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Bagarre au bloc de Cardella : Interdiction définitive d’exercer requise contre le chirurgien



Le tribunal rendra sa décision en août dans l'affaire de la bagarre entre deux médecins en pleine opération chirurgicale au bloc de la clinique Cardella.
Le tribunal rendra sa décision en août dans l'affaire de la bagarre entre deux médecins en pleine opération chirurgicale au bloc de la clinique Cardella.
PAPEETE, le 13 juin 2017 - Deux médecins, un chirurgien esthétique et un anesthésiste, étaient jugés ce mardi en audience correctionnelle pour s’être violemment battus en octobre 2016 alors qu’ils terminaient une intervention au bloc opératoire de la clinique Cardella. La police avait dû intervenir.


Rappelons que les faits, à l’époque largement relayés dans la presse, datent du mois d'octobre 2016. Ce jour-là, la DSP est appelée à la clinique Cardella car deux praticiens viennent de se battre en plein milieu d’une intervention chirurgicale. L’enquête attestera qu’après avoir opéré sa patiente d’une chirurgie faciale, le chirurgien Maxime Valla avait demandé à l’anesthésiste Patrick Parizot de lui fournir des anti-inflammatoires à lui administrer lors de la phase de réveil, contrairement à ce que prévoyait le protocole médical selon l'anesthésiste qui aurait alors refusé de s'exécuter.

Enervé et agité, Maxime Valla, le chirurgien, lui aurait asséné un premier coup. L’anesthésiste Patrick Parizot se serait relevé et en aurait reçu un deuxième. Alors qu’il sortait du bloc pour préparer sa prochaine intervention, le docteur Valla se serait alors approché à "10 centimètres de son visage", lui expliquant qu’ils se retrouveraient "ici" ou dans "l’au-delà". L’anesthésiste agressé aurait ensuite mis un coup de tête au chirurgien, lui occasionnant 15 jours d'incapacité totale de travail. Une fois sur place, les forces de l’ordre appelées pour ramener le calme interpelleront un Maxime Valla au comportement diffus, agressif et irrationnel. L’homme sera d’ailleurs interné un moment au service psychiatrique du CHPF.

L’anesthésiste, qui exerce en Polynésie française depuis une trentaine d’années, et le chirurgien, inscrit au conseil de l’ordre de Papeete depuis août 2014, étaient l'un et l'autre poursuivis pour ces violences volontaires et réciproques. Maxime Valla l'était quant à lui aussi pour mise en danger de la vie de sa patiente, menaces de mort et détention non autorisée de stupéfiants.

"Violent et instable"

L’enquête autour de cette bagarre en plein bloc avait en effet permis d’établir que le chirurgien présentait, ce jour-là, un comportement violent et instable qui s’explique peut-être par les analyses sanguines effectuées sur sa personne et qui ont révélé des traces de méthamphétamines et d’amphétamines. Outre des soupçons d’intoxication aux stupéfiants, Maxime Valla a, durant toute l’enquête, fait preuve d’un comportement fuyant et mythomane. Le prévenu avait fait interrompre plusieurs de ses gardes à vue, expliquant qu’il souffrait de diabète, de bipolarité et de cyclothymie, rendant extrêmement difficile pour les enquêteurs de police de la DSP de l’auditionner efficacement.

A la question du procureur de la République qui lui a demandé aujourd'hui ce qu’il en était réellement de son état de santé, le chirurgien a expliqué que l’évocation de ces maladies n’était, en fait, qu’une "astuce" pour échapper à la garde à vue. Alors que le docteur s'excusait de son attitude, "c’est pour vous-même que vous devriez être désolé", lui a rétorqué le procureur de la République.

Lors de ses réquisitions, le représentant du ministère public a insisté sur "l’absence de sérieux" de deux professionnels en lesquels les patients devraient avoir confiance. Pour le coup de tête porté par l'anesthésiste Patrick Parizot, qui ne peut plus exercer depuis les faits, le procureur de la République a requis une amende de 150 000 francs avec sursis. 6 mois de prison avec sursis ainsi que l’interdiction définitive d’exercer sa fonction ont été requis à l’encontre du chirurgien Maxime Valla, qui opère toujours. L’aspect manipulateur de son comportement tout au long de l’enquête lui ayant doublement porté préjudice aux yeux de l'accusation.

Plaidant pour la défense de l’anesthésiste, Me Jourdainne a évoqué un "homme intègre", à la "carrière irréprochable", qui voyait "sa vie se briser" à trois ans seulement de sa retraite professionnelle. Il a plaidé la légitime défense pour son client, agressé en premier par Maxime Valla selon les témoins. L'avocat du chirurgien, venu de métropole, est, quant à lui, resté sur sa ligne de défense, expliquant que l’enquête avait été menée "à charge" contre son client et rappelant que les policiers étaient allés jusqu'à utiliser un chien spécialisé dans la recherche des produits stupéfiants lors des différentes perquisitions au cabinet et au domicile du chirurgien. Rien de probant n'avait été trouvé hormis un demi-stick de pakalolo dont le médecin a démenti qu'il était à lui.

Maxime Valla était également poursuivi pour des menaces téléphoniques de mort proférés à l’encontre d’un journaliste qui avait relaté l'affaire. Ce dernier s’est constitué partie civile. La décision du tribunal sera rendue au courant du mois d’août.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 13 Juin 2017 à 18:28 | Lu 14072 fois






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