Jeux, logements, lagons : le gouvernement monte au front


Tahiti, le 12 mai 2026 – Au lendemain du remaniement ministériel présenté par Moetai Brotherson et d’un communiqué assassin du Tavini, les questions orales à l’assemblée avaient ce mardi des allures de séance de rattrapage pour le gouvernement. Baptême du feu pour la nouvelle ministre des Sports, dossiers explosifs sur les Jeux du Pacifique et le logement intermédiaire, tensions dans les lagons : les ministres étaient attendus au tournant.
 
 
Pour sa première séance à Tarahoi, la nouvelle ministre des Sports, Vanina Pommier, a réfuté d’emblée l’idée d’un “naufrage annoncé” des Jeux du Pacifique 2027, après l’abandon du projet de bassins de Mamao et les tensions autour de la boxe. “Non, les Jeux du Pacifique 2027 ne sont pas mis en péril”, a-t-elle répondu à l’élu tapura Tahuhu Maraeura.

Si elle reconnaît “l’inquiétude et la déception” des nageurs, elle assume néanmoins le renoncement au projet de Mamao, malgré un chantier jugé encore “techniquement réalisable”. “Entre la théorie et la pratique, il n’existe pas de chantier parfait”, a insisté la ministre, évoquant les risques de retard et l’impossibilité, selon elle, de garantir la livraison à temps d’un équipement à 2,6 milliards de francs.
Plutôt que de “sauver les apparences”, le gouvernement préfère désormais explorer la piste de la piscine de Tipaerui.

Vanina Pommier a salué “l’ouverture” du maire de Papeete dans ce dossier. Sur la boxe, en revanche, elle est restée plus prudente, rappelant qu’une DSP “ne peut être attribuée uniquement en fonction” des Jeux, tout en assurant vouloir permettre la participation des boxeurs polynésiens en 2027.
 
Le gouvernement serre la vis sur Arana
 
Autre sujet sensible : les projets de la SAS Arana, qui prévoit près de 80 logements intermédiaires pour plus de 4 milliards de francs. Le ministre du Logement, Oraihoomana Teururai, a défendu le refus de plusieurs financements sollicités par la filiale de l’OPH, jugeant les opérations “beaucoup trop coûteuses”, avec des prix atteignant “600 000 francs du mètre carré”, soit “près de 50 % au-dessus” des standards du logement social. Il s’est également inquiété de futurs prix de revente pouvant grimper jusqu’à 47 millions de francs pour certains logements, loin selon lui du “logement abordable” promis.

Sur le front maritime, le ministre des Grands travaux, Jordy Chan, a détaillé les mesures prises face aux occupations problématiques des lagons à Raiatea, Fakarava ou Faa’a : réglementation des mouillages, déploiement du dispositif Escales, installation d’ancrages écologiques et renforcement des contrôles. Concernant Raiatea, où plusieurs navires déplacés hors zone réglementée ont récemment provoqué des tensions avec les riverains, le ministre a reconnu une situation “regrettable”, tout en refusant “d’amalgamer” l’ensemble des plaisanciers. Il a également insisté sur la complexité juridique de certains dossiers, entre navires abandonnés et difficultés d’identification des propriétaires.

Enfin, le ministre de l’Économie, Warren Dexter, a tenté de rassurer les comptables inquiets des conséquences de la réforme de leur profession. Une proposition de loi du pays est déjà en préparation, a-t-il indiqué, afin de mieux prendre en compte l’expérience acquise avant la réforme et de prolonger jusqu’à fin 2027 le calendrier de régularisation. Après cette série de questions orales très politiques, les représentants ont repris l’examen des huit rapports inscrits à l’ordre du jour de la séance.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mardi 12 Mai 2026 à 11:28 | Lu 747 fois