagram

































