“La direction ne veut pas partager les bénéfices”


Tahiti, le 24 mars 2026 - Pour comprendre le refus “systématique” de la direction concernant leurs revendications, notamment de revalorisations salariales, les représentants du personnel de la Sipac, toujours en grève, demandent à voir le bilan financier 2025 de la société. “Si financièrement, on ne peut pas, le problème sera réglé”, assurent-ils. Mais ils expliquent que la direction refuse leur demande. Un refus qui, selon eux, signifie que les comptes sont “positifs voire même très positifs (…). Mais la direction ne veut pas partager les bénéfices (…). On est quand même une entreprise florissante.”   
    
Les salariés grévistes de la Sipac, un importateur, grossiste et distributeur en alimentation au Fenua, entament leur troisième semaine de grève. Selon les représentants du personnel, aucun gréviste n’est retourné sur son lieu de travail. “On tient le coup, mais c'est très difficile car (…) ça crée aussi des petites tensions dans le foyer comme rien n’est réglé avec la direction. Sa stratégie, c’est de nous avoir à l’usure, l’usure financière et mentale.”
 
Le délégué du personnel, Roland Gonis, affirme qu’une “rencontre” a eu lieu vendredi dernier et qu’aucun accord n’a été trouvé. Les discussions étaient “assez houleuses et on est sortis du bureau pas contents du tout”.
 
Les représentants du personnel regrettent que seulement trois rencontres aient eu lieu avec la direction de la Sipac depuis le dépôt du préavis de grève. Et ils se disent déçus car “les réponses sont toujours les mêmes”.

“Si financièrement, on ne peut pas, le problème sera réglé”

“Dès qu'il s'agit de mettre de l'argent, c'est négatif, et les réponses du directeur n'ont pas changé : il ne peut pas nous augmenter car il n'a pas les fonds nécessaires”, assure Roland Gonis.
 
Les grévistes s’étonnent pourtant que leur enseigne ait des fonds pour non seulement “rénover” mais aussi “agrandir” leur “ancien entrepôt Orohena”.  
 
Les représentants du personnel n’ont eu de cesse de demander à la direction de leur donner des explications quant à “ce refus systématique” par rapport à leurs revendications et surtout par rapport à la présentation du bilan financier de 2025. “Cela va nous permettre de connaître la vérité, et si financièrement, on ne peut pas, le problème sera réglé. Mais à l'heure actuelle, il ne veut pas nous remettre le bilan financier. C'est cela qui bloque, parce que s'il avait le bilan financier, on saurait si les augmentations sont possibles ou pas.”
 
Le délégué du personnel Roland Gonis assure que cette demande a également été faite par écrit et qu’à ce jour, elle est restée lettre morte. “On n’a eu aucune réponse à l'heure actuelle et de toute façon, lors des négociations, il y a eu un non catégorique.”

“C'est bien de dire au personnel ‘vous avez bien travaillé’ mais cela ne paie pas nos factures”

A contrario, le délégué du personnel précise que si le bilan financier de l’entreprise est “positif et donc à notre avantage, c'est sûr qu'on va se battre pour pouvoir aussi en bénéficier, parce que nous sommes aussi des acteurs de cette évolution de la Sipac (…) on demande aussi juste une petite part”.
 
Il rappelle que dans certaines entreprises, les salariés ont plusieurs primes comme la prime de froid, ou encore la prime de livraison, “et bien d'autres primes que je ne savais même pas que ça existait. Et nous, on n'a même pas une seule prime. On trouve ça dommage alors qu’on est quand même une entreprise florissante”.
 
Roland Gonis regrette que les félicitations de la part de la direction s’arrêtent juste aux paroles, il aimerait que cela soit également financier. C'est bien de dire au personnel, ‘c'est bien, vous avez bien travaillé’, mais cela ne paie pas nos factures. Donc c'est bien aussi qu'on soit reconnu financièrement. Mais la direction ne veut pas partager les bénéfices.”
 
Le délégué du personnel affirme que la direction leur a proposé une augmentation de 2 000 francs. Il ajoute que si le bilan financier de 2025 leur démontre que la société ne peut pas faire plus, les salariés accepteront cette proposition. “On sera preneurs et on va s’arrêter là”.
 
Pour ce dernier, si la direction s’entête à ne pas leur montrer les chiffres, c’est qu’il y a anguille sous roche. “On nous cache quelque chose, car c’est à juste titre que l’on demande cela. La logique, c’est que si les chiffres étaient négatifs, il nous les montrerait, on saurait qu'on ne peut pas et l'histoire serait finie. Mais le fait qu'il ne veuille pas nous les montrer, c’est qu’il cache que c'est positif voire très positif.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 24 Mars 2026 à 18:34 | Lu 1518 fois