“Promouvoir notre savoir-faire” à la Presqu’île


Les artisans et le comité du tourisme ont sensibilisé Kainuu Temauri aux enjeux locaux (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 10 février 2026 – La première édition du salon de l’artisanat traditionnel Rima o te here a ouvert ses portes à Taravao ce mardi jusqu’à samedi. Les artisans, qui réclament davantage de visibilité et d’opportunités à la Presqu’île, ont reçu la visite du ministre en charge de l’Artisanat, “venu porter un message de soutien”.

 
La première édition du salon de l’artisanat traditionnel organisée par le comité du tourisme de Taiarapu-Ouest – Tahiti Iti, en partenariat avec la commune de Taiarapu-Est, a ouvert ses portes ce mardi au centre Teaputa de Taravao, et se poursuit jusqu’au samedi 14 février (jeudi au marché de Taravao). Danses et percussions traditionnelles ont donné le coup d’envoi de l’exposition et des démonstrations pour la vingtaine d’artisans de la Presqu’île réunis sous les deux fare pōte’e. Bijoux, coquillages, couture, gravure, sculpture, peinture et dégustations sont au programme de cette édition “Rima no te here” de la Saint-Valentin.
 

​Visibilité, opportunités, attractivité


Cette initiative – qui tombe en pleine période électorale – vient répondre à une demande des professionnels du secteur en faveur de davantage de visibilité et d’opportunités. Les créateurs, qui ne manquent pas de talent, doivent surmonter le défi de l’attractivité. Habitué des salons dans les grands hôtels et à l’assemblée territoriale, Luc Taata, couturier de Papeari spécialisé dans le linge de maison en patchwork depuis 25 ans, a voulu tenter l’expérience. “On est toujours obligé d’aller en ville pour exposer nos créations. À chaque fois, c’est toute une logistique, ne serait-ce que pour dormir. Il faut trouver un moyen pour nous, artisans de la Presqu’île, de promouvoir notre savoir-faire chez nous. Ça suppose de réussir à attirer les visiteurs et les acheteurs”, remarque-t-il.
 
Ancienne locataire du marché de Taravao, Carole Tching Chi Yen partage le même point de vue. “Au début, ça fonctionnait bien, puis ça a décliné : il n’y avait pas assez de clients. Aujourd’hui, j’expose devant la Poste, où c’est plus passant. J’ai aussi essayé dans la galerie d’un supermarché. J’ai accepté de participer à ce salon parce qu’il faut plus d’événements comme ça à la Presqu’île. Il faut faire beaucoup de pub aussi, car le but, c’est de vendre”, insiste la créatrice de bijoux, sacs et couronnes.
 

Les créateurs, qui ne manquent pas de talent, doivent surmonter le défi de l’attractivité.

“On sera là pour les soutenir”


Le ministre en charge de l’Artisanat, Kainuu Temauri, était présent pour l’ouverture, lors de laquelle il a fait le tour des stands pour échanger avec les artisans, jusqu’à prendre part à la traditionnelle invitation à la danse. “Je suis venu porter un message de soutien. On a beaucoup de salons à Papeete avec des artisans qui viennent des quatre coins de l’île, mais aussi des archipels. Cette initiative du comité du tourisme vise à mettre en valeur les artisans et aussi le public de la Presqu’île dans un lieu propice à l’artisanat traditionnel. J’espère que ça pourra être reconduit à d’autres occasions. On sera là pour les soutenir”, nous a-t-il confié à l’issue, sensibilisé aux enjeux au sud de Tahiti.
 
Ce soutien passe aussi par les dispositifs d’aide, des leviers en faveur de la formation, de l’équipement ou du financement qui gagnent à être davantage connus des professionnels. “Les artisans qui relèvent du comité du tourisme de Taiarapu-Ouest ont déjà bénéficié de quelques formations. Il me semble qu’ils étaient une cinquantaine en 2024 et un peu moins de 30 en 2025. L’objectif, c’est de promouvoir au maximum les aides : beaucoup d’artisans ne savent pas qu’ils peuvent bénéficier de ces coups de pouce pour développer leurs projets”, poursuit le ministre. Deux agents du service de l’artisanat traditionnel profiteront du salon, jeudi, pour présenter ces dispositifs.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mardi 10 Février 2026 à 15:46 | Lu 582 fois