Les équipages de la deuxième étape réunis à l’arrivée, à Papeari (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 3 février 2026 – Dans le cadre des commémorations des 80 ans du retour des Tamari’i Volontaires au Fenua, le RIMaP-Polynésie s’est lancé cinq défis sportifs de 300 km chacun pour saluer le courage et l’engagement de ces 300 Polynésiens mobilisés pendant la Seconde Guerre mondiale. Lancé en octobre 2025, cet hommage sur le terrain s’achèvera en mai 2026. Rencontre, ce mardi, avec les 19 militaires engagés à la force des bras sur la deuxième étape en va’a entre Arue et Papeari.
Héritier du Bataillon du Pacifique, le Régiment d’infanterie de marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-Polynésie) participe activement aux commémorations des 80 ans du retour des Tamari’i Volontaires au Fenua, du 21 octobre 2025 au 5 mai 2026. Des dates qui n’ont pas été choisies par hasard... “Pendant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant colonel Broche quitte Tahiti le 21 octobre 1940 pour aller former un demi-bataillon à Nouméa pendant que son adjoint forme un demi-bataillon à Tahiti, qui partira le 21 avril 1941. Ils étaient 300, mais 74 sont morts au combat en donnant leur vie pour le drapeau. Ils reviendront le 5 mai 1946”, raconte le colonel François Reynaud, commandant du RIMaP-Polynésie.
Héritier du Bataillon du Pacifique, le Régiment d’infanterie de marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-Polynésie) participe activement aux commémorations des 80 ans du retour des Tamari’i Volontaires au Fenua, du 21 octobre 2025 au 5 mai 2026. Des dates qui n’ont pas été choisies par hasard... “Pendant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant colonel Broche quitte Tahiti le 21 octobre 1940 pour aller former un demi-bataillon à Nouméa pendant que son adjoint forme un demi-bataillon à Tahiti, qui partira le 21 avril 1941. Ils étaient 300, mais 74 sont morts au combat en donnant leur vie pour le drapeau. Ils reviendront le 5 mai 1946”, raconte le colonel François Reynaud, commandant du RIMaP-Polynésie.
Des références historiques
En complément de ses missions et entrainements, le régiment s’est lancé cinq défis sportifs de 300 kilomètres chacun pour saluer le courage et l’engagement des Tamari’i Volontaires au sein des Forces Françaises Libres. Là encore, les références historiques sont nombreuses. “Nous voulions rappeler que 300 Tahitiens sont partis pendant cinq ans”, explique le colonel Reynaud.
Une démarche qui se ressent jusque dans le choix des épreuves : “La première, c’était ‘Ho’i te moana’ avec un relais de natation réalisé le 21 octobre 2025 pour symboliser le départ des Tamari’i Volontaires par voie maritime. Le défi de marche en montagne ‘Garigliano’, l’une des batailles pendant la campagne d’Italie où ils ont passé des cols pour surprendre les Allemands et casser la ligne de défense, est pratiquement terminé. Le défi ‘Bir Hakeim’, bataille lors de laquelle ils se sont exfiltrés de l’encerclement allemand et ils ont couru entre 9 et 11 km sous le feu ennemi, se fait sous forme de cross lourd en tenue de combat le lundi ou le vendredi matin entre le cimetière de l’Uranie et le port de Papeete, et lors de courses civiles. L’épreuve ‘Tu’aro’ se fera sous forme de parcours du combattant à la caserne fin février, avec 300 passages. Et il y a l’épreuve ‘Sagittaire’, du nom du bateau qui a ramené les Tamari’i Volontaires au Fenua, avec plusieurs courses de va’a.”
La course à pied en treillis en référence à la bataille de Bir Hakeim (Crédit : RIMaP-Polynésie).
Deuxième étape du défi va’a
Ce mardi marquait la deuxième étape en pirogue entre Arue et Papeari avec une arrivée au quai de Tatutu. Dix-neuf militaires ont ajouté 80 kilomètres au compteur à la force des bras entre 6 heures et 14h30, soit plus de 8 heures de rame avec des changements à Punaauia, Paea, Papara et Mataiea. Une traversée éprouvante, mais bénéfique à plus d’un titre comme nous l’ont confié deux participants (lire interviews ci-dessous). La cinquième et dernière étape du défi va’a se tiendra le 5 mai prochain lors d’un aller-retour entre Tahiti et Moorea pour clore symboliquement cet hommage. Côté mer ou montagne, quelle que soit l’épreuve sportive, le fanion et le logo commémoratifs sont arborés par les membres du régiment.
Au-delà de l’effort physique, cette initiative au long cours vise à raviver le souvenir des Tamari’i Volontaires. “Cette histoire appartient aux Polynésiens. Il faut être fier de ces tupuna qui se sont battus pour notre liberté. Ils ont quitté le Fenua et ils ont participé à redonner de l’honneur à l’armée française après la défaite de 1940. On rend hommage aux anciens, et plus largement à l’engagement des Polynésiens qui perdure depuis 1946. Ils sont nombreux à servir sous l’uniforme : c’est le territoire qui a le plus d’engagés dans toutes les armées proportionnellement à sa population”, souligne le colonel Reynaud, qui ne manque pas de prendre lui-même part à ces défis sportifs pour soutenir le devoir de mémoire.
D’autres hommages officiels et associatifs sont prévus dans les prochains mois, dont un “spectacle mémoriel” en partenariat avec le Conservatoire artistique de la Polynésie française.
Adjudant Tetuanui, responsable va’a : “Honorer la mémoire de nos anciens”
“J’étais en position de fa’ahoro, le premier, celui qui donne la cadence. Le va’a fait partie de notre entrainement sportif deux à trois fois par semaine. On a une très bonne cohésion. (...) Chaque coup de rame est un dépassement de soi et honore la mémoire de nos anciens à travers ce parcours. (...) Notre esprit de corps soudé nous a permis d’accomplir cette traversée qui n’était pas facile, avec des conditions assez dures pour la deuxième partie avec de la houle. Personnellement, en tant que Polynésien engagé depuis 21 ans, ce défi va’a qui consiste à parcourir 300 kilomètres pour commémorer le retour des Tamari’i Volontaires, ça représente beaucoup. C’est un sport traditionnel et honorer leur mémoire de cette façon, c’est grandiose.”
Capitaine Adrien, chef du groupe amphibie : “Se souvenir et montrer l’exemple”
“Ça fait un an et demi que je suis en Polynésie et je rentre l’été prochain. J’ai participé au relais natation, où j’ai fait 10 kilomètres, aux challenges marche et course, et aussi au va’a entre Tautira et Arue pour la première étape et la deuxième aujourd’hui entre Arue et Papeari, où j’ai eu la chance de faire deux tronçons à chaque fois. Le sport, ça fait partie de la vie militaire. On se fixe des objectifs honorables pour se souvenir de ceux qui ont traversé le monde pour soutenir la France pendant la Seconde Guerre mondiale, certains en donnant leur vie. Donner un peu de notre temps et transpirer sur différentes épreuves, je crois que c’est la moindre des choses. (...) Le but, c’est de montrer l’exemple et de motiver d’autres personnes d’ici aux commémorations, qui se termineront la semaine de la cérémonie du 8-Mai.”
Le logo des 80 ans du retour des Tamari’i Volontaires au Fenua arboré par les militaires (Crédit : RIMaP-Polynésie).