Parau Parau Tahiti, le grand face-à-face du tourisme polynésien


Parau Parau Tahiti est un rendez-vous professionnel du tourisme polynésien, organisé cette année par Tahiti Tourisme les 19 et 20 février au Hilton.
Tahiti, le 19 février 2026 - Dès le matin, ce jeudi au Hilton Hotel Tahiti, une chose frappe : l’anglais domine les couloirs. Les premiers échanges de Parau Parau Tahiti ont commencé bien avant l’ouverture officielle, entre prestataires polynésiens et tour-opérateurs venus d’Amérique du Nord, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. 
 
Dans la grande salle du Hilton Hotel Tahiti, ce jeudi, un écran géant affiche les minutes qui s’égrènent. Chaque rendez-vous est strictement chronométré : 15 minutes, pas une de plus. Pour certains, les agendas sont pleins à craquer, enchaînant les rencontres sans pause. D’autres avancent plus prudemment, testent, prennent la température. Deux journées intenses où chaque échange peut déboucher – ou non – sur un contrat. 
 
C’est tout le principe du Parau Parau Tahiti (PPT), rendez-vous professionnel du tourisme polynésien, organisé par Tahiti Tourisme les 19 et 20 février au Hilton. Créé en 2018, l’événement réunit prestataires locaux et tour-opérateurs internationaux autour de rendez-vous individuels programmés, avec un objectif clair : se faire connaître, se faire vendre et sécuriser les marchés. 
 
Pour cette édition 2026, 75 prestataires polynésiens – hôtels, pensions de famille, croisières, activités, agences réceptives et transports – rencontrent 40 tour-opérateurs internationaux issus de cinq marchés clés : États-Unis, Canada, Mexique, Australie et Nouvelle-Zélande. Des marchés stratégiques, puisqu’ils représentent à eux seuls environ 50 % des arrivées touristiques en Polynésie française.
 
Une nouvelle formule pour maintenir le contact
 
Après une dernière édition en 2023, le Parau Parau Tahiti revient avec une nouvelle formule : désormais annuelle, avec une alternance géographique. Cette année, le focus est mis sur les marchés nord-américains et du Pacifique ; l’an prochain, l’Europe et l’Asie prendront le relais. Une évolution pensée pour maintenir un contact régulier avec les réseaux de distribution internationaux, dans un contexte de concurrence accrue entre destinations.
 
Au-delà des rendez-vous, l’événement s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion : les tour-opérateurs participants prolongent leur séjour par des voyages de familiarisation dans les archipels, afin de tester les produits touristiques et mieux les vendre une fois de retour sur leurs marchés.
 
Un dispositif lourd, mais assumé : l’organisation du Parau Parau Tahiti représente un budget d’environ 50 millions de francs, intégrant l’événement et les déplacements inter-îles.

 D'joy de Tahiti Nui Helicopters (prestataire)
Créer une connexion humaine”

C’est important de rencontrer les tour-opérateurs face à face. D’habitude, on échange par mail ou par téléphone, là on met un visage sur un nom. On peut vraiment présenter notre produit et créer une connexion humaine. Aujourd’hui, notre clientèle est surtout américaine, mais on veut se développer vers le Mexique, le Canada, la Nouvelle-Zélande. L’idée, c’est aussi de ne pas dépendre d’un seul marché.”
 

Nathalie Candalot, CEO d’Apatoa (prestataire de Raiatea)

On s’adresse à des voyageurs qui cherchent autre chose”
Apatoa est un hôtel 4 étoiles ouvert depuis moins d’un an à Raiatea. Beaucoup de tour-opérateurs internationaux ne nous connaissent pas encore. C’est notre premier Parau Parau.
Aujourd’hui, notre clientèle est très européenne, notamment nord-européenne, sensible à notre approche écologique et responsable. Les marchés australien et néo-zélandais connaissent peu cette offre. Raiatea, ce n’est pas qu’une destination plage : c’est une île d’authenticité, de sacré, de mana. On s’adresse à des voyageurs qui cherchent autre chose que du balnéaire pur.”

Karina Mohammed, Paradise Discovered (tour-opérateur d’Australie)

Nos clients viennent pour l’expérience”
Chaque île du Pacifique a une culture différente, et Tahiti offre une expérience unique. Ce n’est pas une question de distance : depuis l’Australie, on passe par Auckland et c’est rapide.
Nos clients viennent pour l’expérience, la culture, pas seulement pour une plage. Tout le monde va en Europe ou en Amérique, alors pourquoi ne pas venir à Tahiti ?

Thomas Warwick, Classic Vacations (tour-opérateur des États-Unis)

“Revenir sur place est essentiel pour rester à jour”
Nous travaillons avec des conseillers de voyage de luxe à travers les États-Unis. Bora Bora reste centrale pour nos clients, avec un fort focus sur l’hôtellerie haut de gamme. Être ici permet de se reconnecter avec les partenaires, surtout les activités et les nouvelles ouvertures. Tout évolue vite : rénovations, nouveaux hôtels. Même si l’entreprise vend Tahiti depuis des décennies, revenir sur place est essentiel pour rester à jour.”

Interview – Vaihere Lissan, directrice de Tahiti Tourisme

Il y a une proposition pour chaque type de voyageur”

Pourquoi avoir fait évoluer le format du Parau Parau Tahiti ?
L’idée est d’avoir un rendez-vous chaque année, et non plus tous les deux ans. En alternant les régions, on peut travailler plus finement chaque marché et maintenir une dynamique continue avec les tour-opérateurs.
 
Au-delà du business, quels messages voulez-vous faire passer ?
Nous sommes engagés dans une stratégie de tourisme plus responsable et plus durable. Il s’agit d’un tourisme qui maximise les retombées économiques et sociales pour la population locale, tout en préservant la culture et les paysages.”
 
Le tourisme durable, est-ce une vraie demande ?
Oui, clairement. Les visiteurs cherchent de plus en plus à avoir un impact positif pendant leur séjour, à vivre des expériences plus authentiques. Ce n’est pas forcément renoncer au confort, mais donner du sens au voyage.”
 
La Polynésie peut-elle répondre à cette diversité d’attentes ?
Notre force est la diversité de l’offre : hôtels, pensions, meublés, croisières, activités culturelles. Il y a une proposition pour chaque type de voyageur.”
 
Quel est l’atout principal de la destination aujourd’hui ?
La beauté des paysages, bien sûr, mais surtout l’accueil polynésien. C’est notre avantage compétitif.”

Rédigé par Darianna Myszka le Jeudi 19 Février 2026 à 13:50 | Lu 490 fois