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Bakou poursuit ses interférences


Tahiti, le 21 juillet 2026 - Bakou s’était fait discret ces derniers mois, mais une prise de position récente du président de l’Azerbaïdjan fait remonter les accusations d’ingérence. Trois députés, dont Nicole Sanquer et Moerani Frébault, ont écrit au ministre de l’Europe et des affaires étrangères pour que cessent ces attaques envers les outre-mer français.

 
L’Azerbaïdjan a fait son retour dernièrement dans le débat sur l’indépendance des territoires français d’outre-mer. Publié sur les pages Facebook et X du Groupe Initiative Bakou, une intervention du président de ce pays du Caucase, le 13 juillet dernier, a refait monter la pression à l’Assemblée nationale.
 
Pour Ilham Aliev, “les droits de l’homme sont une question universelle”. Renvoyant la France à ses critiques concernant son régime, le président de l’Azerbaïdjan est allé plus loin : “Des actions illégales ont été menées dans ces territoires d’outre-mer, notamment des essais nucléaires. Combien d’essais nucléaires ont été effectués en Polynésie française ? “Cent, deux cents, peut-être davantage.”
 
Une saillie contre l’État français qu’il a conclue : “Au XXIᵉ siècle, il n’est pas possible de maintenir comme colonies des territoires situés à 10 000 kilomètres de distance. Les populations de ces territoires ne veulent pas de cette situation. Elles veulent vivre leur propre vie.”
 
Ces dernières déclarations ont interpellé les députés autonomistes polynésiens à Paris. Dans une lettre cosignée par Nicole Sanquer et Moerani Frébault pour la Polynésie, et par Nicolas Metzdorf pour la Nouvelle-Calédonie, les députés s’insurgent contre cette prise de position d’Ilham Aliev, réduisant les territoires ultramarins à des colonies. Un courrier présenté la nuit dernière en conférence de presse à l’Assemblée nationale. “Ces propos représentent une insulte envers la France”, écrivent-ils dans un courrier envoyé à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. “Les ingérences azerbaïdjanaises ne se limitent pas uniquement aux déclarations publiques. La liste est longue et Bakou orchestre depuis 3 ans une véritable opération contre la souveraineté française en outre-mer.”
 
Les députés s’expliquent même. “Contrairement au Haut-Karabagh, nos territoires ont eux choisi librement la France dans le respect du droit international. (…) Monsieur le ministre, la déstabilisation envers nos territoires ne peuvent plus demeurer impunies et être limitées à de simples condamnations.”
 
Les trois députés ultramarins demandent de la part de l’Etat la mise en œuvre d’une “réponse ferme”. “La réponse de la France doit servir d’exemple pour toutes les puissances qui déstabilisent et fantasmes sur nos territoires.”

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 21 Juillet 2026 à 18:10 | Lu 284 fois