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Carnet de voyage: "En descendant la vallée de Taipivai…"



Une vue partielle de la baie du Contrôleur au fond de laquelle se trouve Taipivai, bien abritée.
Une vue partielle de la baie du Contrôleur au fond de laquelle se trouve Taipivai, bien abritée.
PAPEETE, le 10 novembre 2017- Jadis vallée à la sulfureuse réputation (même si Melville séjourna chez les Taïpi, réputés cannibales, et qu’il les quitta bien vivant), Taipivai renferme suffisamment de petites merveilles pour mériter une journée de balade. Tahiti Infos est allé sur place à la découverte des curiosités de ce coin de Nuku Hiva, en partant du fond de la vallée...

La route entre Taiohae et Taipivai étant parfaitement bétonnée, il est aisé de franchir la montagne pour entrer dans la « vallée des cannibales », telle que l’a décrite Herman Melville dans son roman Typee.


Un mois chez les « cannibales »

Au fond de la vallée de Taipivai, une magnifique cascade offre ses eaux fraîches aux promeneurs.
Au fond de la vallée de Taipivai, une magnifique cascade offre ses eaux fraîches aux promeneurs.
A l’époque, le futur écrivain déserta d’un baleinier, le « Acushnet », pour se réfugier à terre. Le 9 juillet 1842, accompagné d’un autre marin, Richard Tobbias Greene, Melville débarqua clandestinement à Nuku Hiva et parvint à gagner la vallée de Taipivai, celle de Taiohae n’étant pas sûre pour des marins en fuite.
Aux mains des Taïpi, les deux déserteurs auraient pu finir au four ; il n’en fut rien, les Marquisiens les conservant en vie.
Finalement, le 9 août 1842, Melville, loin d’être séduit par l’idée de demeurer à vie chez ses hôtes, parvint à prendre la fille de l’air et à embarquer sur le baleinier australien « Lucy Ann », dont le capitaine avait été prévenu par le brave Tobbias de leur présence dans la vallée (et de leur statut de quasi prisonniers).


Des palmiers endémiques très rares

Une vue de la plate-forme inférieure du meae Paeke avec ses quatre tiki enchâssés dans le mur d’enceinte et le cinquième (partiellement décapité) sur la plate-forme.
Une vue de la plate-forme inférieure du meae Paeke avec ses quatre tiki enchâssés dans le mur d’enceinte et le cinquième (partiellement décapité) sur la plate-forme.
La suite de la vie « polynésienne » de Melville fut agitée, mais c’est à Taipivai que nous resterons aujourd’hui : la vallée, très vaste, au fond de la baie du Contrôleur, est fermée par une impressionnante muraille de basalte d’où semble s’échapper une vertigineuse cascade ; avec un guide, il vous sera facile de vous y rendre et de profiter d’un bain dans la vasque naturelle formée par la chute d’eau.
Auparavant, il est indispensable d’honorer d’une petite visite le coin mi ombre mi soleil qui abrite les derniers palmiers des Marquises, Pelagodoxa henryana, localement appelés « enu ». Ces palmiers endémiques, des raretés botaniques, ne sont plus qu’une petite douzaine, mais leurs noix rugueuses sont recueillies précieusement pour être ensuite placées sous serre et replantées ; l’espèce en elle-même est donc très menacée dans la nature, mais en revanche, elle est aujourd’hui relativement répandue dans les jardins des connaisseurs (on en trouve de très beaux spécimens au jardin botanique de Papeari).


Paeke, le meae aux dix tiki

Un des tiki de la plate-forme supérieure du meae Paeke, semblant garder le site.
Un des tiki de la plate-forme supérieure du meae Paeke, semblant garder le site.
Sur la route qui monte en direction de Hatiheu, une étape s’avère incontournable, celle du meae Paeke. Une petite pancarte en indique la direction en bord de route, sur la gauche en montant. Il suffit de se garer là et de suivre le petit sentier, par endroits très raviné par les pluies, qui conduit, au bout de vingt bonnes minute d’efforts, à une ensemble architectural unique, un meae qui contenait douze tiki et qui en abrite aujourd’hui dix (quelques autres pierres très dégradées, quasiment informes, pouvant correspondre aux anciens tiki manquant à l’appel).
Le site est composé de deux belles plates-formes restaurées englobant dans leurs murs d’enceinte neuf tiki, dont le plus grand mesure plus d’un mètre soixante-dix (le dixième, partiellement décapité, se trouve sur la plate-forme du bas).


Une chapelle en galets

De retour sur la route, il vous suffira de vous laisser descendre en direction de la mer pour admirer le tohua récemment construit de toute pièce au centre du village, et qui permet, lors des festivals des arts, d’offrir aux troupes qui se produisent, danseurs, chanteurs et musiciens, comme au public, un cadre exceptionnel. Un grand coup de chapeau à la mairie de Taipivai qui a réalisé là un espace culturel magnifique et fonctionnel, espace par ailleurs fort bien entretenu.
Plus bas encore, la petite route serpente jusqu’à Hooumi ; arrêt obligatoire à la petite chapelle couverte et à celle qui la jouxte, à ciel ouvert, construite à partir des restes de paepae (de magnifiques pierres à aiguiser les herminettes sont enchâssées dans le mur de galets).
Au bout du bout de la route, l’heure sera à la baignade sur la plage aussi vaste que déserte de Hooumi…



Textes et photos : Daniel Pardon


Taipivai pratique

- Il n’y a pas de restaurant à Taipivai. Vous devrez donc demander à votre hôtel de vous préparer un casse-croûte, à moins que vous ne préfériez organiser vous-même votre pique-nique à partir d’une épicerie de Taiohae.

- A ne surtout pas oublier, un répulsif contre moustiques et nonos ; on ne va pas vous affirmer qu’il n’y en a pas, ce serait un gros mensonge (et ces petites bêtes ont gâché bien des journées à des visiteurs imprévoyants).

- En termes d’hébergement, « Séjours dans les îles » offre deux possibilités à Nuku Hiva : la pension Mave Mai et l’hôtel Keikahanui Pearl Lodge, un magnifique ensemble que nous vous avons présenté il y a peu. Vingt bungalows dans un parc arboré de sept hectares, une piscine (bienvenue en fin de journée, après avoir joué à Indiana Jones !), et un restaurant de qualité s’offrent aux visiteurs désireux de bénéficier du confort d’un trois étoiles. Indubitablement, la bonne adresse. Les budgets plus serrés préfèreront la pension Mave Mai.

- Prix pour deux nuits

-Pension Mave Mai : séjour vol + 2 nuits à partir de 61 652 Fcfp., avec petit déjeuner. Nuit supplémentaire à partir de 5 500 Fcfp par personne (avec petit-déjeuner)
- Hotel Keikahanui Pearl Resort : séjour vol + 2 nuits à partir de 76 252 Fcfp avec petit-déjeuner. Nuit supplémentaire à partir de 13 900 Fcfp par personne, avec petit-déjeuner.

- Le conseil Tahiti Infos

On ne va pas à Nuku Hiva comme à Moorea. Compte tenu du prix du billet d’avion, n’hésitez pas à allonger votre séjour, 3 ou 4 nuits à Nuku Hiva n’étant pas de trop, il s’en faut, pour visiter tous les coins et recoins de cette magnifique destination. Et couplez bien sûr votre séjour avec Hiva Oa.


La semaine prochaine :

Hatiheu : les fruits partagés de l’archéologie
A Hatiheu, archéologues, scientifiques et population locale ont unis leurs efforts pour permettre au passé de recoller au présent.





Rédigé par Daniel Pardon le Vendredi 10 Novembre 2017 à 14:34 | Lu 1782 fois





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