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Au Japon, pays de l'origami, les bulletins de vote se déplient tout seuls



Au Japon, pays de l'origami, les bulletins de vote se déplient tout seuls
TOKYO, 15 déc 2012 (AFP) - Au pays de l'origami, les bulletins de vote se déplient tout seuls dans les urnes. C'est l'une des mille et une bizarreries électorales au Japon, dont les citoyens votent dimanche pour renouveler leurs 480 députés.

Mais avant de voter, il faut choisir, et avant d'être élu, il faut faire campagne.

Si aux Etats-Unis les réseaux sociaux comme Facebook ont joué un rôle essentiel lors de la dernière présidentielle, si en Chine on les surveille et au besoin les muselle parce que justement on les craint, au Japon du 21e siècle, on a toujours recours aux bonnes vieilles méthodes de terrain.

Car il est interdit de faire sa promotion sur internet durant les treize jours de campagne officielle, ce qui éloigne encore plus les personnalités politiques de la jeunesse nippone.

Non seulement les candidats n'ont pas le droit de gazouiller en ligne, mais ils doivent en plus s'abstenir de mettre leur site à jour ou de publier de nouvelles contributions sur Facebook durant les deux semaines précédant le scrutin.

Certains s'en lavent les mains, tel le remuant maire d'Osaka, le quadragénaire Toru Hashimoto, un ex-avocat qui joue habilement avec la loi en arguant que si son parti est certes candidat, lui ne l'est pas nommément.

Quant aux aspirants députés ou vieux caciques clientélistes maintes fois reconduits, ils font "la tournée des popotes à l'ancienne".

Cela donne une folklorique campagne de terrain et de proximité, avec des camionnettes hérissées de haut-parleurs, recouvertes de slogans sur les flancs, qui sillonnent les circonscriptions, s'arrêtent de gares en centres commerciaux et animent le quartier avec une sono d'enfer. Joli cliché désuet de messieurs d'allure respectable suant ou grelottant, juchés sur le toit de leur fourgonnette, quatre ou cinq micros scotchés en main, en train de s'époumonner.

Au risque de se casser la voix... et la figure, comme récemment le Premier ministre sortant, Yoshihiko Noda.

Après ce carnaval, arrive le jour du choix.

En fait on devrait dire "les" jours du choix car on peut voter dès le lendemain de l'ouverture de la campagne officielle.

Les électeurs qui ne peuvent pas se rendre aux urnes le "Jour J" ont la possibilité de le faire auparavant sans aucune démarche particulière ni même de "mot d'excuse": une pièce d'identité, les documents électoraux qu'ils ont reçus, et hop! ils peuvent remplir leur devoir, même... dans des supermarchés ou des gares. Quelque 10% des électeurs avaient choisi de voter par anticipation lors du précédent scrutin législatif de 2009.

Porte ouverte au trucage ? Que nenni. S'il est arrivé que des groupes de pression payent des électeurs pour qu'ils écrivent sans sourciller ce qu'on leur dit sur le bulletin, on n'a pas relevé ces dernières années de cas de fraude avérée.

Ecrire à la main pour voter, lire à la machine pour dépouiller

Dans les bureaux de vote, pas d'isoloir. A la place, de simples box sans rideaux, séparés par des parois translucides. Un "mode d'emploi" électoral affiché, un crayon et des... bulletins "intelligents".

Il n'y a pas de nom préinscrit sur ces simples petites feuilles vierges. Et une fois glissées dans l'urne, pliées en quatre et sans enveloppe, elles sont conçues pour... s'ouvrir toute seules. Imparable !

Inconvénient: c'est plus cher. Avantage: le dépouillement va plus vite.

Japon traditionnel: les électeurs écrivent à la main le nom de leur candidat, soit en idéogrammes (kanji), soit en syllabaires japonais (hiragana ou katakana). Ils peuvent même mélanger les trois et écrire de façon cursive. Le bulletin ne sera refusé que s'il est absolument illisible, si le nom inscrit n'existe pas, s'il y a deux patronymes ou un mot autre.

Japon moderne: des automates sont capables de lire et reconnaître les noms et d'aiguiller les bulletins dans les cases de chaque candidat, comme au tri postal. Et ça va très très vite, jusqu'à 660 bulletins par minute.

Une deuxième machine recompte les piles pour chaque candidat, à raison de 1.500 bulletins par minute. Finalement, tout sera vérifié par l'homme.

Japon de la précision: dans un pays où rames de trains et métro sont programmées à la seconde, il existe des "voix à virgule"!.

Si, dans une circonscription, deux candidats ont le même nom de famille, mais que des électeurs ont oublié d'inscrire le prénom, on partage ces bulletins entre les deux homonymes proportionnellement au nombre de voix reçues par ailleurs, et cela donne quelque chose du genre "M. Yamada: 547,4 voix".

Rédigé par Par Karyn POUPEE le Samedi 15 Décembre 2012 à 06:21 | Lu 1181 fois





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