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Déréglement du climat: des signes toujours plus alarmants



Photo d'illustration
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MAROC, le vendredi 18 novembre 2016 - Hausse des températures, de la concentration en CO2, montée des eaux, recul des glaces: les indicateurs clé du réchauffement planétaire sont plus alarmants que jamais, alors que s'achève à Marrakech la 22e conférence de l'ONU sur les changements climatiques.

- + 1,2°C -

La planète devrait battre en 2016 son 3e record annuel consécutif de chaleur, avec une température supérieure d'environ 1,2°C au niveau de l'ère pré-industrielle, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Si cela se confirme, le 21e siècle comptera 16 des 17 années les plus chaudes constatées depuis le début des relevés en 1880.

En 2016, l'étendue de la banquise arctique a été la 2e plus faible jamais enregistrée (4,14 millions de km2 en septembre), après celle de 2012. Dans certaines régions arctiques de Russie, la température était supérieure de 6 à 7°C à la normale.

L'océan Arctique pourrait être libéré des glaces durant l'été d'ici à 2030.

Partout dans le monde, le recul des glaciers dans les massifs de type alpin s'est poursuivi, pour la 36e année de suite.

Le Groenland a perdu près de 2.700 milliards de tonnes de glace entre 2003 et 2013.

- 400 parties par million -

Les concentrations des trois principaux gaz à effet de serre (GES) - dioxyde de carbone (CO2), méthane et protoxyde d'azote - ont atteint de nouveaux sommets en 2015, puis 2016.

Pour la première fois, la concentration de C02, le principal GES, a dépassé durant toute l'année 2015 les 400 ppm (parties par million) à l'échelle du globe. Cette tendance va se poursuivre.

Pour avoir la meilleure chance de limiter la hausse de la température à 2°C, et ainsi tenter de contenir les plus graves conséquences du réchauffement, la concentration moyenne de GES ne doit pas dépasser en 2100 les 450 ppm CO2eq (équivalent CO2 en parties par million).

Les émissions de GES issues des énergies fossiles devraient être stables en 2016 pour la 3e année consécutive, un progrès inédit, lié aux efforts de la Chine, mais insuffisant, selon le bilan des scientifiques du Global Carbon Project.

Pour chaque tonne de CO2 émise (soit l'équivalent d'un vol New York-Paris pour un passager), le réchauffement qui en résulte entraîne la fonte de trois m2 de glace arctique.

- +3,3 mm par an -

Le niveau des océans a continué à monter en 2015, avec quelque 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993.

Le niveau monte graduellement autour de la Terre d'environ 3,3 mm par an. La hausse est plus rapide en certains points du Pacifique et de l'océan Indien.

Ce phénomène risque de s'accélérer dans les prochaines décennies, à mesure que glaciers et calottes glaciaires fondront.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter au rythme actuel, le recul de la calotte antarctique pourrait à lui seul faire monter les mers d'un mètre d'ici à 2100.

- Extrêmes climatiques -

Le réchauffement favorise déjà des évènements météorologiques extrêmes, en particulier des sécheresses et des vagues de chaleur, indique une étude de l'OMM.

Selon certains climatologues, le nombre de sécheresses, incendies de forêts, inondations, et autres ouragans liés au dérèglement, a doublé depuis 1990.

La violence des typhons sur la Chine, Taïwan, le Japon et les deux Corées, devrait s'en trouver accrue, selon une récente étude, d'après laquelle "ces 37 dernières années, les typhons ayant frappé l'est et le sud-est de l'Asie ont gagné 12 à 15% d'intensité".

Selon la Banque mondiale, les pertes liées aux cataclysmes naturels atteignent 520 milliards de dollars par an et font basculer chaque année 26 millions de personnes dans la pauvreté.

- 1.688 espèces affectées -

Sur les 8.688 espèces menacées ou quasi-menacées, 19% (1.688) sont affectées par le réchauffement, du fait des températures et phénomènes extrêmes qu'il entraîne.

La grande Barrière de corail a connu ces derniers mois son pire épisode de blanchissement en raison des dérèglements du climat.

Un réchauffement au-delà de 1,5 degré, ambitieuse limite évoquée dans l'accord de Paris aux côtés de 2°C, entraînerait un bouleversement des écosystèmes du bassin méditerranéen inédit depuis 10.000 ans.

Rédigé par AFP le Vendredi 18 Novembre 2016 à 18:22 | Lu 263 fois




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