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Azerbaïdjan - De 12 à 15 ans de prison pour des journalistes et des militants des droits de l'homme


Bakou, Azerbaïdjan, le 30 juillet 2026. Un tribunal azerbaïdjanais a condamné lundi à des peines allant de douze à quinze ans d'emprisonnement neuf personnes dans le cadre d'une affaire visant un média critique et une ONG, selon un journaliste de l'AFP présent à l'audience.


En mars 2024, la police de ce pays autoritaire du Caucase avait perquisitionné les bureaux de Toplum TV, arrêtant plusieurs de ses employés poursuivis dans une affaire de "contrebande de devises étrangères".

Lundi, le directeur de ce média, Alasgar Mammedli, a été condamné à 14 ans de prison. Les journalistes Farid Ismayilov et Elmir Abbassov ont, eux, été condamnés à douze ans d'emprisonnement, tandis qu'un autre, Mouchfig Jabbarov, a été condamné à 13 ans.

Akif Gourbanov, un militant politique, finaliste en 2024 du Prix des droits de l'homme Vaclav Havel, a lui été condamné à quinze ans de prison, de même que Rouslan Izzetli. Tous deux sont membres d'une ONG de défense des droits humains, l'Institut des initiatives démocratiques, un groupe politique partenaire de Toplum TV.

Un troisième membre de cette organisation, Ali Zeïnalov, a été condamné à 14 ans de prison et deux autres, Ramil Babaïev et Ilkin Amrahovet, à 13 ans de réclusion.

Lors du procès, tous les accusés ont plaidé non coupable et dénoncé des poursuites à caractère politique et montées de toutes pièces.

Dans un communiqué, la Fédération internationale des journalistes a déploré lundi des peines "extrêmement lourdes" qui confirment "la nature politique du procès ainsi que la volonté des autorités d'intimider et de réprimer des journalistes qui ne font qu'exercer leur métier".

L'Azerbaïdjan, dirigé depuis 2003 par Ilham Aliev, est accusé de longue date d'étouffer les médias critiques et les libertés fondamentales.

Ce pays riche en hydrocarbures est classé 171e, sur 180, dans le classement de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui estime que Ilham Aliev y a "anéanti" tout "pluralisme" et y mène "une guerre impitoyable contre les dernières voix critiques".

Rédigé par AFP le Jeudi 30 Juillet 2026 à 12:41 | Lu 150 fois