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​Octobre rose – “À Tahiti iti, on fait sa radio tītī !”


Miranda et Hélène ont témoigné de l’importance du dépistage (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 2 octobre 2026 – Entre ateliers, conférence et témoignages, le lancement d’Octobre rose à Taravao a été riche en informations et en émotions. Retour sur cette journée de sensibilisation avec le gynécologue Laurent Bonnamy et deux Amazones au parcours édifiant.
 

Le centre Teaputa s’est paré de rose, ce vendredi, à l’occasion du coup d’envoi du mois de sensibilisation au cancer du sein. “Ensemble pour la prévention : s’informer, agir, soutenir et se protéger”, c’était le thème de cette journée organisée par l’association Amazones Pacific, en partenariat avec l’Institut du cancer de Polynésie française (ICPF), l’hôpital de Taravao, le comité polynésien de la Ligue contre le cancer et la commune de Taiarapu-Est.
 
Plusieurs ateliers autour des soins de support étaient au programme : création de turbans, danse, massages, pilates, théâtre, etc. Des stands de prévention tenus par des partenaires institutionnels et associatifs complétaient ce village rose. Point d’orgue de la matinée : une conférence était animée par le Dr. Laurent Bonnamy, gynécologue à la Presqu’île depuis 20 ans. Il est revenu sur les facteurs de risque et les modalités de prise en charge, l’occasion de rappeler aussi quelques chiffres : 38 % des femmes effectuent leur mammographie tous les deux ans, soit pratiquement deux femmes sur trois qui ne se font pas dépister. “C’est un problème… c’est même ‘le’ problème”, a souligné le taote.
 

Intervention du Dr. Laurent Bonnamy, gynécologue à la Presqu’île.

Des témoignages encourageants


Une intervention basée sur l’échange avec le public, qui a permis de libérer la parole. Plusieurs patientes et proches de patientes ont spontanément pris le micro pour témoigner, comme Hélène, résidente de Papeari âgée de 80 ans, passée par la maladie. “J’ai été diagnostiquée en 2007. J’allais très bien, mais une amie a eu un problème. Ça m’a motivée à me faire contrôler : on m’a trouvé un petit truc de rien du tout, mais après analyse, j’étais avec le crabe. À l’époque, j’ai été prise en charge à Mama’o : j’ai été opérée, et comme c’était petit, je suis passée directement à la radiothérapie. Ce que j’aimerais rappeler, c’est qu’on a la chance, en France, que tout soit pris en charge. On a toutes intérêt à se faire dépister, en sachant que plus tu t’y prends tôt, moins le traitement est lourd”, a-t-elle confié, aujourd’hui en pleine forme tout en maintenant un suivi régulier.
 
Autre témoignage : celui de Miranda, 52 ans, résidente de Pirae originaire de Tautira, diagnostiquée en mars dernier et actuellement en parcours de chimiothérapie. Elle avait été encouragée par sa soeur jumelle, aussi atteinte d’un cancer, à se faire rapidement dépister : “Ça a commencé par des douleurs au sein gauche. J’ai passé plusieurs examens, dont une biopsie. On m’a annoncé qu’il fallait me faire une mastectomie, qui s’est bien passée et qui a bien cicatrisé. Je n’ai pas eu peur, je n’ai pas eu honte : j’ai affronté la maladie avec ma soeur. On a les gènes de notre maman et de notre tatie, qui n’a pas pris de traitement et qui est partie en 1999... Aujourd’hui, je suis heureuse et je suis belle, même sans mes cheveux !”
 
Des messages en faveur de l’importance d’un dépistage précoce de la maladie, qui rejoignent les préconisations des professionnels de santé. “En tant que médecin, j’apporte des informations, mais c’est beaucoup plus fort quand les gens s’expriment sur leur propre parcours. Les deux réunis, ça encourage les patientes à se prendre en charge”, conclut le Dr. Laurent Bonnamy. Pour rappel, depuis cette année, la mammographie est accessible gratuitement dès 45 ans, tous les deux ans, sans ordonnance.
 

Des actions de proximité à l’année


Pour aller de l’avant, des actions en faveur de la proximité des soins permettent de surmonter certains obstacles. La pérennisation à l’année du dispositif Tarona Tere – qui vise à faciliter le transport collectif des femmes vers les centres de radiologie – fait l’objet de chartes signées par l’ICPF et les communes partenaires, l’objectif étant désormais que davantage de municipalités rejoignent le mouvement. À Taravao, l’antenne des Amazones de Tahiti iti, qui rassemble une cinquantaine de patientes, propose un accès hebdomadaire aux soins de support depuis janvier 2025. À l’hôpital de Taravao, où le service d’oncologie est actif depuis 2018, c’est un projet d’aménagement de la salle d’attente qui se dessine pour le confort des malades.
 

Coup d’envoi du mois de sensibilisation au cancer du sein à Taravao.

Informations et soins de support étaient à disposition.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Vendredi 2 Octobre 2026 à 15:47 | Lu 270 fois