Paris, France | AFP | mercredi 03/03/2026 - La chaîne de télévision CNews a reçu une mise en demeure de l'Arcom pour son traitement jugé "univoque" de l'affaire de Crépol (Drôme), où un adolescent avait été tué en 2023, selon une décision du régulateur publiée mercredi au Journal officiel.
Les quinze émissions concernées ont été diffusées en mars 2025, lors de la parution d'un livre sur l'affaire, "Une nuit en France" (Grasset).
"Le drame survenu à Crépol a (...) été traité de manière univoque, les intervenants ayant systématiquement soutenu de manière péremptoire qu'il s'agirait d'un meurtre raciste" anti-blanc, selon la décision de l'Arcom.
Les journalistes auteurs du livre avaient "critiqué cette interprétation" dans leur ouvrage, alors qu'elle avait été relayée par "une partie de la classe politique et plusieurs médias".
En soi, "la légitimité" de la critique de l'ouvrage sur CNews "n'est pas en cause", estime l'Arcom. Mais elle s'est "accompagnée de commentaires univoques de l'affaire, interprétée comme un raid à caractère raciste dont l'ouvrage et dans une certaine mesure la justice elle-même occulteraient la vraie nature", argumente le régulateur, qui cite des passages des émissions.
"La multiplication, sur une période resserrée, de séquences n'accréditant qu'une seule thèse sans aucune contradiction, alors même que des interprétations contraires s'opposent et que la procédure judiciaire est toujours en cours, caractérise un manquement de l'éditeur", juge l'Arcom.
Dans l'échelle de ses interventions, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.
Reporters sans frontières (RSF) avait saisi l'Arcom en octobre pour lui demander de "sanctionner" la chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. RSF faisait valoir que les auteurs du livre avaient subi une "vague de harcèlement et de menaces". Ces derniers, Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon, avaient également saisi le régulateur.
En novembre 2023, des jeunes venus pour certains des quartiers populaires de Romans-sur-Isère s'étaient affrontés avec un groupe de jeunes de Crépol à l'issue d'un bal. Les premiers avaient sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas, 16 ans, ensuite décédé.
Quatorze jeunes hommes, pour certains mineurs à l'époque, ont été mis en examen. Tous nient avoir porté le coup mortel.
Le 11 février, l'Arcom a infligé des amendes totalisant 100.000 euros à CNews pour deux séquences diffusées à l'été 2025, pouvant inciter selon le régulateur à la discrimination des musulmans et des Algériens.
Les quinze émissions concernées ont été diffusées en mars 2025, lors de la parution d'un livre sur l'affaire, "Une nuit en France" (Grasset).
"Le drame survenu à Crépol a (...) été traité de manière univoque, les intervenants ayant systématiquement soutenu de manière péremptoire qu'il s'agirait d'un meurtre raciste" anti-blanc, selon la décision de l'Arcom.
Les journalistes auteurs du livre avaient "critiqué cette interprétation" dans leur ouvrage, alors qu'elle avait été relayée par "une partie de la classe politique et plusieurs médias".
En soi, "la légitimité" de la critique de l'ouvrage sur CNews "n'est pas en cause", estime l'Arcom. Mais elle s'est "accompagnée de commentaires univoques de l'affaire, interprétée comme un raid à caractère raciste dont l'ouvrage et dans une certaine mesure la justice elle-même occulteraient la vraie nature", argumente le régulateur, qui cite des passages des émissions.
"La multiplication, sur une période resserrée, de séquences n'accréditant qu'une seule thèse sans aucune contradiction, alors même que des interprétations contraires s'opposent et que la procédure judiciaire est toujours en cours, caractérise un manquement de l'éditeur", juge l'Arcom.
Dans l'échelle de ses interventions, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.
Reporters sans frontières (RSF) avait saisi l'Arcom en octobre pour lui demander de "sanctionner" la chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. RSF faisait valoir que les auteurs du livre avaient subi une "vague de harcèlement et de menaces". Ces derniers, Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon, avaient également saisi le régulateur.
En novembre 2023, des jeunes venus pour certains des quartiers populaires de Romans-sur-Isère s'étaient affrontés avec un groupe de jeunes de Crépol à l'issue d'un bal. Les premiers avaient sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas, 16 ans, ensuite décédé.
Quatorze jeunes hommes, pour certains mineurs à l'époque, ont été mis en examen. Tous nient avoir porté le coup mortel.
Le 11 février, l'Arcom a infligé des amendes totalisant 100.000 euros à CNews pour deux séquences diffusées à l'été 2025, pouvant inciter selon le régulateur à la discrimination des musulmans et des Algériens.






























