Tahiti, le 29 août 2026 - Sur le front de mer de Papeete, face à la gare maritime, une silhouette familière est en train de disparaître. À l’arrêt depuis plusieurs mois, l’ancienne centrale thermique de Vairaatoa a entamé son démantèlement. Ce samedi, les engins de levage s’activaient encore sur le site.
Un mois tout juste après la disparition des six cheminées métalliques de l’ancienne centrale thermique Vairaatoa qui dominaient le paysage de Papeete, c’est au tour des transformateurs de 14 tonnes et les cuves de gazole de quitter le front de mer. Pièce par pièce, EDT Engie démantèle ce qui fut, pendant 65 ans, l’un des piliers de l’énergie en Polynésie.
Rien n’est laissé au hasard sur ce chantier, mené conjointement par EDT Engie, le Chantier naval du Pacifique Sud (CNPS), Boyer et Hotu Nui, sous le contrôle d’un coordinateur sécurité dédié.
“On demande à nos agents d’être focus, toujours sur la sécurité. On souhaite qu’ils rentrent à la maison sains et saufs”, insiste-t-on du côté d’EDT. Briefings quotidiens, réunions et formations spécifiques : la centrale, en service pendant six décennies, concentre les risques classiques d’un site industriel vieillissant. “Le risque électrique, évidemment, mais après, ce sont des risques basiques de chantier : écrasement, chute.”
Quant aux transformateurs, ils ne présentent, eux, aucun danger sanitaire. “Ils ont été vidangés de leur huile. C’est un tas de métaux.” Vers 11 h 30, samedi, les deux transformateurs ont quitté le site, direction Tipaerui, avant d’être acheminés vers Enviropol.
Un mois tout juste après la disparition des six cheminées métalliques de l’ancienne centrale thermique Vairaatoa qui dominaient le paysage de Papeete, c’est au tour des transformateurs de 14 tonnes et les cuves de gazole de quitter le front de mer. Pièce par pièce, EDT Engie démantèle ce qui fut, pendant 65 ans, l’un des piliers de l’énergie en Polynésie.
Rien n’est laissé au hasard sur ce chantier, mené conjointement par EDT Engie, le Chantier naval du Pacifique Sud (CNPS), Boyer et Hotu Nui, sous le contrôle d’un coordinateur sécurité dédié.
“On demande à nos agents d’être focus, toujours sur la sécurité. On souhaite qu’ils rentrent à la maison sains et saufs”, insiste-t-on du côté d’EDT. Briefings quotidiens, réunions et formations spécifiques : la centrale, en service pendant six décennies, concentre les risques classiques d’un site industriel vieillissant. “Le risque électrique, évidemment, mais après, ce sont des risques basiques de chantier : écrasement, chute.”
Quant aux transformateurs, ils ne présentent, eux, aucun danger sanitaire. “Ils ont été vidangés de leur huile. C’est un tas de métaux.” Vers 11 h 30, samedi, les deux transformateurs ont quitté le site, direction Tipaerui, avant d’être acheminés vers Enviropol.
Revente et recyclage
Une fois démonté, chaque élément est orienté vers une filière adaptée. Les pièces mécaniques les plus recherchées, notamment les pièces moteurs, ont trouvé preneurs localement. “Le tourisme s'est montré très intéressé par le rachat des pièces moteurs”, confie Maheata Richaud-Kiou, cheffe du service exploitations thermiques chez EDT, qui précise que la vente est quasiment actée.
Les métaux, eux, partent au recyclage, tandis que le reste des déchets, dont l'huile des transformateurs évacuée le jour même, rejoint des filières agréées, essentiellement en Nouvelle-Zélande, via les sociétés locales Technival par exemple. Une constante revient dans le discours d'EDT : la volonté d'avoir confié l'intégralité du chantier à des entreprises polynésiennes. “On n'a pas eu à faire appel à des sociétés extérieures. Notre but, c'était vraiment de mobiliser et favoriser les sociétés locales, qui ont toutes les compétences et toute l'expertise pour ce type de chantier.”
Le crépuscule d'une pionnière Construite en 1961 et mise en service l'année suivante, Vairaatoa fut la toute première centrale électrique de Tahiti. À une époque où l'île comptait beaucoup moins de foyers qu'aujourd'hui, c'est elle, et elle seule, qui alimentait l'ensemble du territoire, avant l'arrivée de l'hydraulique puis du solaire.
“Ce sont les débuts d'EDT. Les débuts de l'histoire de l'électricité de Tahiti”, résume-t-on chez l'exploitant. Une page qui se referme non sans un mot pour ceux qui ont fait vivre la centrale : “On pense aussi aux agents qui ont œuvré” sur ce site pendant plus de soixante ans.
À l'arrêt depuis plusieurs mois déjà, la centrale doit sa mise à la retraite à la montée en puissance des énergies renouvelables. “La mise en service de la batterie de Punaruu et l'essor du solaire ont permis de décider de mettre à la retraite cette centrale sans qu'il n'y ait d'impact sur le système énergétique”, explique le responsable du chantier.
Le personnel qui l'exploitait a d'ores et déjà été redéployé sur le site de Punaruu. Il n'intervient plus à Vairaatoa que ponctuellement, pour les besoins du démantèlement.
Futur Royal Papeete Center
D'ici la fin de l'année, les équipes s'attaqueront à la dépose des groupes G1, G2 et G3, ainsi qu'à l'ensemble des équipements auxiliaires encore en place : démontage des pièces mécaniques, découpe des blocs moteurs.
Le chantier entrera alors dans sa phase la plus visible, avec le lancement, début 2027, des travaux de démolition du bâtiment lui-même. Cette étape plus lourde ne sera pas sans conséquence sur la circulation. Si les opérations de ce samedi ont pu se dérouler à l'écart de la voie publique, la démolition nécessitera, elle, des coupures de route ponctuelles, le temps de positionner les bennes destinées à évacuer les déchets vers les filières de traitement.
Et après ? Reste la question de l’avenir du site, qui appartient au Pays. EDT indique que “les discussions sont en cours avec les services du Pays” et que “l’avenir n’est pas encore fixé”.
Mais le terrain de 3 600 m², actuellement utilisé comme parking face à la gare maritime, doit accueillir le futur Royal Papeete Center. Le projet prévoit un complexe de sept étages avec galerie commerciale, pôle culturel, salle de spectacle de 400 places et parking silo de plus de 200 places. Le début des travaux est annoncé pour fin 2026.