​Ice : trois ans de prison ferme pour un trafic à Moorea


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Tahiti, le 17 août 2026 - Deux jeunes hommes en tee-shirt noir, bien apprêtés, sont entendus à la barre du tribunal de Papeete ce lundi. Ils comparaissent pour un trafic d’ice organisé entre Moorea et Tahiti. Au terme de l’audience, ils sont condamnés à un et trois ans de prison ferme.

Une vingtaine de clients a été identifiée et les enquêteurs estiment à 62 grammes la quantité d’ice écoulée ou destinée à l’être sur l’île sœur, pour une valeur d’environ cinq millions de francs. Les gendarmes de la brigade de recherches de Faa’a, épaulés par la brigade territoriale de Moorea et les unités de la compagnie des Îles du Vent, avaient mis les téléphones des prévenus sur écoute en avril. Les commandes passées l’étaient sans langage codé. En reconstituant les transactions, les enquêteurs sont remontés jusqu’aux deux hommes qui se trouvent aujourd’hui devant le tribunal.  

Depuis leur incarcération, ils ont reconnu les faits. “C’est à cause de ma situation. Ma mère est malade, c’est pour aider ma maman”, a défendu l’un des deux prévenus. Agé de 26 ans, il a déjà été condamné dans une affaire de violences où la victime avait eu à subir 21 jours d’Incapacité totale de Travail (ITT).  

Pour le parquet, le trafic dépasse largement la simple revente occasionnelle. Il aurait également permis aux deux hommes de disposer d’un train de vie difficilement compatible avec leur situation professionnelle. Le jeune homme déjà condamné indique ne plus avoir d’emploi depuis quatre ans et raconte avoir des petits boulots dans le bâtiment ou la pêche. C’est son train de vie qui l’a trahi. Deux scooters, un TMAX et un NMAX, ont été saisis ainsi que 800 000 francs en espèces. “Ça ce n’est pas pour les soins de votre maman”, a observé la présidente du tribunal.  

​“Vous êtes prêts à jouer avec la santé des autres”


Le prévenu est resté silencieux lorsqu’il était interrogé sur le rôle de sa compagne dans le trafic. Les écoutes téléphoniques montrent pourtant qu’elle aurait géré une partie des appels des clients.  

À l’audience, il a pourtant demandé pardon et expliqué vouloir rentrer chez lui pour retrouver ses enfants de quatre et sept ans, présents dans les couloirs du tribunal avec le fils de sept ans du second mis en cause. Ce dernier aussi a demandé pardon à la barre, lundi.  

“Vous êtes prêts à jouer avec la santé des autres”, leur a reproché le substitut du procureur. Le représentant du ministère public estime que les prévenus ont choisi de tirer profit d’un trafic très lucratif au risque de participer à une “catastrophe sanitaire”. Il a requis deux ans de prison, dont un an avec sursis simple, pour le prévenu sans antécédent, avec maintien en détention. Pour le second, récidiviste, il a demandé deux ans de prison ferme, également avec maintien en détention.  

La défense a tenté d’attirer l’attention du tribunal sur leurs situations familiales respectives “et leur volonté de répondre aux besoins de la famille”. Les deux avocats se sont accordés pour demander au tribunal de leur donner une dernière chance avec une peine assortie d’un sursis probatoire. “Je pense que vous pouvez lui faire confiance. Il cherchera du travail”, à plaidé l’un d’eux pour le compte de son client.  

Le tribunal a finalement décidé de condamner les deux hommes à des peines de prison ferme : un an et demi de prison ferme et 18 mois de sursis probatoire pour l’un et trois ans de prison ferme dont un an assorti d’un sursis probatoire pour le prévenu récidiviste.

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 17 Aout 2026 à 17:56 | Lu 787 fois