Logement : “À Papeete, il y a encore de la place”


Tahiti, le 22 avril 2026 - En visite à la résidence Aloma sur les hauteurs de La Mission, le tāvana de Papeete Rémy Brillant estime que la capitale a entre 600 et 700 demandes de logement social. Il assure qu’il y a encore beaucoup de places sur la plaine, il y a du terrain souvent en indivision, il faut régler ces problèmes-là”. Avec la révision du Plan général d’aménagement, il propose même d’augmenter la hauteur des bâtiments. De son côté, le promoteur Franck Zermati propose que l’Aide à l’investissement des ménages soit plus utilisée car plus rapide et plus bénéfique à la fois pour la mixité sociale des résidences, une aide directe suivant les revenus du ménage, s'ils sont propriétaires, s'ils ont des enfants, etc., pour vraiment les aider”.
 
Le tout nouveau tāvana de Papeete Rémy Brillant est allé visiter, ce mercredi matin, la résidence Aloma située sur les hauteurs de La Mission. Ce sont 98 logements, répartis dans six bâtiments, qui ont été construits sur un espace de près de 9 000 mètres carrés.
 
Le promoteur Franck Zermati rappelle que la résidence est mixte : “Au lieu que ce soit tout social, il y a du standing et de l'intermédiaire”. Selon lui, cette mixité existe parce que les prix des appartements sont “vraiment corrects par rapport au marché, moins chers même que le marché”.
 
Le tāvana de Papeete Rémy Brillant considère que cette mixité sociale est “toujours bien”, d’où l’importance aussi pour lui de “visiter, de voir les produits qui sont proposés dans la commune”.
 
Ce dernier consent qu’aujourd’hui, il est de plus en plus “difficile de construire”, même lorsqu’il s’agit de logement social. “On a aussi des manifestations ou des pétitions (…). On a peur un peu du devenir de nos quartiers et on doit trouver le juste milieu.”
 
Rémy Brillant reconnaît l’importance des “concertations” et annonce, comme promis lors de la période électorale, la mise en place des conseillers de quartier pour “qu’ils participent et donnent la vision de leur quartier et qu'ils puissent surtout se projeter car une vision, ce n’est pas seulement aujourd’hui mais c’est aussi demain, car il y a de vrais besoins de logement”.
 
Le tāvana rappelle que rien que pour Papeete, il y a entre 600 et 700 demandes de logement social. Il assure qu’il y en a autant pour des résidences intermédiaires. “Donc c'est important de pouvoir accompagner tout ça et faire en sorte que les projets puissent se réaliser, avec une acceptation de la population, il y a des contreparties quelque part.”

Il y a encore beaucoup de places sur la plaine”

Malgré le fait que l’urbanisation soit de plus en plus pressante à Papeete, Rémy Brillant assure qu’il y a encore beaucoup de places sur la plaine, il y a du terrain souvent en indivision, il faut régler ces problèmes-là”.
 
Le tāvana n’hésite pas à le dire : “On a besoin de logements (…). À Papeete, il y a encore de la place, Papeete a un bel avenir”. Il propose même que les bâtiments puissent “monter plus haut”, ce qui permettrait la réduction des coûts. “Peut-être que les logements seront plus accessibles. Après, il faut aussi protéger nos montagnes. Donc à un moment donné, il va bien falloir qu'on s'arrête.”
 
Ces changements, si changements il y a, devraient être étudiés dans le cadre de la révision du Plan général d’aménagement.
 
Dans la même veine, Rémy Brillant veut également mettre en place le plan d’aménagement durable dans les quartiers. “On intégrera la population à la réflexion parce que c’est elle qui y vit (…). Il faut faire participer la population à la construction de son quartier, c'est ça l'objectif”.
 
Le tāvana prévient que tout se fera dans le respect des règles, les habitants pourront s’exprimer “et en fonction de ça, on adapte le projet. Mais après, une fois que c’est arrêté, ça s'impose à tout le monde, même au quartier. Il y a des temps de réflexion, il y a des temps de concertation. Mais une fois que c'est fait, il faut qu'on puisse avancer.” 

L’Aide à l’investissement des ménages, une aide “plus rapide et plus bénéfique à la mixité sociale des résidences”

De son côté, le promoteur Franck Zermati souligne qu’au-delà de la mixité sociale, il tient également à ce que ses résidences soient “surtout agréables, que les gens s’y sentent bien (…), qu'ils puissent s'élever et élever leurs enfants avec sérénité”.
 
Il admet néanmoins que “la notion du prix du logement aujourd’hui est compliquée pour l’accession à la propriété (…). On a beau monter dans tous les sens, c'est cher”. Il rappelle effectivement que des aides ont été mises en place telles que le prêt à taux zéro, un dispositif destiné à aider ceux qui ont des revenus modestes à accéder à la primo-accession.
 
Franck Zermati pense que pour ce qui est de la classe moyenne, ces aides devraient être “plus directes pour accéder au logement” autrement qu’au travers de la défiscalisation. Il fait référence notamment à l’Aide à l’investissement des ménages (AIM) ou l’AIM+ “pour la construction, l'acquisition ou les travaux d'aménagement, d'extension ou de rénovation d'un logement à usage d'habitation principale”.
 
Un dispositif qui, selon Franck Zermati, serait plus rapide et plus bénéfique pour la mixité sociale des résidences, une aide directe suivant les revenus du ménage, s'ils sont propriétaires, s'ils ont des enfants, etc., pour vraiment les aider”.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 22 Avril 2026 à 17:52 | Lu 1125 fois