Tahiti, le 22 avril 2026 - Le Tavini a finalement pris le taureau par les cornes. Après avoir reçu les 15 démissions de ses représentants à l’assemblée de la Polynésie française, partis créer le groupe A Fano Ti’a, le bureau exécutif du parti a pris la décision de les radier. Une décision qui sonne cependant comme un coup dans le vide, puisque le parti n’a pas décidé officiellement d’en faire de même avec les membres du gouvernement… pour l’instant.
Drôle de conférence de presse mercredi au Tavini huiraatira, où Oscar Temaru et Tony Géros ont mis les formes pour présenter la radiation des 15 élus dissidents du Tavini partis former le groupe A Fano Ti’a, sans s’exprimer clairement sur l’attitude à venir concernant leur entente avec le gouvernement, issu pourtant de ses rangs il y a trois ans.
L’annonce de la radiation des 15 élus de la liste Tavini qui ont fait sécession il y a deux semaines n’était pas vraiment une surprise. Si ces derniers ont démissionné du groupe, la démission du parti devait être imminente tant il leur était devenu inconfortable d’avoir à la fois un pied dehors et un pied dedans. Le parti a préféré prendre les devants dans une conférence de presse aux allures de coup de poing sur la table. “Ces membres ont pris leur distance avec le parti”, expliquait Antony Géros mercredi matin entouré de quelques élus et sympathisants du mouvement. “On ne pouvait pas rester passifs, même si la décision était difficile à prendre.”
Le reproche est clair : “Il n’y a pas deux types de souveraineté”, a expliqué le président de l’assemblée. “Il n’y en a qu’une seule.” Autrement dit, l’indépendance, c’est l’affaire du Tavini, et de personne d’autre.
Drôle de conférence de presse mercredi au Tavini huiraatira, où Oscar Temaru et Tony Géros ont mis les formes pour présenter la radiation des 15 élus dissidents du Tavini partis former le groupe A Fano Ti’a, sans s’exprimer clairement sur l’attitude à venir concernant leur entente avec le gouvernement, issu pourtant de ses rangs il y a trois ans.
L’annonce de la radiation des 15 élus de la liste Tavini qui ont fait sécession il y a deux semaines n’était pas vraiment une surprise. Si ces derniers ont démissionné du groupe, la démission du parti devait être imminente tant il leur était devenu inconfortable d’avoir à la fois un pied dehors et un pied dedans. Le parti a préféré prendre les devants dans une conférence de presse aux allures de coup de poing sur la table. “Ces membres ont pris leur distance avec le parti”, expliquait Antony Géros mercredi matin entouré de quelques élus et sympathisants du mouvement. “On ne pouvait pas rester passifs, même si la décision était difficile à prendre.”
Le reproche est clair : “Il n’y a pas deux types de souveraineté”, a expliqué le président de l’assemblée. “Il n’y en a qu’une seule.” Autrement dit, l’indépendance, c’est l’affaire du Tavini, et de personne d’autre.
“Step by step”
Si la démission, ou la radiation, des élus qui composent le groupe A Fano Ti’a était devenue une évidence, quid des membres du gouvernement qui sont eux aussi au Tavini. Chantal Galenon, Vannina Crolas et, surtout, le président du Pays, Moetai Brotherson, décrit comme le prochain président du parti constitué par les élus ayant provoqué la fracture, sont-ils eux aussi radiés ? Réponse surprenante de Tony Géros : “On est là aujourd’hui que pour parler des cas des élus qui ont démissionné”, a-t-il tourné autour du pot. “On y va step by step (étape après étape).” La question est reposée de façon différente, pour une réponse quasi-similaire : “Wait and see (attendez et voyez)”, explique Oscar Temaru.
Difficile d’être plus sibyllin en la matière, mais c’est surtout la gêne de donner une vraie réponse tranchée qui transparaît alors. Oscar Temaru, entre deux poncifs sur les médecins cubains et l’indépendance, lâchera malgré tout : “Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement ? Sur le plan économique, ils se trompent tous. L’indépendance, c’est pour quand ?” Une phrase sur laquelle Tony Géros rebondira : “Depuis 2023, on a Tony le méchant, et Moetai le bon… Ce n’est pas si simple.” “De toute façon, ils s’engagent dans une voie sans issue”, conclut Oscar Temaru sur le sujet.
Difficile d’être plus sibyllin en la matière, mais c’est surtout la gêne de donner une vraie réponse tranchée qui transparaît alors. Oscar Temaru, entre deux poncifs sur les médecins cubains et l’indépendance, lâchera malgré tout : “Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement ? Sur le plan économique, ils se trompent tous. L’indépendance, c’est pour quand ?” Une phrase sur laquelle Tony Géros rebondira : “Depuis 2023, on a Tony le méchant, et Moetai le bon… Ce n’est pas si simple.” “De toute façon, ils s’engagent dans une voie sans issue”, conclut Oscar Temaru sur le sujet.
Le jeu des alliances
Les deux prochaines années vont être longues pour le gouvernement qui n’a plus l’assurance d’un quelconque soutien dans l’hémicycle. Premiers éléments de réponse sur l’ambiance qui attend l’exécutif, dès jeudi matin à l’assemblée. Avant la séance, Nuihau Laurey, Édouard Fritch et Tony Géros tiendront une conférence de presse commune pour dire leur opposition au texte voté sur la réforme du RNS. Un texte voté avec les voix des élus du Tavini qui n’étaient donc pas capables de dire pourquoi ils étaient pour en janvier, pas plus qu’ils ne le sont aujourd’hui pour dire qu’ils sont contre.
Et cette opposition n’est qu’une mise-en-bouche. Le projet de loi sur le pass Tama’a Maitai, qui doit être étudié dans la journée, est lui aussi sur la sellette. “On reste vigilants sur les textes. Il y en a beaucoup à toiletter, à réadapter. Demain, on va beaucoup discuter autour des textes”, annonce Tony Géros, “notamment sur le pass Tama’a Maitai. Un dispositif d’aide sur lequel il y a beaucoup d’incompréhension. Faire un dispositif d’aide, c’est facile. On va distribuer… Mais derrière, il faut voir comment on paie.”
Ce que reproche Tony Géros, c’est le vote d’un dispositif par l’assemblée, dont les modalités d’application seront prises par arrêtés en conseil des ministres et, cette fois-ci, sans consultation à Tarahoi. “L’assemblée, ce n’est pas juste un comptoir d’enregistrement”, prévient-il.
Nul doute que ces deux prochaines années, le Tavini aura à cœur de le rappeler régulièrement au gouvernement qui s’apprête à exercer sans majorité.
Déjà, le spectre de l’instabilité et des alliances de circonstance plane au-dessus de Tarahoi.
Et cette opposition n’est qu’une mise-en-bouche. Le projet de loi sur le pass Tama’a Maitai, qui doit être étudié dans la journée, est lui aussi sur la sellette. “On reste vigilants sur les textes. Il y en a beaucoup à toiletter, à réadapter. Demain, on va beaucoup discuter autour des textes”, annonce Tony Géros, “notamment sur le pass Tama’a Maitai. Un dispositif d’aide sur lequel il y a beaucoup d’incompréhension. Faire un dispositif d’aide, c’est facile. On va distribuer… Mais derrière, il faut voir comment on paie.”
Ce que reproche Tony Géros, c’est le vote d’un dispositif par l’assemblée, dont les modalités d’application seront prises par arrêtés en conseil des ministres et, cette fois-ci, sans consultation à Tarahoi. “L’assemblée, ce n’est pas juste un comptoir d’enregistrement”, prévient-il.
Nul doute que ces deux prochaines années, le Tavini aura à cœur de le rappeler régulièrement au gouvernement qui s’apprête à exercer sans majorité.
Déjà, le spectre de l’instabilité et des alliances de circonstance plane au-dessus de Tarahoi.